François Druel, PhD

Catégorie : Politique Page 2 of 8

Municipales à Paris : la peste et le choléra !

En 2014, Paris aura pour la première fois de son histoire une maire. Voilà une chose certaine. Positive et sympathique.

Le seul problème c’est que des deux candidates sérieuses, aucune n’a malheureusement ni le sex appeal ni le charisme pour rendre le scrutin palpitant. Elles sont aussi falottes l’une que l’autre !

NKM a pour elle l’intelligence et la jeunesse mais elle est agressive et son programme est à pleurer.

Anne Hidalgo a pour elle la chaleur et le dynamisme mais elle ne met en avant que l’héritage de Bertrand Delanoë et n’a strictement aucun programme.

L’avantage de Paris c’est que la ville est riche et qu’elle est ainsi faite qu’un âne bâté élu maire s’en sortirait quand même.

Au premier tour, comme toujours et presque par principe, je voterai pour un petit candidat. Le dimanche midi, avant d’aller voter, je lirai les professions de foi et je ferai mon choix.

Au deuxième tour, le pauvre parisien que je suis va encore se retrouver à devoir choisir entre la peste et le choléra.

Un repas gastronomique au gout amer

Il y a quelques jours, l’Unesco a classé le repas gastronomique des Français au patrimoine immatériel de l’humanité.

Dans les médias, toute une France attachée à ses traditions en a fait des gorges chaudes, vantant la reconnaissance d’un art de vivre bien de chez nous. Toutes ces cohortes d’imbéciles heureux qui sont nés quelques part ne se sont pas aperçu que ce classement est d’un racisme incroyable ! Une petite exégèse vous montrera l’énormité de la chose.

Le repas gastronomique des Français est une pratique sociale coutumière destinée à célébrer les moments de la vie des individus et des groupes, tels que naissances, mariages, anniversaires, succès et retrouvailles.

Jusque là rien à dire. Cette définition pourrait s’appliquer à tous les pays du Monde : se retrouver entre potes pour un bon repas, c’est universel : chinois, indiens, rwandais, américains, russes… tous les peuples du monde se retrouvent autour de repas conviviaux.

Un point retient mon attention : on parle du repas des Français. Il s’agit donc du repas de tous les citoyens de la République. Des citoyens d’aujourd’hui, naturellement, c’est à dire des gens de nationalité française, indépendamment de la façon dont s’est faite l’acquisition de la nationalité. Pourrait-il en être autrement ? Vous allez voir que ce point est crucial. Continuons…

Il s’agit d’un repas festif dont les convives pratiquent, pour cette occasion, l’art du « bien manger » et du « bien boire ».

Ici commencent mes interrogations : l’adjectif bien, employé deux fois en tant qu’adjectif, s’entend (d’après le TLIF du moins) comme devant : correspondre exactement à certains critères d’appréciation. Parfait, on va donc définir non seulement comment manger mais également comment boire.

Le paragraphe suivant est encore une fois un parfait exemple de verbiage ronflant et politiquement correct. Je vous laisse apprécier : Le repas gastronomique met l’accent sur le fait d’être bien ensemble, le plaisir du goût, l’harmonie entre l’être humain et les productions de la nature. Parmi ses composantes importantes figurent : le choix attentif des mets parmi un corpus de recettes qui ne cesse de s’enrichir ; l’achat de bons produits, de préférence locaux, dont les saveurs s’accordent bien ensemble ; le mariage entre mets et vins ; la décoration de la table ; et une gestuelle spécifique pendant la dégustation (humer et goûter ce qui est servi à table).

Qui oserait affirmer le contraire ! Peut-on imaginer un bon repas dans lequel on serait mal ensemble ? Pour lequel on choisirait de mauvais ingrédients ? Un corpus de recettes du passé ? Un repas au cours duquel on mangerait avec une pince à linge sur le nez ?

De plus, je ne vois pas ce que ce rituel a de spécifiquement français. J’ai mangé en Grande Bretagne d’excellents fish & chips accompagnés de non moins excellentes bières bitter… Au Cameroun j’ai même pu gouter des chenilles de qualité, choisies avec soin (c’est très cher) et cuisinées à la vapeur avec la plus grande attention…

Le repas gastronomique met l’accent sur (…) l’accord entre les mets et les vins ! ! ! !

Ici commencent les vrais problèmes : un repas sans vin peut-il être gastronomique ? Un Français ne buvant pas de vin (un alcoolique en rémission par exemple ou un sportif ou un diabétique, etc.) sera-t-il un exclu de la gastronomie ? Encore plus grave : un conducteur s’abstenant de boire afin de rentrer chez lui en auto après le repas est-il exclu de la gastronomie ?

Le repas gastronomique doit respecter un schéma bien arrêté : il commence par un apéritif et se termine par un digestif

Le festival continue : le soi-disant repas des Français est réservé aux Français qui boivent non seulement du vin pendant le repas mais également avant et même après ! Remarquez, je suis mauvaise langue : on peut tout à fait prendre un jus de tomates en apéritif et une tisane en digestif. Arrêtons de persifler et continuons…

avec entre les deux au moins quatre plats, à savoir une entrée, du poisson et/ou de la viande avec des légumes, du fromage et un dessert.

Commençons par un point de grammaire : la formulationet/ou n’est pas française ! un simple ou serait suffisant, puisque ce terme est inclusif.

Le repas gastronomique des Français c’est à dire de, je le rappelle, de tous les citoyens de la République, exclut de facto les Français végétariens ou végétaliens et intolérants aux produits laitiers, voire certains malades cardiaques au régime sans sel…. Notons que si le fromage est obligatoire pour faire un repas gastronomique, le pain, lui ne l’est pas.

Cet oubli est incompréhensible. En effet, le pain qu’on fait en France est très spécifique à notre gastronomie : sa recette est assez unique et notre usage du pain est lui aussi assez spécifique. Les français mangent du pain, c’est bien connu… mais apparemment les gastronomes s’en passent ! Les boulangers vont apprécier la plaisanterie…

Le repas gastronomique est donc le fameux entrée-plat-dessert accompagné de fromage. J’aimerais savoir ce que ce repas a de spécifiquement français ? J’ai pu faire ce genre de repas aux Pays-Bas où on trouve, comme chacun sait, d’excellents fromages.

Continuons la lecture…

Des personnes reconnues comme étant des gastronomes, qui possèdent une connaissance approfondie de la tradition et en préservent la mémoire, veillent à la pratique vivante des rites et contribuent ainsi à leur transmission orale et/ou écrite, aux jeunes générations en particulier. Le repas gastronomique resserre le cercle familial et amical et, plus généralement, renforce les liens sociaux.

Ici se pose un problème de définition : puis-je être reconnu comme gastronome parce-ce que mon pote Robert trouve que je m’y connais ? Une mère de famille apprenant la cuisine à ses enfants sera-t-elle reconnue comme gastronome ? Cette définition me semble plus tenir de la confrérie bacchique que d’une démarche scientifique ou normative…

Encore une fois on enfonce des portes ouvertes avec un ton digne du plus grand politiquement correct.

Ceci dit, la notion de tradition me fait toujours rire. Cela va, de plus, me donner l’occasion de démontrer le manque de rigueur dans la démarche et les formulations proposées. Amusons-nous donc un peu.

D’après la définition du TLIF, la tradition c’est l’Action, façon de transmettre un savoir, abstrait ou concret, de génération en génération par la parole, par l’écrit ou par l’exemple

Considérons donc deux recettes et passons-les au crible arrêté par l’Unesco pour savoir si elles peuvent entrer dans le repas gastronomique des Français. Je vous propose la soupe de truffes noires « VGE » (recette de Paul Bocuse (qu’on trouvera dans La cusine du marché, le best seller du chef) et le couscous — deux plats que j’adore.

Intuitivement, personne ne mettra le couscous dans les recettes traditionnelles du repas des Français… maintenant tapotons-nous le menton…

La soupe aux truffes noires « VGE » a été créée par Bocuse en…1975, c’est à dire il y a exactement 35 ans. Du couscous, en revanche, les Français en mangent depuis plus de 150 ans…

Les sociologues reconnaissent qu’une génération c’est environ 25 ans (le temps nécessaire à une classe d’âge d’arriver à l’âge adulte) . La soupe aux truffes n’a même pas deux générations ! Elle est bien trop jeune pour être devenue traditionnelle en si peu de temps ! Ou alors il faudra qu’on m’explique par quel miracle la gastronomie peut établir des traditions en une seule génération…

Donc dans notre match, sur le critère tradition ça nous donne Bocuse 0 et couscous 1.

Histoire de continuer à rire, j’enfonce le clou : le patrimoine c’est (toujours d’après le TLIF) l’ensemble des biens hérités des ascendants ou réunis et conservés pour être transmis aux descendants. J’ai cherché un peu et je n’ai pas encore trouvé de parent ayant transmis la recette de la soupe de truffes noires « VGE » à leurs enfants. La recette du couscous, en revanche se transmet entre parents et enfants dans un grand nombre de familles.

Donc dans notre match, sur le critère patrimoine ça nous donne Bocuse 0 et couscous 1.

Résultat : la soupe de truffes noires « VGE » n’est ni traditionnelle ni patrimoniale. Vive le couscous !

Je vous propose donc un menu pour faire un repas gastronomique des français en respectant à la lettre la définition de l’Unesco :

– Apéritif — chlita — couscous — fromage — baklawa — vin (pour ceux des convives qui en boivent… Un Madiran ou un Chateauneuf du Pape, par exemple) — digestif (un café ou un thé ou pourquoi pas un Armagnac, pour ceux qui boivent de l’alcool).

Nos concitoyens végétaliens et végétariens seront exclus de ce repas (car la viande et les légumes ont cuit ensemble). Nos concitoyens au régime sans sel seront également exclus (car le fromage, c’est salé)…

On pourrait refaire le même exercice avec des dizaines d’autres recettes soi-disant gastronomiques et qui, du point de vue de la définition retenue par l’Unesco, ne le sont pas. Voici quelques idées de matches : escalope de saumon à l’oseille de Troigros (créée par les fr. Troigros il y a moins de 50 ans) contre Paëlla (que la France a découverte avec la vague d’immigration espagnole dans les années d’avant-guerre, c’est à dire il y a presque 80 ans), loup au varech de Michel Guérard (un classique de la nouvelle cuisine des années 1970) contre choucroute ou galette-saucisse… la liste est longue comme un jour sans pain (qui, rappelons-le n’est pas au patrimoine, alors que le pain qu’on fabrique en France est très spécifique ; au contraire du repas comme je viens de le démontrer).

Arrêtons-là ! le soi-disant repas gastronomique des français n’a rien de patrimonial. Oublions vite cette erreur de casting, qui pourrait bien réveiller des communautarismes !

On pourrait imaginer qu’en cherchant à figer ainsi un patrimoine certains lobbies aient cherché à poser un jalon permettant de juger le degré d’intégration de certains Français. Ce serait idiot car ce serait ignorer qu’on a son identité devant soi et que l’identité nationale se doit d’être le fruit d’un consensus.

D’ailleurs on pourrait s’amuser avec certains produits industriels car, c’est bien connu, les industriels mettent un point d’honneur à utiliser des bons produits. Chacun pourra les humer et les gouter avec plaisir. Proposons donc un repas gastronomique à base de produits de qualité, provenant majoritairement de France et choisis par des industriels responsables :

Saucisson Cochonou- cassoulet William Saurin – fromage Caprice des dieux — Danette — Cellier des Dauphins (pour les français qui boivent du vin)

J’ajoute que pour accompagner ce repas gastronomique on pourrait servir des biscottes Heudebert. Mais cela n’est pas nécessaire puisque le pain n’entre pas dans un repas gastronomique !

Ce repas gastronomique est encore plus raciste que le précédent puisque nos concitoyens qui respectent les préceptes al-hal et casher n’auront pas leur place à la table commune.

N’en jetons plus ! Ce repas gastronomique couvre notre pays de ridicule. On fait des repas gastronomiques dans tous les pays du Monde… en France, certains imbéciles heureux qui sont nés quelques part me donnent honte.

Tout ce qu’il reste à espérer c’est que cette affaire passe très vite aux oubliettes des faits divers idiots.

Excusez-moi, je vais vomir, j’ai une indigestion !

Déni de démocratie

En politique, la mi-mandat est une étape importante : pour un élu, les grandes lignes sont dessinées et c’est le moment où on peut esquisser les pistes d’un éventuel mandat suivant. Parallèlement, pour les électeurs, cette étape est également celle d’un premier bilan. Les espoirs placés dans l’élu ont-ils été satisfaits ? Que peut-on envisager pour la prochaine échéance ?

Dans certains pays, les USA notamment, la mi-mandat du président de la république correspond à la fin de mandat de tout ou partie des parlementaires. Cela donne au peuple l’occasion de valider ou de sanctionner la politique présidentielle. On assiste généralement à ce que les américains nomment un mouvement de balancier, comme les élections récentes l’ont montré : une politique présidentielle jugée décevante est sanctionnée par un changement de majorité parlementaire.

Cette pratique permet l’expression démocratique et favorise la tempérance, vertu démocratique s’il en est. C’est également un facteur de consistance, une réforme en profondeur ne pouvant se faire sans validation populaire.

Ainsi, dans un régime de type présidentiel, la possibilité d’un mouvement de balancier apparaît-elle comme un garant de démocratie.

La Cinquième République on le sait est un régime de type présidentiel. Cette caractéristique qui était alors nouvelle pour notre pays a fait couler beaucoup d’encre en 1958 et en 1962 quand il s’est agit de faire élire le président de la république au suffrage universel direct. Le président étant élu pour sept ans et les députés pour cinq, le cap des « 2/3 » de mandat présidentiel était une étape importante, qui permettait de renouveler la confiance placée dans le président de la république au moment de son élection.

Par trois fois (1986-88, 1993-95 et 1997-2002) ce vote de confiance n’a pas été accordé au président de la république et la France a pratiqué la cohabitation, ce qui avait la particularité d’atténuer le caractère présidentiel du régime.

Cependant à l’issue de la troisième cohabitation, une réforme constitutionnelle fut effectuée : d’une part le mandat présidentiel fut réduit à 5 ans (ce qui fit correspondre son terme avec celui des députés). D’autre part, il a été décidé que l’ordre des élections présidentielles et législatives serait inversé : les législatives ayant lieu après les présidentielles.

Ainsi, la Cinquième République de 2010 n’a-t-elle plus grand chose à voir avec celle de 1958 : à quelques semaines d’écart, le peuple élit un président de la république et un parlement qui souvent, profitant d’une même dynamique sont élus à l’unisson, le président pouvant s’appuyer sur une chambre de son camp politique.

Ce que la réforme constitutionnelle change — c’était d’ailleurs l’effet recherché — c’est que cet attelage de l’exécutif et du législatif va tenir toute la législature sans possibilité de remise en question.

La législature actuelle est la première à expérimenter ce nouveau mode de fonctionnement et le moins qu’on puisse dire c’est que cela est loin d’être satisfaisant et pour trois raisons :

D’une part cela a tendance à fonctionnariser les membres du gouvernement. Nommés en début de mandature, les membres du gouvernement n’ont pas à s’inquiéter de ce qui pourrait leur arriver. Ils s’installent dans leurs postes et cherchent à s’y accrocher tels des berniques à leur rocher. Ce n’est plus d’un gouvernement composé d’hommes et de femmes politiques qu’il s’agit mais d’une sorte de conseil d’administration et le spectacle qu’il donne n’a rien de réjouissant : mesquineries en tous genres et l’impression d’une sorte d’impunité : quoi qu’ils fassent les ministres ne seront pas remis en question. En matière de gouvernement la longévité n’est pas nécessairement une qualité !

D’autre part cela transforme le mandat en blanc-sein. Une fois les élections passées, l’exécutif et le législatif ont les mains libres pour mettre en oeuvre la politique de leur choix en ayant une assurance absolue sur la durée : pendant 5 ans tout sera possible et aucune remise en question ne viendra ou troubler ou infléchir l’action gouvernementale. Depuis 2007, nous en avons déjà fait l’expérience, notamment lors des régionales : en dépit d’un revers cuisant pour la majorité parlementaire, elle n’en a tiré aucune conclusion, mis à part un remaniement qui n’était rien d’autre qu’une sorte de tric-trac assez désagréable.

Enfin, et surtout, cela déphase le gouvernement et le peuple : la réforme met le peuple,face à une sorte de « tunnel » politique. Aucun moyen de sanctionner l’action gouvernementale. On en prend pour 5 ans ! Quand le vin est tiré on le boit… jusqu’à la lie ! Ce dernier effet désastreux est renforcé par le fait que l’exercice du pouvoir pratiqué par le président de la république est particulièrement sourd aux coups de semonce populaires. Le récent mouvement anti-réforme des retraites l’a montré avec une acuité confondante par sept fois plusieurs millions de citoyens sont descendus dans la rue dans l’indifférence la plus totale de la part de l’Elysée. En 1995 il n’en avait pas fallu tant pour Jacques Chirac en tire la seule conclusion qui s’imposait du point de vue démocratique : la dissolution du parlement.

Ce nouveau mode de fonctionnement est un déni de démocratie ! Il faut remettre l’ouvrage sur le métier et chercher une voie permettant une expression démocratique saine et dynamique

Le gouvernement malade du racisme

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour justifier les crimes de la terre,
Le racisme (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Envers Sarkozy avait l’art de plaire.

Il n’expliquait pas tout, mais pour tout il était évoqué :
Violence, emploi, insécurité,
A chaque problème cité par Sarkozy ;
Cause unique de chacun de nos soucis ;
Ni l’un ni l’autre ne bronchaient
La République, de la terreur prenait la voie.

La fraternité, la solidarité fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.

Sarkozy se rend à Grenoble, et dit : Mes chers amis,
Je crois que les étrangers se sont tout permis
Pour des mamies troubler la quiétude.
Que les plus coupables de nous
Se sacrifient aux traits du funeste courroux,
Peut-être verrons-nous de tous les maux la finitude.

(Pourtant, l’histoire nous apprend que de tels sentiments
Ont mené par le passé aux pires agissements 🙂

Ne nous retenons donc point ; voyons sans tolérance ;
Sans faire de cas de conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai déjà expulsé force ratons.

Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de virer
Les bébés

Je ne peux me dévouer car j’ai l’immunité ; mais je pense
Qu’il est bon de bon ton d’accuser tous les résidents :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus bazané périsse.

– Sire, dit Hortefeux, vous êtes bon président ;
Tous vos scrupules finissent en papier fesses ;
Et bien, virer roms, bicots, et sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les expulsant beaucoup d’honneur.
Et quant aux moricots l’on peut dire
Qu’ils étaient dignes de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les nationaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit Hortefeux, et ministres d’applaudir.
Sarkozy ne faisait que soutenir
De Le Pen, de Marine, et d’ autres nazillons,
Les impardonnables positions.

Tous les gens bien pensants, jusqu’aux riches rupins,
Par leur silence complice se révélaient tous mesquins.

Que de rebeux pourtant pourraient dire : J’ai souvenance
Qu’en une boulangerie gouère passant,
La faim, l’occasion, le pain tendre, et je pense
Quelqu’envie aussi me poussant,
Je mangeai le pain des français de ma langue.
Je n’en avais pas d’autre, rien à manger.
A ces mots on cria haro sur l’étranger.
Un ministre quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger le pain des français, quel crime abominable !
Rien que la déchéance n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

François (avec la complicité de J. de Lafontaine)

‘Europe ?

Les indépendantistes flamands ont remporté les élections dans ce qui s’appelle encore la Belgique. Je trouve que c’est une excellente nouvelle et j’attends impatiemment que la Flandre accède à l’indépendance. En effet, non seulement ce serait dans l’ordre des choses mais, de plus, ce serait une chance unique pour l’Europe.

On pourrait en appeler au légitime droit des peuples à disposer d’eux-mêmes pour justifier cette chance que la Flandre a devant elle. Je préfère cependant y voir une chance unique pour l’Europe : une Flandre autonome qui se placerait sous l’autorité des Institutions de la Communauté donnerait à l’Europe une réelle dimension politique. La Wallonie pourrait elle aussi s’inscrire dans un mouvement parallèle et revendiquer le même statut.

Reste le cas de Bruxelles capitale qui aurait alors également la même chance historique : se transformer en District européen neutre et autonome.

Avec une telle réorganisation géopolitique, l’Europe prendrait une réelle dimension politique ambitieuse et porteuse d’avenir. Pour la Flandre et pour la Wallonie, naturellement, mais également pour toutes les autres régions européennes qui revendiquent légitimement leur autonomie.

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