Prévoir l’avenir, voilà bien une grande question ! Que sera demain ? Bien malin qui peut le dire et pourtant, nombreux sont celles et ceux qui s’y risquent.
Catégorie : Connaissance
Il arrive que les mots changent de sens au fil du temps. Le mot impact, par exemple. Il n’y a pas si longtemps, cela permettait de qualifier l’effet positif d’un discours ou d’une action.
Franck Lepage est un personnage atypique : après un parcours assez erratique il a quitté Paris et s’est engagé dans un mode de vie fait de plein d’alter quelque-chose… engagé dans une scop, il met au point les conférences gesticulées entre spectacle humoristique et conférence sérieuse. J’avoue que j’aime beaucoup ce principe que je pratique depuis des années à l’Istia.
Il est connu pour une série de conférences qu’il appelle Inculture(s). Au cours de ces spectacles il aborde de nombreux sujets et les traite avec maestria. C’est foisonnant et riche, une sorte de brouillon organisé, plutôt brillant, presqu’un cours.
On peut être d’accord, ou pas, avec ses prises de positions. Il n’en reste pas moins que quand on prend le temps de les regarder, ces conférences sont d’une grande richesse et on apprend beaucoup.
On apprend en particulier ce qu’est l’éducation populaire et on découvre alors que nous devrions tous prendre le temps de poursuivre notre formation et en particulier notre formation politique au sens propre du terme, pour apprendre à vivre en société.
Je vous conseille de prendre le temps de regarder et même d’étudier ces conférences.
Un jour, moi aussi, je ferai de l’éducation populaire !
Inculture(s), sur la culture
Sans doute la meilleure des conférences
Inculture(s), sur l’éducation
Un peu touffu mais plein de bon sens
Inculture(s), faim de pétrole
Sur l’écologie
Inculture(s), le travail
Sur le travail
Inculture(s), l’eau ça chie
Sur l’écologie
Inculture(s), le management
Sur l’entreprise, par deux intervenantes de la Scop fondée par Franck Lepage
Depuis quelques temps, cet article met en émoi la communauté universitaire. Je vous invite à en prendre connaissance.
Il y a longtemps,en 4ème, j’étais un cancre en maths (et je le suis toujours, comme vous savez). Un jour dans un devoir j’avais écrit “comme le démontre le graphique…” et dans la marge, en rouge comme il se doit, le prof avait commenté “un graphique ne démontre pas, il illustre”.
La vertu de cet article scientifique cité par Le Monde me semble finalement être la même : les statistiques ne démontrent pas, elles illustrent. Ce qui prime en sciences c’est le raisonnement. Les chiffres ne sont là que pour le confirmer.
Evidemment, comme il est toujours plus facile de se jeter sur les outils informatiques plutôt que de réfléchir et poussés par l’épidémie de “publicationnite aigüe” qui fait des ravages actuellement, un grand nombre de chercheurs ne réfléchissent plus réellement : ils se jettent sur les outils statistiques, crachent des tonnes de données en tous genres, appliquent vaguement deux ou trois lois par là dessus et roule ma poule !
C’est la fameuse méthode “bottom – up” que nous connaissons tous. Quand on manque d’idées ou de temps pour publier, on brasse des chiffres !
Tant qu’on reste dans le champ du marketing et qu’on fait des tests A-B pour valider des IHM de sites web (méthode habituelle de Google et de Facebook), ça peut aller mais évidemment, quand il s’agit de valider une molécule en biotech…
Je terminerai avec cette citation de P.G. de Gennes, qui me guide souvent :
Le vrai point d’honneur n’est pas d’être toujours dans le vrai. Il est d’oser, de proposer des idées neuves, et ensuite de les vérifier. Il est aussi bien sûr, (…) de savoir reconnaître publiquement ses erreurs (…) L’honneur du scientifique est absolument à l’opposé de l’honneur de Don Diègue. Quand on a commis une erreur, il faut accepter de perdre la face.
On l’oublie souvent mais l’architecture est un art. C’est dans cette optique que travaillent les créateurs de la série Architectures.
Je trouve que le format de l’émission touche à la perfection : une durée assez courte (une vingtaine de minutes), un dépouillement absolu, un retrait total de l’équipe… cela donne à l’émission un caractère d’intemporalité qui non seulement lui permet de durer dans le temps mais également d’aborder tous les styles et toutes les époques. Véritable marque de fabrique de l’émission, la voix de François Marthouret rend le tout grandiose.
Architecture applique à l’émission de télévision un principe que j’adore et sur lequel je reviendrai : Reduce to the max qui fut, en son temps, le slogan publicitaire de la Smart.
Bref, je ne peux que vous la conseiller. On en trouve beaucoup sur YouTube. Ici l’émission consacrée à la maison de Jean Prouvé. Un de mes architectes préférés et une maison dont j’aimerais beaucoup pouvoir reprendre un jour le principe de dépouillement si j’avais une maison à construire pour moi.