Il arrive que les mots changent de sens au fil du temps. Le mot impact, par exemple. Il n’y a pas si longtemps, cela permettait de qualifier l’effet positif d’un discours ou d’une action.
Catégorie : Citoyenneté
L’uberisation consiste à partir d’une feuille blanche pour repenser une activité qui ronronne en assemblant des composants numériques de façon créative. Cela permet de proposer un service modernisé tellement pratique qu’il s’impose en un éclair.
Depuis ce matin, les médias ne parlent plus que de ça : Natixis va supprimer mille emplois d’ici 2015.
La belle affaire ! Dans une France plus que jamais morose et où tout le monde s’empresse de voir les bouteilles à moitié vides, voilà qui ne fait que renforcer un climat où rien ne porte à l’optimisme.
Et chacun d’y aller de son couplet défaitiste : rien ne va plus ma bonne dame, tout le monde licencie, les chinois nous envahissent, j’en passe, et des meilleures…
Encore une fois et comme toujours tapotons-nous le mentons. De quoi s’agit-il, au juste ?
De la suppression d’un maximum de mille emplois dans une banque qui compte plus de vingt mille salariés. Autrement dit de cinq pour cent des effectifs à quitter l’entreprise en plus de vingt-quatre mois.
Autrement dit, rien que de normal. Des départs naturels en quelque sorte. Sans doute des départs en retraite dans une structure vieillissante. D’ailleurs tout le monde, à commencer par les syndicats, relève que cette opération se fera sans départs contraints et que, chose incroyable, Natixis prévoit parallèlement des plans d’embauches.
En fait, il s’agit d’un non événement. J’aimerais bien savoir à quoi jouent les partenaires sociaux ! ?
Dans un climat déjà pas forcément au beau fixe, pourquoi encore en rajouter ? Ne serait-il pas plus opportun de présenter sous un meilleur jour la réorganisation des activités dont cette anecdote n’est qu’un effet de bord ?
Tout ce que j’y vois ce n’est qu’une nième variation sur le thème de l’immobilisme et de la résistance au changement. Cette gangrène va tuer la France à petit feu !
Il ne faut pas craindre l’inconnu : l’avenir est toujours porteur d’espoir et de progrès. On ne répétera jamais assez qu’hier n’est jamais mieux que demain et que la nostalgie n’est pas un moteur mais un frein.
C’est parce qu’on se projette dans l’avenir avec confiance qu’on avance ; c’est parce qu’on est persuadé que les terrae incognitae sont porteuses d’espoir qu’on fait progresser le Monde.
Interrogé un jour sur la meilleure auto qu’il a produite, Enzo Ferrari a répondu : la meilleure Ferrari ? C’est la prochaine !
Face à cet enthousiasme et cette confiance dans l’avenir, les partenaires sociaux ne sont rien d’autre que des pompiers pyromanes.