François Druel, PhD

Catégorie : Cinéma Page 1 of 4

Pollock

Jackson Pollock est un artiste surprenant. Et tout chez lui est surprenant, de son parcours personnel à sa démarche artistique. Avec ses tableaux les plus connus, il cherche à peindre ses états d’âme. Pas facile quand on on évolue dans un milieu assez académique et qu’on est tiraillé par des tendances antinomiques.

Et pourtant, surprenante à souhait elle aussi, et totalement personnelle, la réponse que propose Jackson Pollock a constitué une des plus grandes innovations du XXème siècle en peinture.

Jackson Pollock Convergence (3,90m x 2,37m), 1952

Que n’a-t-on pas dit de ces immenses toiles multicolores ? Nombreux sont celles et ceux qui aujourd’hui encore les trouvent toujours insensées. Les toiles de Jackson Pollock, pourtant, sont pleines de sens car à un époque (le XXème siècle) où la photographie a supplanté la peinture dans sa fonction représentative, que peut-il rester à cette forme d’art, sinon la matérialisation de l’esprit ?

Aujourd’hui ce raisonnement semble assez évident, mais ce qui n’était pas le cas dans les années 1950. Jackson Pollock s’est prêté à un certain nombre de reportages dans lesquels il explique sa démarche.

Jackson Pollock by Hans Namuth (1950). Ce film est en anglais mais très facile d’accès.
Affiche du film Pollock d’Efd Harris (2000)

En 2000, l’acteur Ed Harris a consacré à l’artiste un film biographique aussi instructif que touchant, qui analyse en détails le cheminement qui a amené Jackson Pollock à proposer au monde une réponse unique.

Mais surtout, Jackson Pollock et ses toiles nous appellent à repenser nos états d’âmes ou, plus exactement, la manière dont nous pouvons les exprimer. Il est habituel de chercher à exprimer ses ressentis par les mots et d’ailleurs cette démarche a permis le romantisme, mais peut-on les exprimer par la peinture ? Peut-on aller au delà des mots ?

En réalisant des toiles insensées à première vue, Jackson Pollock a proposé une réponse mais surtout, il nous propose de faire un pas de côté et de considérer les choses autrement.

Les toiles de Jackson Pollock nous invitent à nous regarder autrement.

À demain, 21 heures

Des hommes, des dieux et des questions…

Depuis sa sortie, Des hommes des dieux crée un succès assez inattendu, qui a surpris les analystes. C’est dans une salle comble que j’ai eu du mal à trouver une place au milieu d’une foule surprenante et bourgeoise, aux cheveux majoritairement gris. Ma surprise est grande.

Le réalisateur est assez peu connu, la production à l’image du scénario, minimaliste. Les acteurs, cependant, savent donner du corps à ce film qui ne traine pas en longueur. On pourrait penser que la vie monastique est plate et toute en longueur ; mais non : les silences parlent, la lenteur est palpitante. La vie conventuelle est crédible.

Reste le regard à porter sur ces occidentaux enracinés et presqu’inculturés dans une ancienne colonie ; ces catholiques en pays musulmans : que font-ils là ? Quel est le sens de cette présence ? Que faut-il en penser ? En retenir ? J’avoue que j’hésite. Naturellement, ils ne font de mal à personne, au contraire ; mais ne sont-ils pas, en même temps, une provocation permanente ?

Dans une période secouée faut-il rester ? Voilà la question que posent collectivement les cisterciens de Tibhirine.

Je ne suis pas certain qu’il faille chercher des réponses ; et c’est certainement là la force de ce film…

Deux films encore…

Clones appartient à la grande famille des films d’anticipation. Le spectateur est placé dans un futur assez proche où les humains ne vivent plus qu’au travers de leurs clones. Dans cette dystopie, le scénario propose néanmoins un point de vue finalement porteur d’espoir. Et c’est là quelque chose à noter. Dans la science fiction, en effet, la lecture sociologique révèle souvent les craintes d’une époque. Ici elles ne sont pas liées à la technologie ou à leur usage, bref, au comment, mais au pourquoi. De plus, en proposant une vision, ce film pose des questions et des pistes de réflexion. Bref, 4 étoiles.

Evidemment, je ne suis pas passé au travers de l’évenement planétaire du cinéma commercial !This is it est le lot de consolation des concerts historiques que
le roi de la pop aurait dû donner cet été. je passe sur la cupidité sans limite qui pousse les financiers de cette entreprise à user jusqu’à la corde les ressorts financiers de leur investissement. C’est à vomir. Ceci dit, ce film doit être regardé comme un documentaire : même s’il est évident que Mickael Jackson s’ennuyait ferme, il est évident qu’il s’est engagé dans les répétitions avec un professionnalisme étonnant. Ce professionnalisme que tous ceux qui ont travaillé avec des américains ont peu observer et, peut-être comme moi, apprécier. Autre point dont je n’étais pas totalement conscient : Mickael Jackson était un danseur hors pair et l’élégance de chacun de ses gestes sur scène m’a littéralement scotché. Pas d’étoile pour ce film qui n’en est pas un !

Deux films pour passer le temps

Lucky Lucke est un film assez correct qui s’inspire des aventures du génial Lonesome cow-boy imaginé par Morris & Goscinny. La comparaison s’arrête là ! Le reste est tellemment éloigné de l’esprit des deux bédéïstes qu’il serait presqu’insultant de chercher à rapprocher la bande dessinée et le film : Rantamplan et les Daltons ne son pas là, les méchants s’allient à Lucky Lucke et deviennent gentils… la cavalerie ne débarque pas pour sauver le Monde… à force de prendre des libertés avec la BD, l’équipe propose un film tellement éloigné de la BD qu’il perd en crédibilité.

Les auteurs de ce film ont juste juxtaposé quelques éléments de la BD pour faire une sorte de film à sketches drolatiques. Certes les décors, les bruitages et les costumes sont très travaillés, voire recherchés, mais il manque la touche de non sense de la bande dessinée. J’aurais apprécié un scénario signé Gerra, par exemple. Mettons 2 étoiles à Lucky-Lucke

Tempête de boulettes géantes est décevant. D’abord parce que les productions Pixar ou DreamWorks nous ont habitué à un tel niveau de qualité, que revenir au bon vieux dessin animé est, en quelque sorte, frustrant. Mais surtout parce que ce film hésite : il ne trouve pas son style, pas son rythme, pas vraiment son genre. Je passe mon temps à le répéter : faire du marketing, c’est faire des choix… en matière de proposition de valeur, chercher un optimum revient à créer des gloubi-boulgas indigestes. Ce film en est la preuve : à force d’hésiter, il est en permanence assis entre deux chaises. Sauvé par quelques bonnes trouvailles, tempêtes de boulettes géantes permet de passer un moment de détente, sans plus. Une étoile.

Mademoiselle Chambon

Dans certains milieux, il est de bon ton de se moquer du cinéma français. Sans action, sans scénario, sans acteurs… le cinéma hexagonal serait digne du vide intersidéral. C’est ce que j’avais en tête en allant voir Mademoiselle Chambon, film que je ne serais pas allé voir si GC ne m’avait pas accompagné. J’avoue que j’étais motivé autant par sa réaction que par le film lui-même.

Il s’agit d’un film à la Claude Sautet : une tranche de vie présentée assez brute : on ne sait rien du passé des personnages, le film ne laisse rien deviner de leur avenir (l’archétype de ce genre étant pour moi Garçon qui m’a laissé dans mon esprit une trace indélébile). La caméra (et donc le spectateur) est posée là, devant eux, et les regarde agir, comme des cobayes dans une boite. Naturellement, c’est frustrant… il ne se passe rien…

En fait, dans ce genre cinématographique, c’est au spectateur d’être actif : il faut se mettre à l’écoute de ses sentiments, de son ressenti. Cela se fait dans le calme, cela prend du temps… si on ne fait pas cet effort, on passe littéralement à côté du film.

Une fois de temps en temps, cela peut être intéressant, mais c’est vite lassant. 1983 – 2009 : une fois tous les 26 ans, c’est suffisant !

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