Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour justifier les crimes de la terre,
Le racisme (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Envers Sarkozy avait l’art de plaire.
Il n’expliquait pas tout, mais pour tout il était évoqué :
Violence, emploi, insécurité,
A chaque problème cité par Sarkozy ;
Cause unique de chacun de nos soucis ;
Ni l’un ni l’autre ne bronchaient
La République, de la terreur prenait la voie.
La fraternité, la solidarité fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.
Sarkozy se rend à Grenoble, et dit : Mes chers amis,
Je crois que les étrangers se sont tout permis
Pour des mamies troubler la quiétude.
Que les plus coupables de nous
Se sacrifient aux traits du funeste courroux,
Peut-être verrons-nous de tous les maux la finitude.
(Pourtant, l’histoire nous apprend que de tels sentiments
Ont mené par le passé aux pires agissements 🙂
Ne nous retenons donc point ; voyons sans tolérance ;
Sans faire de cas de conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai déjà expulsé force ratons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de virer
Les bébés
Je ne peux me dévouer car j’ai l’immunité ; mais je pense
Qu’il est bon de bon ton d’accuser tous les résidents :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus bazané périsse.
– Sire, dit Hortefeux, vous êtes bon président ;
Tous vos scrupules finissent en papier fesses ;
Et bien, virer roms, bicots, et sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les expulsant beaucoup d’honneur.
Et quant aux moricots l’on peut dire
Qu’ils étaient dignes de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les nationaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit Hortefeux, et ministres d’applaudir.
Sarkozy ne faisait que soutenir
De Le Pen, de Marine, et d’ autres nazillons,
Les impardonnables positions.
Tous les gens bien pensants, jusqu’aux riches rupins,
Par leur silence complice se révélaient tous mesquins.
Que de rebeux pourtant pourraient dire : J’ai souvenance
Qu’en une boulangerie gouère passant,
La faim, l’occasion, le pain tendre, et je pense
Quelqu’envie aussi me poussant,
Je mangeai le pain des français de ma langue.
Je n’en avais pas d’autre, rien à manger.
A ces mots on cria haro sur l’étranger.
Un ministre quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger le pain des français, quel crime abominable !
Rien que la déchéance n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
François (avec la complicité de J. de Lafontaine)
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