François Druel, PhD

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La nation est une construction

Un sondage récemment paru dans Marianne indique qu’en cas de victoire du R-Haine aux présidentielles, 46 % des musulmans de France envisageraient un départ à l’étranger. 

Il faut voir dans ce sondage l’attachement de l’extrême droite à ce qu’ils appellent de manière fallacieuse « la vraie France » est en réalité une démarche « esthétique ».

Uberisation

L’uberisation consiste à partir d’une feuille blanche pour repenser une activité qui ronronne en assemblant des composants numériques de façon créative. Cela permet de proposer un service modernisé tellement pratique qu’il s’impose en un éclair.

Mare liberum

Note : j’ai rédigé cette petite réflexion du temps où le débat sur l’Hadopi faisait rage… et je le publie à nouveau car le sujet est plus que jamais d’actualité.

Depuis son irruption dans le grand public, concomitante de l’arrivée du web – c’était au milieu des années 1990 – l’internet s’est imposé comme un phénomène planétaire majeur. Tout (ou presque) a été dit sur ce réseau des réseau : adulé par les uns, vilipendé par les autres, Internet a donné lieu à une littérature pléthorique sur ses enjeux économiques, ses impacts sociologiques, ses implications techniques et plus encore. Bref, dans notre vie, il y a un avant et un après Internet.

Malgré une maturité certaine, ce réseau de réseaux continue de poser certaines questions, rampantes depuis des années. Deux en particulier ne sont toujours pas tranchées : l’internet doit-il être cantonné à un simple réseau neutre de transport (position que j’ai eu l’occasion de défendre et que je pense juste) ? L’internet est-il un puissant réseau décentralisé ou bien un simple Minitel 2.0 (ce que Benjamin. Bayart a démontré avec maestria dans une conférence restée célèbre) ?

La France jacobine du Minitel s’oriente à grands pas vers des réponses erronées à ces questions fondamentales : en se dotant de l’arsenal de l’Hadopi, notre pays admet que l’internet n’est pas un simple réseau neutre de transport et favorise l’émergence de services centralisés, prétendument plus faciles à mettre sous contrôle. Ce qui, dans certains cas, peut-être une nécessité, ne doit pas être une généralité. Ce mouvement est d’ailleurs renforcé par la communication imaginée par Orange avec sa campagne internet et Internet par Orange. Je suis estomaqué de voir des spécialistes des réseaux se laisser prendre dans un tel piège.

Parallèlement la position américaine semble prendre le chemin inverse : en proposant le concept de net neutrality par la voix du président Obama, les USA prônent un réseau libre et ouvert à tous. Barack Obama avait pris cet engagement dans sa campagne et ne s’en est pas détourné.

Etant donné le poids pris par l’internet dans l’économie américaine, étant donné que les USA ne lâchent pas prise quand leurs intérêts économiques sont en jeu, il y a fort à parier qu’un jour le torchon brûlera entre les USA et le reste du monde à propos de l’internet.

Et la question sera simple : l’internet est-il libre ? Les USA faisant de la Liberté le véhicule de leur impérialisme, il serait surprenant qu’ils changent facilement leur fusil d’épaule (quel que soit le président en fonction, d’ailleurs).

Comme souvent, pour comprendre ce débat il faut revenir en arrière, à 1604 exactement. C’est-à-dire à l’année où Grotius (un juriste néerlandais) publiait Mare Liberum, un ouvrage consacré au droit de la mer et qui, à la suite d’une controverse entre britanniques et néerlandais, posait le principe de la liberté de la haute mer. A la suite de cet ouvrage, le droit maritime n’est pas revenu sur ce principe : la haute mer n’appartient à personne en particulier et la circulation en haute mer est libre. Entre autre conséquence, cela a permis le développement des échanges et du commerce. Ce principe a d’ailleurs été également choisi pour le droit aérien (Convention de Varsovie, 1929).

De ce point de vue, l’internet est un espace : un espace de communication et d’expres- sion, mais surtout un espace de commerce. Et donc un espace qui doit rester libre, pour permettre le développement du commerce.

La neutralité des réseaux sera-t-elle un effet de bord de l’impérialisme américain? Chacun à égalité de chances et Dieu pour tous (in God we trust, dit-on outre Atlantique). L’avenir le dira peut-être !

Education populaire

Franck Lepage est un personnage atypique : après un parcours assez erratique il a quitté Paris et s’est engagé dans un mode de vie fait de plein d’alter quelque-chose… engagé dans une scop, il met au point les conférences gesticulées entre spectacle humoristique et conférence sérieuse. J’avoue que j’aime beaucoup ce principe que je pratique depuis des années à l’Istia.

Il est connu pour une série de conférences qu’il appelle Inculture(s). Au cours de ces spectacles il aborde de nombreux sujets et les traite avec maestria. C’est foisonnant et riche, une sorte de brouillon organisé, plutôt brillant, presqu’un cours.

On peut être d’accord, ou pas, avec ses prises de positions. Il n’en reste pas moins que quand on prend le temps de les regarder, ces conférences sont d’une grande richesse et on apprend beaucoup.

On apprend en particulier ce qu’est l’éducation populaire et on découvre alors que nous devrions tous prendre le temps de poursuivre notre formation et en particulier notre formation politique au sens propre du terme, pour apprendre à vivre en société.

Je vous conseille de prendre le temps de regarder et même d’étudier ces conférences.

Un jour, moi aussi, je ferai de l’éducation populaire !

Inculture(s), sur la culture

Sans doute la meilleure des conférences

Inculture(s), sur l’éducation

Un peu touffu mais plein de bon sens

Inculture(s), faim de pétrole

Sur l’écologie

Inculture(s), le travail

Sur le travail

Inculture(s), l’eau ça chie

Sur l’écologie

Inculture(s), le management

Sur l’entreprise, par deux intervenantes de la Scop fondée par Franck Lepage

Pompiers pyromanes

Depuis ce matin, les médias ne parlent plus que de ça : Natixis va supprimer mille emplois d’ici 2015.

La belle affaire ! Dans une France plus que jamais morose et où tout le monde s’empresse de voir les bouteilles à moitié vides, voilà qui ne fait que renforcer un climat où rien ne porte à l’optimisme.

Et chacun d’y aller de son couplet défaitiste : rien ne va plus ma bonne dame, tout le monde licencie, les chinois nous envahissent, j’en passe, et des meilleures…

Encore une fois et comme toujours tapotons-nous le mentons. De quoi s’agit-il, au juste ?

De la suppression d’un maximum de mille emplois dans une banque qui compte plus de vingt mille salariés. Autrement dit de cinq pour cent des effectifs à quitter l’entreprise en plus de vingt-quatre mois.

Autrement dit, rien que de normal. Des départs naturels en quelque sorte. Sans doute des départs en retraite dans une structure vieillissante. D’ailleurs tout le monde, à commencer par les syndicats, relève que cette opération se fera sans départs contraints et que, chose incroyable, Natixis prévoit parallèlement des plans d’embauches.

En fait, il s’agit d’un non événement. J’aimerais bien savoir à quoi jouent les partenaires sociaux ! ?

Dans un climat déjà pas forcément au beau fixe, pourquoi encore en rajouter ? Ne serait-il pas plus opportun de présenter sous un meilleur jour la réorganisation des activités dont cette anecdote n’est qu’un effet de bord ?

Tout ce que j’y vois ce n’est qu’une nième variation sur le thème de l’immobilisme et de la résistance au changement. Cette gangrène va tuer la France à petit feu !

Il ne faut pas craindre l’inconnu : l’avenir est toujours porteur d’espoir et de progrès. On ne répétera jamais assez qu’hier n’est jamais mieux que demain et que la nostalgie n’est pas un moteur mais un frein.

C’est parce qu’on se projette dans l’avenir avec confiance qu’on avance ; c’est parce qu’on est persuadé que les terrae incognitae sont porteuses d’espoir qu’on fait progresser le Monde.

Interrogé un jour sur la meilleure auto qu’il a produite, Enzo Ferrari a répondu : la meilleure Ferrari ? C’est la prochaine !

Face à cet enthousiasme et cette confiance dans l’avenir, les partenaires sociaux ne sont rien d’autre que des pompiers pyromanes.

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