Depuis des années (à vrai dire depuis une discussion avec JN alors qu’il travaillait encore chez Cofica), je suis persuadé que posséder une auto est la pire des choses à faire. L’idéal est de se passer de ce véhicule, la location (ponctuelle, de durée longue ou courte) constituant une solution optimale.
Pourtant, cette industrie a généré une éco-système auto-entretenu et qui perdure car il me semble très pernicieux.
- Ses symboliques multiples en font un objet de désir ;
- bien que connu comme polluant, on ne voit pas la pollution dans l’immédiat ;
- un lobby particulièrement efficace a convaincu tous les peuples du monde entier qu’une auto est indispensable.
Partant, nombre de gens ont organisé leur vie autour de ce véhicule : habiter à la campagne, par exemple, implique d’avoir une auto. Ce phénomène est également observable en ce qui concerne le transport par poids lourds : imagine-t-on de travailler en flux tendu sans le recours au transport routier et aux messageries ?
Moi-même, par le passé, j’ai possédé et utilisé des autos. En dépit de leur caractère indéniablement pratique, le bilan de long terme me semble pourtant assez négatif : sur l’environnement, naturellement, mais également le bilan financier. Une auto est, dans un budget, un puits sans fond. Par dessus le marché, c’est une source de soucis permanents : mécanique à entretenir (et crainte des pannes), problèmes de stationnement (et craintes pour l’état de la carrosserie), assurance, carburant etc.
Vivre sans auto semble être une gageure : à une époque où l’on ne semble pouvoir se passer d’auto, vivre en piéton intrigue et donne immanquablement une image d’homme préhistorique. Telle était la situation lorsque, en 2004, je me séparais de ma dernière voiture.
Il m’a fallu m’organiser, voir les choses autrement, envisager mon rapport aux déplacements sous un autre angle. Quand on a pris goût au transport individuel, utiliser les transports en commun paraît rustique et mal pratique. J’ai également découvert les joies de la location courte durée : des autos récentes, entretenues, propres et qui fonctionnent tout le temps. Que c’est confortable !
Le bilan est, de très loin, positif : mon budget s’est allégé, un grand nombre de soucis et de tracasseries m’ont abandonné et finalement la sérénité qui en résulte est plus qu’appréciable. La crise pétrolière que le Monde traverse actuellement renforce ces effets bénéfiques.
Si vous ne l’avez pas encore fait, il est temps d’étudier sérieusement un changement profond de mode de vie !
PoSKi
Je trouve que tu as une vision très Parisienne des choses …
Se passer de voiture est impossible pour une énorme partie de la population française ! Je suis né à la campagne, j’y vis depuis bientôt 22 ans et il est impossible de ne pas avoir de voiture, à moins de rester enfermé chez soi. Et encore, comment faire les courses ? Faut bien manger …
Depuis 3 ans maintenant j’habite sur Toulouse, en tant qu’étudiant il est évidement possible de ne pas avoir de voiture. Il faut quand même aller jusqu’au supermarché à pieds mais bon c’est quand même faisable (en vélo au moins). Après le métro (sous réserve de pas en être loin) dessert assez bien la ville, les bus completent tout ça.
Mais une fois rentré dans la vie active comment faire ? Je suis en stage depuis 2 mois, je suis dans le bâtiment (conducteur de travaux) et à tous les niveaux de mon milieu je vois pas comment se passer de moyen de transport : les chantiers ne sont pas desservis par les bus, le siège de l’entreprise non plus. Du coup les ouvriers sont bien obligés de prendre la voiture, et le personnel de maitrise ou d’encadrement (dont je fais partie) est obligé d’avoir sa voiture pour aller du chantier au siège ou à différents rdv …
Je ne parle ici que de mon milieu, celui du bâtiment/travaux publics, mais c’est applicable à de nombreux métier ! Rien qu’aux femmes de ménage qui passent plusieurs fois par semaine dans nos locaux par exemple …
Donc la vie sans voiture, à part dans Paris et encore ça dépend du métier (faut pas avoir besoin de bouger pour des raisons professionnelles !) beh j’ai des doutes en la faisabilité …
Ceci dit je te rejoins à 100% sur le budget, c’est un gouffre à poignon. Mon budget gasoil me déprime … je fais 600/700 bornes par semaine en ce moment, heureusement remboursé par l’entreprise, mais en attendant la paye ça fait peur et très mal !
Voilà, c’était pour donner une autre vision des choses, plus provinciale !
François
Tu poses une excellente question : celle de la place de la ruralité au XXIeme siecle. Quand on compare avec d’autres pays, il y a là (encore ! ) une exception française… car au contraire d’autres pays, les campagnes françaises sont encore habitées… et un grand nombre de gens pense que c’est « bien » d’habiter à la campagne, ce qui est une sorte de non sens… sociologiquement, la France est encore un peuple avec une mentalité de paysans : être près de la terre, accéder à la propriété, être « chez soi », transmettre son patrimoine à ses enfants et toutes ces balivernes.
Par ailleurs, je n’adressais l’utilisation de l’auto que dans deux cas : l’utilisation personnelle et l’utilisation contre-nature (faire traverser la France à des semi-remorques alors que le transport fluvial est bien plus efficace)… une auto peut rester un outil de travail.
Et si, finalement, le progressisme consistait à remettre en question les certitudes ? 😉
PoSKi
Je te sens bien remonté contre la campagne ! Quel mal y a t’il a ne pas vouloir aller s’entasser en ville !
La vie à la campagne n’a rien à voir avec la vie en ville, tu parles de sociabilité, tu connais tous les gens de ton immeuble ? Moi je connais les 150 habitants de mon village !
Un simple exemple : l’été est ponctué de fêtes de village où tous les gens se rencontrent, toutes les générations sont représentées (les enfants, les ados, leurs parents, les « jeunes », les grands parents …). J’ai jamais vu ce brassage de générations en ville … J’ai jamais non plus vu d’évennement aussi « sociaux » : le fait que tous les gens se connaissent au moins de vue (je parle d’un pannel de plus d’un millier d’hab là) fait qu’ils vont beaucoup les uns vers les autres !
Je trouve ta vision de la campagne bien réductrice ! Idem pour celle de notre patrimoine !
Franchement je suis sidéré, je te pensais bien plus ouvert d’esprit ! Transmettre notre patrimoine de générations en générations c’est des balivernes !? C’est quand même l’histoire de notre vie, de notre famille et quelque part de notre pays !
Je conçois que la ville dispose de certains avantages, mais de là à vouloir vider nos campagnes !
Francois
Ce n’est pas une question de fermeture d’esprit, je comprends tout à fait qu’on vive à la campagne, d’ailleurs j’y ai passé 22 ans, à la campagne. Tout le monde se connaît, c’est vrai. D’ailleurs tout le monde s’épie et les commérages vont bon train ! Aucune liberté de mouvement et le qu’en dira-t-on est comme épée de Damoclès permanente. J’aime pas la campagne ! On est les uns contre les autres en permanence. C’est très envahissant, finalement. J’ai trouvé ça insupportable. La vie en ville est tellement plus agréable. Je n’ai plus cette impression d’enfermement permanent.
Le patrimoine, oui peut-être, à condition que ce ne soit pas un frein au progrès. Le patrimoine est vivant et doit évoluer. Ceci dit c’est peut-être une question de rythme…
F
PoSKi
Ah, intéressant ce commentaire !
T’as eu une mauvaise expérience de la campagne, tout s’explique !
Je vis à la campagne depuis 22 ans moi aussi, bon c’est les 22 premières années de ma vie donc c’est peut-être pas pareil. Ceci dit je n’ai pas du tout ressenti cet épiage des voisins. Quand je suis chez moi aucun voisin ne peut me voir, et inversement ! Je ne me sens pas du tout surveillé, les maisons étant éloignées d’une 100aine de mètre. Pour la petite histoire j’ai demandé à ma mère ce qu’elle en pensait, elle vit à la campagne depuis 25 ans env. et elle ne ressent pas du tout ce sentiment d’envahissement elle non plus !
J’en concluerai que tout dépend de l’endroit où on vit, dans un petit bourg où tout le monde habite très proche les uns des autres, pourquoi pas … Mais bon j’ai jamais vraiment entendu de commerrages sur les voisins. Je pense que ça dépend vraiment du milieu où on « tombe » !
Je suis quand même content qu’on ai eu cette discution, même si à mon avis ton discours est biaisé par ton vécu de la campagne, qui te pousserai à vouloir entasser les gens en ville pour des raisons écologiques ? Il serait pas là le « non sens » que tu évoques plus haut …