François Druel, PhD

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La nation est une construction

Un sondage récemment paru dans Marianne indique qu’en cas de victoire du R-Haine aux présidentielles, 46 % des musulmans de France envisageraient un départ à l’étranger. 

Il faut voir dans ce sondage l’attachement de l’extrême droite à ce qu’ils appellent de manière fallacieuse « la vraie France » est en réalité une démarche « esthétique ».

Bruqa, tolérance et construction

Encore ! Encore une fois on pointe du doigt nos concitoyens musulmans. Après l’interdiction des signes religieux extérieurs à l’école (ce qui peut se comprendre) l’Assemblée Nationale vient de créer une mission d’information sur le port de la burqa et du niqab. Bien que la mission paraisse ouverte, elle porte, à n’en pas douter, la réponse dans la question qu’elle pose : encore une fois on ne va pas chercher à construire une société consensuelle mais forcer, presqu’au forceps, nos concitoyens musulmans à s’intégrer à la société française.

Certains évoquent, une fois encore, la sacro-sainte laïcité pour justifier une telle interdiction. Or, c’est très dangereux car, faut-il le rappeler, dans son article 1, la loi de 1905 dispose que : La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes. C’est un principe sur lequel on ne saurait revenir.

Alors, évidemment, vient au grand galop une autre justification : l’ordre public et les bonnes moeurs, qui est un autre principe régalien fondamental (affirmé dès l’article 6 du Code Civil). La burqa doit être interdite parce qu’elle ne permet pas (entre autre) la vérification d’identité à tout moment. Par exemple lorsqu’une maman vient chercher un enfant à l’école. C’est tordu mais c’est fondé.

Et nous voilà au coeur du sujet : une position à trouver entre une légitime volonté de pratiquer librement un culte et l’obligation régalienne de respecter l’ordre public et les bonnes moeurs.

Demander à nos concitoyens musulmans de s’intégrer revient en fait à renier leurs racines aux profit de celles, judéo-chrétiennes, qui sont celles de la France depuis 2000 ans et qui sont devenues consubstantielles de notre société. Je ne pense pas que cette position soit tenable : l’organisation d’un pays se doit d’être le reflet de la nation qui la compose. Et aujourd’hui, contrairement à ce qui était le cas depuis des années (et à tout le moins depuis la période révolutionnaire), la France n’est plus une société culturellement homogène.

Ce qu’il s’agit donc de faire ce n’est pas de stigmatiser, une fois encore, nos concitoyens musulmans et de chercher des moyens de les intégrer à toute force à un modèle devenu obsolète. Au contraire, cette mission parlementaire est une occasion de chercher à construire ensemble un consensus permettant à tous les français, de toute race et de toute religion, de vivre en harmonie. Tous libres, de pratiquer sa religion, tous égaux devant la loi en nous reconnaissant tous comme des frères.

Laissons aux parlementaires le bénéfice du doute, mais je crains qu’une fois de plus cette mission aboutisse à une nouvelle humiliation.

Situation de handicap

Le 21 juin dernier fut une belle journée ensoleillée à la Trinité sur Mer… Pris par la douceur du jour et l’ambiance festive qui régnait, je me suis fait une entorse que les médecins ont qualifiée de grave. Rien de cassé, apparemment, mais les ligaments ont souffert.

Attelle plâtrée pendant une semaine et maintenant immobilisation par une coque en résine, bref, je vais passer un mois au moins avec la cheville immobilisée. Pour me déplacer, j’utilise des béquilles. Quand on cherche à faire de l’exercice, les béquilles ça se pose là : rien de mieux pour muscler les épaules et avoir un ventre plat (bon d’accord, le mien de ventre n’a pas encore le look tablette de chocolat 😉 )…

L’important n’est pas là. Ce qui me marque avant-tout, c’est que je me retrouve en situation de handicap : il faut devoir utiliser des béquilles pour s’apercevoir que la vie est dure. Le monde est plein de marches, de portes avec des valets de portes, de couloirs longs comme des jours sans pain. La vie devient une série de chausse-trappes qui se succèdent en permanence. Prendre le métro et faire une correspondance, par exemple est un exercice de haut vol.

Depuis longtemps, j’étais dubitatif quant à l’expression situation de handicap. Je ne le suis plus. Que de progrès à faire pour permettre à ceux dont le handicap est permanent de vivre comme bon leur semble dans la cité.

Auto-censure

Depuis des années (à vrai dire depuis une discussion avec JN alors qu’il travaillait encore chez Cofica), je suis persuadé que posséder une auto est la pire des choses à faire. L’idéal est de se passer de ce véhicule, la location (ponctuelle, de durée longue ou courte) constituant une solution optimale.

Pourtant, cette industrie a généré une éco-système auto-entretenu et qui perdure car il me semble très pernicieux.

  • Ses symboliques multiples en font un objet de désir ;
  • bien que connu comme polluant, on ne voit pas la pollution dans l’immédiat ;
  • un lobby particulièrement efficace a convaincu tous les peuples du monde entier qu’une auto est indispensable.

Partant, nombre de gens ont organisé leur vie autour de ce véhicule : habiter à la campagne, par exemple, implique d’avoir une auto. Ce phénomène est également observable en ce qui concerne le transport par poids lourds : imagine-t-on de travailler en flux tendu sans le recours au transport routier et aux messageries ?

Moi-même, par le passé, j’ai possédé et utilisé des autos. En dépit de leur caractère indéniablement pratique, le bilan de long terme me semble pourtant assez négatif : sur l’environnement, naturellement, mais également le bilan financier. Une auto est, dans un budget,  un puits sans fond. Par dessus le marché, c’est une source de soucis permanents : mécanique à entretenir (et crainte des pannes), problèmes de stationnement (et craintes pour l’état de la carrosserie), assurance, carburant etc.

Vivre sans auto semble être une gageure : à une époque où l’on ne semble pouvoir se passer d’auto, vivre en piéton intrigue et donne immanquablement une image d’homme préhistorique. Telle était la situation lorsque, en 2004, je me séparais de ma dernière voiture.

Il m’a fallu m’organiser, voir les choses autrement, envisager mon rapport aux déplacements sous un autre angle. Quand on a pris goût au transport individuel, utiliser les transports en commun paraît rustique et mal pratique. J’ai également découvert les joies de la location courte durée : des autos récentes, entretenues, propres et qui fonctionnent tout le temps. Que c’est confortable !

Le bilan est, de très loin, positif : mon budget s’est allégé, un grand nombre de soucis et de tracasseries m’ont abandonné et finalement la sérénité qui en résulte est plus qu’appréciable. La crise pétrolière que le Monde traverse actuellement renforce ces effets bénéfiques.

Si vous ne l’avez pas encore fait, il est temps d’étudier sérieusement un changement profond de mode de vie !

Progressisme, kezako ?

Progressisme ? Goût de l’avenir ? Comme dirait ce sympathique HPC, cela peut paraître insensé, voire relever de l’imposture… alors, de quoi parle-t-on ? 

Mon Petit Larousse édition 2000 donne du progressisme une définition lapidaire : 

Doctrine politique progressiste : qui a des idées politique, sociales avancées

Pour l’édition francophone de l’incontournable WikiPedia, le progressisme peut se définir comme suit : 

Le progressisme est la volonté d’instaurer un progrès social, des réformes, par opposition au conservatisme.

Une pensée est qualifiée de progressiste, par exemple, lorsqu’elle conçoit le présent comme un progrès par rapport à une époque passée jugée plus primaire, plus difficile, ou encore plus ignorante.

Pour l’excellent Trésor de la Langue Française informatisé, le progressisme est : 

– Doctrine ou attitude se fondant sur l’idée de progrès continu et ascendant de l’homme. Il est capital de mener simultanément le combat de l’adaptation et le combat de la fidélité. Le problème est d’éviter deux tendances également redoutables: l’une qui, en voulant sauver et conserver l’essentiel, conserve en même temps ce qui ne l’est pas et qui nous fait tomber dans le mauvais traditionalisme, dans l’intégrisme; l’autre qui, en voulant changer ce qui doit être changé, change aussi ce qui ne doit pas l’être et qui nous conduit au progressisme, au modernisme (J. DANIÉLOU, Et qui est mon prochain? Paris, Stock, 1974, pp.234-235).
– POL. Mouvement politique et religieux (des années 1945) se recrutant parmi les catholiques et cherchant à intégrer au christianisme certaines conceptions du marxisme communiste (d’apr. FOULQ.–ST–JEAN 1962). [Dans le sein du catholicisme] l’ascension du clergé indigène, la naissance du progressisme (…) divisent et inquiètent l’église romaine (Philos., Relig., 1957, p.44-7).
P. ext. Attitude des chrétiens ayant des idées politiques très avancées (d’apr. Foi t.1 1968). Le miracle de la multiplication des pains (…) voilà ce qu’est l’Église (…) c’est par ce côté qu’elle me tient. Que je me sens étranger, au fond, à la bataille du progressisme et de l’intégrisme! (MAURIAC, Bloc-Notes, 1957, p.307).
– MUS. ,,Toute forme de jazz qui tente de renouveler la manière d’improviser ou le style orchestral, sans craindre, parfois, de faire appel à des éléments étrangers à la tradition négro-américaine«  (TÉNOT 1967). Boris Vian écrivait: «Tous ceux qui enterrent le bop depuis dix ans, et le «progressisme» et le reste (…) ne se sont pas aperçus que toutes les recherches harmoniques des novateurs, et les recherches de sonorités, ont complètement imprégné ce qu’ils continuent à prendre pour du jazz «traditionnel» (…)» (L’Est Républicain, 14 octobre 1984, p.5, col. 1).

 

Voilà pour le progressisme. C’est un état d’esprit et une posture intellectuelle qui me plaît car avoir confiance dans l’avenir et parier sur le futur me semble être la seule attitude constructive. je refuse le conservatisme et le confort intellectuel de la bourgeoisie : cette posture n’a jamais fait avancer le Monde. 

Le goût de l’avenir, quant à lui, c’est, pour Max Weber, la définition de la politique. La politique c’est l’art et la manière de vivre ensemble. De partager et aussi de construire pour faire ensemble une société qui nous ressemble hic et nunc.

Pour chercher le progrès, je me nourris de connaissance. Je ne crois pas, en effet, que sur un sujet particulier, on puisse penser par soi-même sans, au préalable, étudier le sujet. On s’aperçoit alors de l’ampleur des connaissances, de la petitesse de son propre savoir et de la difficulté de construire une pensée nouvelle. Penser par soi même sans étude préalable, voilà l’imposture !

Non que je nie l’Histoire ou le passé sont à laisser dans l’ombre, au contraire, il faut la connaître et même l’étudier en détails. Mais il faut aussi parfois l’oublier et en faire table rase. Consciemment, volontairement, pour aller de l’avant et progresser. Pour progresser librement et en conscience. 

J’espère donc pouvoir porter sur le monde un regard de progrès et d’avenir. Un regard parfois détaché ou même narquois,  mais un regard qui se voudra intelligent et progressiste. Rien de moins mais on n’obtient pas de grande réalisations sans grandes ambitions.

Par ailleurs, a vie nous donne aussi nombre d’occasions de ressentir des émotions, de faire des expériences diverses et variées. En ce qui me concerne, cela concerne souvent la technologie, la gastronomie et autres sujets amusants et passionnants qui me donneront de la matière pour quelques sujets plus futiles et plus légers. 

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