François Druel, PhD

Étiquette : politique

La nation est une construction

Un sondage récemment paru dans Marianne indique qu’en cas de victoire du R-Haine aux présidentielles, 46 % des musulmans de France envisageraient un départ à l’étranger. 

Il faut voir dans ce sondage l’attachement de l’extrême droite à ce qu’ils appellent de manière fallacieuse « la vraie France » est en réalité une démarche « esthétique ».

Education populaire

Franck Lepage est un personnage atypique : après un parcours assez erratique il a quitté Paris et s’est engagé dans un mode de vie fait de plein d’alter quelque-chose… engagé dans une scop, il met au point les conférences gesticulées entre spectacle humoristique et conférence sérieuse. J’avoue que j’aime beaucoup ce principe que je pratique depuis des années à l’Istia.

Il est connu pour une série de conférences qu’il appelle Inculture(s). Au cours de ces spectacles il aborde de nombreux sujets et les traite avec maestria. C’est foisonnant et riche, une sorte de brouillon organisé, plutôt brillant, presqu’un cours.

On peut être d’accord, ou pas, avec ses prises de positions. Il n’en reste pas moins que quand on prend le temps de les regarder, ces conférences sont d’une grande richesse et on apprend beaucoup.

On apprend en particulier ce qu’est l’éducation populaire et on découvre alors que nous devrions tous prendre le temps de poursuivre notre formation et en particulier notre formation politique au sens propre du terme, pour apprendre à vivre en société.

Je vous conseille de prendre le temps de regarder et même d’étudier ces conférences.

Un jour, moi aussi, je ferai de l’éducation populaire !

Inculture(s), sur la culture

Sans doute la meilleure des conférences

Inculture(s), sur l’éducation

Un peu touffu mais plein de bon sens

Inculture(s), faim de pétrole

Sur l’écologie

Inculture(s), le travail

Sur le travail

Inculture(s), l’eau ça chie

Sur l’écologie

Inculture(s), le management

Sur l’entreprise, par deux intervenantes de la Scop fondée par Franck Lepage

Bruqa, tolérance et construction

Encore ! Encore une fois on pointe du doigt nos concitoyens musulmans. Après l’interdiction des signes religieux extérieurs à l’école (ce qui peut se comprendre) l’Assemblée Nationale vient de créer une mission d’information sur le port de la burqa et du niqab. Bien que la mission paraisse ouverte, elle porte, à n’en pas douter, la réponse dans la question qu’elle pose : encore une fois on ne va pas chercher à construire une société consensuelle mais forcer, presqu’au forceps, nos concitoyens musulmans à s’intégrer à la société française.

Certains évoquent, une fois encore, la sacro-sainte laïcité pour justifier une telle interdiction. Or, c’est très dangereux car, faut-il le rappeler, dans son article 1, la loi de 1905 dispose que : La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes. C’est un principe sur lequel on ne saurait revenir.

Alors, évidemment, vient au grand galop une autre justification : l’ordre public et les bonnes moeurs, qui est un autre principe régalien fondamental (affirmé dès l’article 6 du Code Civil). La burqa doit être interdite parce qu’elle ne permet pas (entre autre) la vérification d’identité à tout moment. Par exemple lorsqu’une maman vient chercher un enfant à l’école. C’est tordu mais c’est fondé.

Et nous voilà au coeur du sujet : une position à trouver entre une légitime volonté de pratiquer librement un culte et l’obligation régalienne de respecter l’ordre public et les bonnes moeurs.

Demander à nos concitoyens musulmans de s’intégrer revient en fait à renier leurs racines aux profit de celles, judéo-chrétiennes, qui sont celles de la France depuis 2000 ans et qui sont devenues consubstantielles de notre société. Je ne pense pas que cette position soit tenable : l’organisation d’un pays se doit d’être le reflet de la nation qui la compose. Et aujourd’hui, contrairement à ce qui était le cas depuis des années (et à tout le moins depuis la période révolutionnaire), la France n’est plus une société culturellement homogène.

Ce qu’il s’agit donc de faire ce n’est pas de stigmatiser, une fois encore, nos concitoyens musulmans et de chercher des moyens de les intégrer à toute force à un modèle devenu obsolète. Au contraire, cette mission parlementaire est une occasion de chercher à construire ensemble un consensus permettant à tous les français, de toute race et de toute religion, de vivre en harmonie. Tous libres, de pratiquer sa religion, tous égaux devant la loi en nous reconnaissant tous comme des frères.

Laissons aux parlementaires le bénéfice du doute, mais je crains qu’une fois de plus cette mission aboutisse à une nouvelle humiliation.

Wall•E

Naturellement, je ne pouvais pas louper Wall•E ! Évidemment, il fallait aller le voir le jour de la sortie, c’est plus sport. C’est une création remarquable. Techniquement très abouti, ce film d’animation est étonnant à plus d’un titre. Cette belle histoire très poétique est en effet assez surprenante car elle n’est pas dans la ligne éditoriale habituelle des longs métrages de Pixar et assez éloignée des thématiques habituelles de Disney. Bref, Wall•E est un mystère et certainement un événement important dans l’histoire de Disney-Pixar (puisque depuis quelques temps, l’une est la maison mère de l’autre).

Il ne s’agit pas d’un film pour enfants, comme souvent avec les dessins animés de Disney, mais indéniablement d’une création qui s’adresse aux adultes. De plus, par les thématiques abordées, c’est indéniablement un film à message : Wall-E fait l’apanage d’un écologisme de bon aloi et se permet de critiquer un peu le consumérisme (quoique réelle, la critique est douce : Disney vit de la société de consommation). Le message, cependant est plein d’espoir et la morale reste assez simplette (c’est un film américain grand public, quoi).

Ce qui m’a amusé, c’est que le film est plein de références culturelles. Bien que souvent sous-jacentes ou évoquées, le film fait allusion (entre autres) : à 1984 de G. Orwell (un homme, le Capitaine McCrea se rebelle contre « le système » imposé par les robots ), à E.T. de G. Lucas (Wall•E a des traits communs avec E.T.), aux space operas télévisés Star Trek et Cosmos 1999 (les humains quittent la Terre à la suite d’un « dérèglement majeur »), au Macintosh (une fois rechargé, Wall•E émet un son qui est en fait le son émis par les Macintosh lors du démarrage), à la publicité de lancement du premier Macintosh (le Capitaine McCrea « détruit » le pilote automatique d’Axiom… un peu à la manière de l’actrice de la publicité jetant un marteau dans Big Brother), à 2001 Odysée de l’espace de S. Kubrick (musique au moment ou le Capitaine McCrea se relève), à la Bible, en particulier à l’Apocalypse de Saint Jean (le cycle est de 700 ans et pas 1000 ans, mais des maux se sont abattus sur la Terre et un personnage venu d’ailleurs vient en sauveur) et au livre de la Genèse (les humains viennent sur la Terre pour « croître et muliplier »).

Les humains ont quitté la Terre il y a 700 ans. Cela n’est pas dû au hasard : en effet, en numérologie, le 7 est le symbole du renouveau, de l’âme humaine et de la fécondation. Le 0 peut être le symbole du rien, de l’intemporalité et aussi de la perfection divine.

J’avais rédigé ce paragraphe dans la page que WikiPedia consacre à Wall•E, mais un(e?) utilisateur inconnu(e?) m’a censuré… au motif que mon paragraphe manquait de sources. C’est un comble, alors que toutes ces références sont des vérités d’évidence quand on a ne serait-ce qu’une once de culture générale. 

C’est marrant, comme Wikipedia évolue depuis que j’en avais étudié le fonctionnement il y a maintenant trois ans. On y trouve aujourd’hui des ayatollahs qui, au nom d’on ne sait quelle philosophie libertaire, sont en train de faire d’un des projets les plus géniaux du web une infâme dictature du grand n’importe quoi. 

O tempora, O mores !

Auto-censure

Depuis des années (à vrai dire depuis une discussion avec JN alors qu’il travaillait encore chez Cofica), je suis persuadé que posséder une auto est la pire des choses à faire. L’idéal est de se passer de ce véhicule, la location (ponctuelle, de durée longue ou courte) constituant une solution optimale.

Pourtant, cette industrie a généré une éco-système auto-entretenu et qui perdure car il me semble très pernicieux.

  • Ses symboliques multiples en font un objet de désir ;
  • bien que connu comme polluant, on ne voit pas la pollution dans l’immédiat ;
  • un lobby particulièrement efficace a convaincu tous les peuples du monde entier qu’une auto est indispensable.

Partant, nombre de gens ont organisé leur vie autour de ce véhicule : habiter à la campagne, par exemple, implique d’avoir une auto. Ce phénomène est également observable en ce qui concerne le transport par poids lourds : imagine-t-on de travailler en flux tendu sans le recours au transport routier et aux messageries ?

Moi-même, par le passé, j’ai possédé et utilisé des autos. En dépit de leur caractère indéniablement pratique, le bilan de long terme me semble pourtant assez négatif : sur l’environnement, naturellement, mais également le bilan financier. Une auto est, dans un budget,  un puits sans fond. Par dessus le marché, c’est une source de soucis permanents : mécanique à entretenir (et crainte des pannes), problèmes de stationnement (et craintes pour l’état de la carrosserie), assurance, carburant etc.

Vivre sans auto semble être une gageure : à une époque où l’on ne semble pouvoir se passer d’auto, vivre en piéton intrigue et donne immanquablement une image d’homme préhistorique. Telle était la situation lorsque, en 2004, je me séparais de ma dernière voiture.

Il m’a fallu m’organiser, voir les choses autrement, envisager mon rapport aux déplacements sous un autre angle. Quand on a pris goût au transport individuel, utiliser les transports en commun paraît rustique et mal pratique. J’ai également découvert les joies de la location courte durée : des autos récentes, entretenues, propres et qui fonctionnent tout le temps. Que c’est confortable !

Le bilan est, de très loin, positif : mon budget s’est allégé, un grand nombre de soucis et de tracasseries m’ont abandonné et finalement la sérénité qui en résulte est plus qu’appréciable. La crise pétrolière que le Monde traverse actuellement renforce ces effets bénéfiques.

Si vous ne l’avez pas encore fait, il est temps d’étudier sérieusement un changement profond de mode de vie !

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