Le goût de l'avenir

François Druel, PhD

Un repas gastronomique au gout amer

Il y a quelques jours, l’Unesco a classé le repas gastronomique des Français au patrimoine immatériel de l’humanité.

Dans les médias, toute une France attachée à ses traditions en a fait des gorges chaudes, vantant la reconnaissance d’un art de vivre bien de chez nous. Toutes ces cohortes d’imbéciles heureux qui sont nés quelques part ne se sont pas aperçu que ce classement est d’un racisme incroyable ! Une petite exégèse vous montrera l’énormité de la chose.

Le repas gastronomique des Français est une pratique sociale coutumière destinée à célébrer les moments de la vie des individus et des groupes, tels que naissances, mariages, anniversaires, succès et retrouvailles.

Jusque là rien à dire. Cette définition pourrait s’appliquer à tous les pays du Monde : se retrouver entre potes pour un bon repas, c’est universel : chinois, indiens, rwandais, américains, russes… tous les peuples du monde se retrouvent autour de repas conviviaux.

Un point retient mon attention : on parle du repas des Français. Il s’agit donc du repas de tous les citoyens de la République. Des citoyens d’aujourd’hui, naturellement, c’est à dire des gens de nationalité française, indépendamment de la façon dont s’est faite l’acquisition de la nationalité. Pourrait-il en être autrement ? Vous allez voir que ce point est crucial. Continuons…

Il s’agit d’un repas festif dont les convives pratiquent, pour cette occasion, l’art du « bien manger » et du « bien boire ».

Ici commencent mes interrogations : l’adjectif bien, employé deux fois en tant qu’adjectif, s’entend (d’après le TLIF du moins) comme devant : correspondre exactement à certains critères d’appréciation. Parfait, on va donc définir non seulement comment manger mais également comment boire.

Le paragraphe suivant est encore une fois un parfait exemple de verbiage ronflant et politiquement correct. Je vous laisse apprécier : Le repas gastronomique met l’accent sur le fait d’être bien ensemble, le plaisir du goût, l’harmonie entre l’être humain et les productions de la nature. Parmi ses composantes importantes figurent : le choix attentif des mets parmi un corpus de recettes qui ne cesse de s’enrichir ; l’achat de bons produits, de préférence locaux, dont les saveurs s’accordent bien ensemble ; le mariage entre mets et vins ; la décoration de la table ; et une gestuelle spécifique pendant la dégustation (humer et goûter ce qui est servi à table).

Qui oserait affirmer le contraire ! Peut-on imaginer un bon repas dans lequel on serait mal ensemble ? Pour lequel on choisirait de mauvais ingrédients ? Un corpus de recettes du passé ? Un repas au cours duquel on mangerait avec une pince à linge sur le nez ?

De plus, je ne vois pas ce que ce rituel a de spécifiquement français. J’ai mangé en Grande Bretagne d’excellents fish & chips accompagnés de non moins excellentes bières bitter… Au Cameroun j’ai même pu gouter des chenilles de qualité, choisies avec soin (c’est très cher) et cuisinées à la vapeur avec la plus grande attention…

Le repas gastronomique met l’accent sur (…) l’accord entre les mets et les vins ! ! ! !

Ici commencent les vrais problèmes : un repas sans vin peut-il être gastronomique ? Un Français ne buvant pas de vin (un alcoolique en rémission par exemple ou un sportif ou un diabétique, etc.) sera-t-il un exclu de la gastronomie ? Encore plus grave : un conducteur s’abstenant de boire afin de rentrer chez lui en auto après le repas est-il exclu de la gastronomie ?

Le repas gastronomique doit respecter un schéma bien arrêté : il commence par un apéritif et se termine par un digestif

Le festival continue : le soi-disant repas des Français est réservé aux Français qui boivent non seulement du vin pendant le repas mais également avant et même après ! Remarquez, je suis mauvaise langue : on peut tout à fait prendre un jus de tomates en apéritif et une tisane en digestif. Arrêtons de persifler et continuons…

avec entre les deux au moins quatre plats, à savoir une entrée, du poisson et/ou de la viande avec des légumes, du fromage et un dessert.

Commençons par un point de grammaire : la formulationet/ou n’est pas française ! un simple ou serait suffisant, puisque ce terme est inclusif.

Le repas gastronomique des Français c’est à dire de, je le rappelle, de tous les citoyens de la République, exclut de facto les Français végétariens ou végétaliens et intolérants aux produits laitiers, voire certains malades cardiaques au régime sans sel…. Notons que si le fromage est obligatoire pour faire un repas gastronomique, le pain, lui ne l’est pas.

Cet oubli est incompréhensible. En effet, le pain qu’on fait en France est très spécifique à notre gastronomie : sa recette est assez unique et notre usage du pain est lui aussi assez spécifique. Les français mangent du pain, c’est bien connu… mais apparemment les gastronomes s’en passent ! Les boulangers vont apprécier la plaisanterie…

Le repas gastronomique est donc le fameux entrée-plat-dessert accompagné de fromage. J’aimerais savoir ce que ce repas a de spécifiquement français ? J’ai pu faire ce genre de repas aux Pays-Bas où on trouve, comme chacun sait, d’excellents fromages.

Continuons la lecture…

Des personnes reconnues comme étant des gastronomes, qui possèdent une connaissance approfondie de la tradition et en préservent la mémoire, veillent à la pratique vivante des rites et contribuent ainsi à leur transmission orale et/ou écrite, aux jeunes générations en particulier. Le repas gastronomique resserre le cercle familial et amical et, plus généralement, renforce les liens sociaux.

Ici se pose un problème de définition : puis-je être reconnu comme gastronome parce-ce que mon pote Robert trouve que je m’y connais ? Une mère de famille apprenant la cuisine à ses enfants sera-t-elle reconnue comme gastronome ? Cette définition me semble plus tenir de la confrérie bacchique que d’une démarche scientifique ou normative…

Encore une fois on enfonce des portes ouvertes avec un ton digne du plus grand politiquement correct.

Ceci dit, la notion de tradition me fait toujours rire. Cela va, de plus, me donner l’occasion de démontrer le manque de rigueur dans la démarche et les formulations proposées. Amusons-nous donc un peu.

D’après la définition du TLIF, la tradition c’est l’Action, façon de transmettre un savoir, abstrait ou concret, de génération en génération par la parole, par l’écrit ou par l’exemple

Considérons donc deux recettes et passons-les au crible arrêté par l’Unesco pour savoir si elles peuvent entrer dans le repas gastronomique des Français. Je vous propose la soupe de truffes noires « VGE » (recette de Paul Bocuse (qu’on trouvera dans La cusine du marché, le best seller du chef) et le couscous — deux plats que j’adore.

Intuitivement, personne ne mettra le couscous dans les recettes traditionnelles du repas des Français… maintenant tapotons-nous le menton…

La soupe aux truffes noires « VGE » a été créée par Bocuse en…1975, c’est à dire il y a exactement 35 ans. Du couscous, en revanche, les Français en mangent depuis plus de 150 ans…

Les sociologues reconnaissent qu’une génération c’est environ 25 ans (le temps nécessaire à une classe d’âge d’arriver à l’âge adulte) . La soupe aux truffes n’a même pas deux générations ! Elle est bien trop jeune pour être devenue traditionnelle en si peu de temps ! Ou alors il faudra qu’on m’explique par quel miracle la gastronomie peut établir des traditions en une seule génération…

Donc dans notre match, sur le critère tradition ça nous donne Bocuse 0 et couscous 1.

Histoire de continuer à rire, j’enfonce le clou : le patrimoine c’est (toujours d’après le TLIF) l’ensemble des biens hérités des ascendants ou réunis et conservés pour être transmis aux descendants. J’ai cherché un peu et je n’ai pas encore trouvé de parent ayant transmis la recette de la soupe de truffes noires « VGE » à leurs enfants. La recette du couscous, en revanche se transmet entre parents et enfants dans un grand nombre de familles.

Donc dans notre match, sur le critère patrimoine ça nous donne Bocuse 0 et couscous 1.

Résultat : la soupe de truffes noires « VGE » n’est ni traditionnelle ni patrimoniale. Vive le couscous !

Je vous propose donc un menu pour faire un repas gastronomique des français en respectant à la lettre la définition de l’Unesco :

– Apéritif — chlita — couscous — fromage — baklawa — vin (pour ceux des convives qui en boivent… Un Madiran ou un Chateauneuf du Pape, par exemple) — digestif (un café ou un thé ou pourquoi pas un Armagnac, pour ceux qui boivent de l’alcool).

Nos concitoyens végétaliens et végétariens seront exclus de ce repas (car la viande et les légumes ont cuit ensemble). Nos concitoyens au régime sans sel seront également exclus (car le fromage, c’est salé)…

On pourrait refaire le même exercice avec des dizaines d’autres recettes soi-disant gastronomiques et qui, du point de vue de la définition retenue par l’Unesco, ne le sont pas. Voici quelques idées de matches : escalope de saumon à l’oseille de Troigros (créée par les fr. Troigros il y a moins de 50 ans) contre Paëlla (que la France a découverte avec la vague d’immigration espagnole dans les années d’avant-guerre, c’est à dire il y a presque 80 ans), loup au varech de Michel Guérard (un classique de la nouvelle cuisine des années 1970) contre choucroute ou galette-saucisse… la liste est longue comme un jour sans pain (qui, rappelons-le n’est pas au patrimoine, alors que le pain qu’on fabrique en France est très spécifique ; au contraire du repas comme je viens de le démontrer).

Arrêtons-là ! le soi-disant repas gastronomique des français n’a rien de patrimonial. Oublions vite cette erreur de casting, qui pourrait bien réveiller des communautarismes !

On pourrait imaginer qu’en cherchant à figer ainsi un patrimoine certains lobbies aient cherché à poser un jalon permettant de juger le degré d’intégration de certains Français. Ce serait idiot car ce serait ignorer qu’on a son identité devant soi et que l’identité nationale se doit d’être le fruit d’un consensus.

D’ailleurs on pourrait s’amuser avec certains produits industriels car, c’est bien connu, les industriels mettent un point d’honneur à utiliser des bons produits. Chacun pourra les humer et les gouter avec plaisir. Proposons donc un repas gastronomique à base de produits de qualité, provenant majoritairement de France et choisis par des industriels responsables :

Saucisson Cochonou- cassoulet William Saurin – fromage Caprice des dieux — Danette — Cellier des Dauphins (pour les français qui boivent du vin)

J’ajoute que pour accompagner ce repas gastronomique on pourrait servir des biscottes Heudebert. Mais cela n’est pas nécessaire puisque le pain n’entre pas dans un repas gastronomique !

Ce repas gastronomique est encore plus raciste que le précédent puisque nos concitoyens qui respectent les préceptes al-hal et casher n’auront pas leur place à la table commune.

N’en jetons plus ! Ce repas gastronomique couvre notre pays de ridicule. On fait des repas gastronomiques dans tous les pays du Monde… en France, certains imbéciles heureux qui sont nés quelques part me donnent honte.

Tout ce qu’il reste à espérer c’est que cette affaire passe très vite aux oubliettes des faits divers idiots.

Excusez-moi, je vais vomir, j’ai une indigestion !

Déni de démocratie

En politique, la mi-mandat est une étape importante : pour un élu, les grandes lignes sont dessinées et c’est le moment où on peut esquisser les pistes d’un éventuel mandat suivant. Parallèlement, pour les électeurs, cette étape est également celle d’un premier bilan. Les espoirs placés dans l’élu ont-ils été satisfaits ? Que peut-on envisager pour la prochaine échéance ?

Dans certains pays, les USA notamment, la mi-mandat du président de la république correspond à la fin de mandat de tout ou partie des parlementaires. Cela donne au peuple l’occasion de valider ou de sanctionner la politique présidentielle. On assiste généralement à ce que les américains nomment un mouvement de balancier, comme les élections récentes l’ont montré : une politique présidentielle jugée décevante est sanctionnée par un changement de majorité parlementaire.

Cette pratique permet l’expression démocratique et favorise la tempérance, vertu démocratique s’il en est. C’est également un facteur de consistance, une réforme en profondeur ne pouvant se faire sans validation populaire.

Ainsi, dans un régime de type présidentiel, la possibilité d’un mouvement de balancier apparaît-elle comme un garant de démocratie.

La Cinquième République on le sait est un régime de type présidentiel. Cette caractéristique qui était alors nouvelle pour notre pays a fait couler beaucoup d’encre en 1958 et en 1962 quand il s’est agit de faire élire le président de la république au suffrage universel direct. Le président étant élu pour sept ans et les députés pour cinq, le cap des « 2/3 » de mandat présidentiel était une étape importante, qui permettait de renouveler la confiance placée dans le président de la république au moment de son élection.

Par trois fois (1986-88, 1993-95 et 1997-2002) ce vote de confiance n’a pas été accordé au président de la république et la France a pratiqué la cohabitation, ce qui avait la particularité d’atténuer le caractère présidentiel du régime.

Cependant à l’issue de la troisième cohabitation, une réforme constitutionnelle fut effectuée : d’une part le mandat présidentiel fut réduit à 5 ans (ce qui fit correspondre son terme avec celui des députés). D’autre part, il a été décidé que l’ordre des élections présidentielles et législatives serait inversé : les législatives ayant lieu après les présidentielles.

Ainsi, la Cinquième République de 2010 n’a-t-elle plus grand chose à voir avec celle de 1958 : à quelques semaines d’écart, le peuple élit un président de la république et un parlement qui souvent, profitant d’une même dynamique sont élus à l’unisson, le président pouvant s’appuyer sur une chambre de son camp politique.

Ce que la réforme constitutionnelle change — c’était d’ailleurs l’effet recherché — c’est que cet attelage de l’exécutif et du législatif va tenir toute la législature sans possibilité de remise en question.

La législature actuelle est la première à expérimenter ce nouveau mode de fonctionnement et le moins qu’on puisse dire c’est que cela est loin d’être satisfaisant et pour trois raisons :

D’une part cela a tendance à fonctionnariser les membres du gouvernement. Nommés en début de mandature, les membres du gouvernement n’ont pas à s’inquiéter de ce qui pourrait leur arriver. Ils s’installent dans leurs postes et cherchent à s’y accrocher tels des berniques à leur rocher. Ce n’est plus d’un gouvernement composé d’hommes et de femmes politiques qu’il s’agit mais d’une sorte de conseil d’administration et le spectacle qu’il donne n’a rien de réjouissant : mesquineries en tous genres et l’impression d’une sorte d’impunité : quoi qu’ils fassent les ministres ne seront pas remis en question. En matière de gouvernement la longévité n’est pas nécessairement une qualité !

D’autre part cela transforme le mandat en blanc-sein. Une fois les élections passées, l’exécutif et le législatif ont les mains libres pour mettre en oeuvre la politique de leur choix en ayant une assurance absolue sur la durée : pendant 5 ans tout sera possible et aucune remise en question ne viendra ou troubler ou infléchir l’action gouvernementale. Depuis 2007, nous en avons déjà fait l’expérience, notamment lors des régionales : en dépit d’un revers cuisant pour la majorité parlementaire, elle n’en a tiré aucune conclusion, mis à part un remaniement qui n’était rien d’autre qu’une sorte de tric-trac assez désagréable.

Enfin, et surtout, cela déphase le gouvernement et le peuple : la réforme met le peuple,face à une sorte de « tunnel » politique. Aucun moyen de sanctionner l’action gouvernementale. On en prend pour 5 ans ! Quand le vin est tiré on le boit… jusqu’à la lie ! Ce dernier effet désastreux est renforcé par le fait que l’exercice du pouvoir pratiqué par le président de la république est particulièrement sourd aux coups de semonce populaires. Le récent mouvement anti-réforme des retraites l’a montré avec une acuité confondante par sept fois plusieurs millions de citoyens sont descendus dans la rue dans l’indifférence la plus totale de la part de l’Elysée. En 1995 il n’en avait pas fallu tant pour Jacques Chirac en tire la seule conclusion qui s’imposait du point de vue démocratique : la dissolution du parlement.

Ce nouveau mode de fonctionnement est un déni de démocratie ! Il faut remettre l’ouvrage sur le métier et chercher une voie permettant une expression démocratique saine et dynamique

Fée électricité ?

Comme chacun sait, je suis un grand fan de la Smart. J’ai été le conducteur de la première Smart jaune de paris, un modèle Smart & Pure qui m’a donné beaucoup de satisfaction.

Depuis que je m’en suis séparé, je continue à penser que c’est une auto parfaite : passe-partout, bien conçue, bien finie, la Smart est l’idéal dans Paris et en Ile de France. Avouez qu’elle avait de l’allure, non ? Revendue en 2000 pour cause de déplacements plus longs, j’ai toujours imaginé d’en avoir une nouvelle mais l’occasion ne s’est pas encore présentée. C’est presque dommage parce que les nouveaux modèles sont très tentants. Le petit coup d’oeil jeté au salon de l’auto m’a confirmé non seulement que la Smart reste à mes yeux une excellente auto mais ses concurrentes potentielles ne me semblent pas lui arriver à la cheville : la Toyota iQ et ses soi-disant quatre place est une arnaque et les citadines ne sont ni aussi pratiques ni aussi attirantes…

A l’occasion du salon, Smart propose d’essayer la nouveauté de l’année : la Smart Electric Drive. Il suffit de s’inscrire sur le le site dédié pour l’essayer pendant l’après-midi. C’est ce que j’ai fait cette après-midi. Coup de chance il faisait beau et c’est sous le soleil que j’ai pris le volant d’une Smart Electric Drive.

Extérieurement, rien ne différencie la Smart électrique de sa cousine thermique (si ce n’est les autocollants). Intérieurement c’est une Smart & Pulse tout à fait normale. Avant de prendre le volant, la charmante blonde qui m’accompagnait a parfaitement théatralisé le débranchement de la prise de courant. En effet, en stationnement la Smart « ED » est reliée par un cordon ombilical à une borne spécialement montée pour l’occasion… et qui reconnaissons-le ne court pas les rues à Paris.

Vient alors le moment de mettre le contact. Ce qui marque c’est l’absence totale de bruit. On passe le sélecteur de la boite de vitesse sur drive, on enlève le frein… et roule ma poule !

Deux choses sont frappantes dès les premiers tours de roues : le silence total est très agréable dans l’habitacle mais demande à prêter une grande attention car les passants ne l’entendent pas non plus et il faut y regarder à deux fois car les piétions sont surpris. La deuxième chose qui frappe c’est l’absence… de boite de vitesse : ceux qui connaissent la Smart savent qu’en mode automatique sa boite robotisée a tendance à marquer chaque passage de rapport d’un coup qui se ressent dans les reins. Sur la version électrique on a l’impression d’accélérer comme avec une mobylette ! Sans à-coups et en continu. C’est assez amusant mais au bout de 2 minutes, le pli est pris et on s’habitue à ce confort.

Côté performances, rien à redire ni rien à envier à ses petites soeurs thermiques. Le freinage demande à être appuyé car il n’y a aucun frein moteur. L’auto est vive et s’engage parfaitement dans la circulation.

Que du bonheur ? On pourrait croire que oui car cette Smart verte et peu couteuse a tout pour plaire, si ce n’était, justement, sa propulsion électrique qui grève son autonomie : 135 km c’est à dire qu’on ne peut pas s’éloigner de Paris de plus de 50 km (donc impossible d’aller à Compiègne et retour sans au moins 2 heures de charge)… la panne d’électricité doit arriver assez vite ! Autre petit détail qui a son importance : la propulsion électrique impose un emplacement de stationnement doté d’un dispositif de rechargement (borne ou prise munie de la terre)… et cela ne court pas les rues. Enfin, si cette Smart ne demande aucun entretien (exit les révisions !), la gestion de sa fin de vie risque d’être coton (car il faudra bien trouver à recycler les batteries). Y aura-t-il un marché de l’occasion ? Difficile à dire…

Bref, cet essai m’aura permis de confirmer (s’il en était besoin) mon attrait pour la Smart. Je reste très sceptique quant à la propulsion électrique qui risque bien d’apporter plus d’inconvénients que d’avantages…

Si j’ai besoin d’une auto, je reprendrai une Smart… thermique, sans doute

‘auto fait salon

On ne dirait pas comme ça, mais le salon de l’auto est un vieux monsieur : créé en 1901 le salon qui se tient à Paris toutes les années paires est un rendez-vous incontournable pour les marques qui en profitent toujours pour lancer des nouveauté, présenter des concepts nouveaux…

Sans être un grand fan de voitures, j’aime bien y aller car c’est un excellent observatoire sociologique. L’automobile en effet, comme le sport, est une passion populaire qui transcende la société et qui rassemble des amateurs de tous horizons : jeunes et vieux, urbains et ruraux, hommes et femmes, ouvrier et patrons… quand on est passionné (ou simplement intéressé) par l’automobile, on trouve un plaisir partagé. Un père de famille possesseur de Kangoo rêvera d’un espace, un vieux monsieur à l’air très comme il faut qui roule en berline rêvera de voiture de sport ou d’une confortable limousine. A chacune de mes visites je me délecte de voir cette passion partagée. On rêve de chromes rutilants, de moteurs puissants, de confort… et dans les bouchons du matin, on s’en souvient au volant de sa Twingo d’occasion !

Que faut-il retenir de cette édition ? Cette année trois points m’ont marqué et je dois avouer que j’en suis ressorti avec une impression assez désagréable.:

Malgré la crise, l’engouement est toujours le même : ah, si on avait un peu d’argent de côté, on changerait bien de voiture. Surtout que les voitures d’aujourd’hui sont de véritables concentrés de technologie. Non seulement les autos deviennent de vrais ordinateurs sur roulettes mais surtout les industriels savent déployer des trésors de design et d’ergonomie pour rendre tout cela d’une facilité déconcertante ;

Corollaire de la crise, j’ai trouvé les vendeurs plutôt agressifs : on ne peut pas se poser une question sans se retrouver assis derrière un bureau et voir se jouer devant soi un théatre de vente usé jusqu’à la corde, fait de propositions mirifiques, de numéro de bonneteau qui sonnent faux (ah, non, c’est pas possible, mais attendez, comme c’est le salon, je vais demander à mon chef….) et d’offres spéciales valables uniquement pendant salon… Franchement, à l’heure du web 2.0 tous ces numéros de claquettes d’un autre âge… les costumes de sont de Zara et les calculettes de Casio ! Franchement, je me suis amusé comme à la Michodière !

Enfin, à l’heure de l’écologite aigüe les constructeurs s’acharnent à donner bonne conscience à leurs clients. Dans un vaste mouvement général tous les constructeurs ne parlent plus que de Zéro émissions, de moteurs propres et autres fadaises. Hey, les gars, une auto ça pollue, c’est tout ! Quand on veut protéger l’environnement on utilise pas d’auto…

Le pompon de l’année revient à Mercedes. Intrigué par le label Blue Efficency (efficacité bleue… c’est tout de suite moins sexy en français), j’ai appris qu’il s’agissait d’une démarche environnementale qui prend en compte tout le cycle de vie du produit et que, pour les moteurs, on cherchait à protéger l’environnement. Le brave étudiant recruté pour l’occasion et dont la formation n’a certainement pas dépassé 1/2 heure m’a ainsi démontré avec sérieux que chez Mercedes on produisait un moteur Blue Efficency de 8 cylindres et de 3,6 L. quand même beaucoup moins polluants que s’il avait s’agit d’un moteur de 12 cylindres. En entendant de telles foutaises, je me suis quand même dit que les marketeurs avaient l’art de prendre les gens pour des imbéciles ! Dommage car Mercedes produit de très bonnes autos.

Bref, je ne sais toujours pas si je vais acheter à nouveau une voiture… une Smart peut-être car de tous les constructeurs c’est encore un de ceux qui prennent le moins ses clients pour des jambons : une Smart, ça pollue, mais c’est malin et bien fait… mais surtout les vendeurs ont compris qu’il ne faut pas brusquer le client…

Des hommes, des dieux et des questions…

Depuis sa sortie, Des hommes des dieux crée un succès assez inattendu, qui a surpris les analystes. C’est dans une salle comble que j’ai eu du mal à trouver une place au milieu d’une foule surprenante et bourgeoise, aux cheveux majoritairement gris. Ma surprise est grande.

Le réalisateur est assez peu connu, la production à l’image du scénario, minimaliste. Les acteurs, cependant, savent donner du corps à ce film qui ne traine pas en longueur. On pourrait penser que la vie monastique est plate et toute en longueur ; mais non : les silences parlent, la lenteur est palpitante. La vie conventuelle est crédible.

Reste le regard à porter sur ces occidentaux enracinés et presqu’inculturés dans une ancienne colonie ; ces catholiques en pays musulmans : que font-ils là ? Quel est le sens de cette présence ? Que faut-il en penser ? En retenir ? J’avoue que j’hésite. Naturellement, ils ne font de mal à personne, au contraire ; mais ne sont-ils pas, en même temps, une provocation permanente ?

Dans une période secouée faut-il rester ? Voilà la question que posent collectivement les cisterciens de Tibhirine.

Je ne suis pas certain qu’il faille chercher des réponses ; et c’est certainement là la force de ce film…

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