On ne dirait pas comme ça, mais le salon de l’auto est un vieux monsieur : créé en 1901 le salon qui se tient à Paris toutes les années paires est un rendez-vous incontournable pour les marques qui en profitent toujours pour lancer des nouveauté, présenter des concepts nouveaux…

Sans être un grand fan de voitures, j’aime bien y aller car c’est un excellent observatoire sociologique. L’automobile en effet, comme le sport, est une passion populaire qui transcende la société et qui rassemble des amateurs de tous horizons : jeunes et vieux, urbains et ruraux, hommes et femmes, ouvrier et patrons… quand on est passionné (ou simplement intéressé) par l’automobile, on trouve un plaisir partagé. Un père de famille possesseur de Kangoo rêvera d’un espace, un vieux monsieur à l’air très comme il faut qui roule en berline rêvera de voiture de sport ou d’une confortable limousine. A chacune de mes visites je me délecte de voir cette passion partagée. On rêve de chromes rutilants, de moteurs puissants, de confort… et dans les bouchons du matin, on s’en souvient au volant de sa Twingo d’occasion !

Que faut-il retenir de cette édition ? Cette année trois points m’ont marqué et je dois avouer que j’en suis ressorti avec une impression assez désagréable.:

Malgré la crise, l’engouement est toujours le même : ah, si on avait un peu d’argent de côté, on changerait bien de voiture. Surtout que les voitures d’aujourd’hui sont de véritables concentrés de technologie. Non seulement les autos deviennent de vrais ordinateurs sur roulettes mais surtout les industriels savent déployer des trésors de design et d’ergonomie pour rendre tout cela d’une facilité déconcertante ;

Corollaire de la crise, j’ai trouvé les vendeurs plutôt agressifs : on ne peut pas se poser une question sans se retrouver assis derrière un bureau et voir se jouer devant soi un théatre de vente usé jusqu’à la corde, fait de propositions mirifiques, de numéro de bonneteau qui sonnent faux (ah, non, c’est pas possible, mais attendez, comme c’est le salon, je vais demander à mon chef….) et d’offres spéciales valables uniquement pendant salon… Franchement, à l’heure du web 2.0 tous ces numéros de claquettes d’un autre âge… les costumes de sont de Zara et les calculettes de Casio ! Franchement, je me suis amusé comme à la Michodière !

Enfin, à l’heure de l’écologite aigüe les constructeurs s’acharnent à donner bonne conscience à leurs clients. Dans un vaste mouvement général tous les constructeurs ne parlent plus que de Zéro émissions, de moteurs propres et autres fadaises. Hey, les gars, une auto ça pollue, c’est tout ! Quand on veut protéger l’environnement on utilise pas d’auto…

Le pompon de l’année revient à Mercedes. Intrigué par le label Blue Efficency (efficacité bleue… c’est tout de suite moins sexy en français), j’ai appris qu’il s’agissait d’une démarche environnementale qui prend en compte tout le cycle de vie du produit et que, pour les moteurs, on cherchait à protéger l’environnement. Le brave étudiant recruté pour l’occasion et dont la formation n’a certainement pas dépassé 1/2 heure m’a ainsi démontré avec sérieux que chez Mercedes on produisait un moteur Blue Efficency de 8 cylindres et de 3,6 L. quand même beaucoup moins polluants que s’il avait s’agit d’un moteur de 12 cylindres. En entendant de telles foutaises, je me suis quand même dit que les marketeurs avaient l’art de prendre les gens pour des imbéciles ! Dommage car Mercedes produit de très bonnes autos.

Bref, je ne sais toujours pas si je vais acheter à nouveau une voiture… une Smart peut-être car de tous les constructeurs c’est encore un de ceux qui prennent le moins ses clients pour des jambons : une Smart, ça pollue, mais c’est malin et bien fait… mais surtout les vendeurs ont compris qu’il ne faut pas brusquer le client…