François Druel, PhD

Catégorie : Politique Page 7 of 8

Bruqa, tolérance et construction

Encore ! Encore une fois on pointe du doigt nos concitoyens musulmans. Après l’interdiction des signes religieux extérieurs à l’école (ce qui peut se comprendre) l’Assemblée Nationale vient de créer une mission d’information sur le port de la burqa et du niqab. Bien que la mission paraisse ouverte, elle porte, à n’en pas douter, la réponse dans la question qu’elle pose : encore une fois on ne va pas chercher à construire une société consensuelle mais forcer, presqu’au forceps, nos concitoyens musulmans à s’intégrer à la société française.

Certains évoquent, une fois encore, la sacro-sainte laïcité pour justifier une telle interdiction. Or, c’est très dangereux car, faut-il le rappeler, dans son article 1, la loi de 1905 dispose que : La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes. C’est un principe sur lequel on ne saurait revenir.

Alors, évidemment, vient au grand galop une autre justification : l’ordre public et les bonnes moeurs, qui est un autre principe régalien fondamental (affirmé dès l’article 6 du Code Civil). La burqa doit être interdite parce qu’elle ne permet pas (entre autre) la vérification d’identité à tout moment. Par exemple lorsqu’une maman vient chercher un enfant à l’école. C’est tordu mais c’est fondé.

Et nous voilà au coeur du sujet : une position à trouver entre une légitime volonté de pratiquer librement un culte et l’obligation régalienne de respecter l’ordre public et les bonnes moeurs.

Demander à nos concitoyens musulmans de s’intégrer revient en fait à renier leurs racines aux profit de celles, judéo-chrétiennes, qui sont celles de la France depuis 2000 ans et qui sont devenues consubstantielles de notre société. Je ne pense pas que cette position soit tenable : l’organisation d’un pays se doit d’être le reflet de la nation qui la compose. Et aujourd’hui, contrairement à ce qui était le cas depuis des années (et à tout le moins depuis la période révolutionnaire), la France n’est plus une société culturellement homogène.

Ce qu’il s’agit donc de faire ce n’est pas de stigmatiser, une fois encore, nos concitoyens musulmans et de chercher des moyens de les intégrer à toute force à un modèle devenu obsolète. Au contraire, cette mission parlementaire est une occasion de chercher à construire ensemble un consensus permettant à tous les français, de toute race et de toute religion, de vivre en harmonie. Tous libres, de pratiquer sa religion, tous égaux devant la loi en nous reconnaissant tous comme des frères.

Laissons aux parlementaires le bénéfice du doute, mais je crains qu’une fois de plus cette mission aboutisse à une nouvelle humiliation.

du P2P au pire, tout pire !

Depuis sa démocratisation en France (qui remonte à une quinzaine d’années environ), l’internet s’est imposé comme un phénomène de société. C’est même devenu une banalité : tout le monde connaît et utilise l’internet : à titre personnel ou au boulot, on ne saurait plus s’en passer. Comme tous ceux qui l’utilisent depuis très longtemps (mes premières connexions remontent à juin 1993, dans une des salles du CRI de l’ENSMP, un grand moment dont je me souviens encore !), j’ai appris avec le temps qu’on ne lutte pas contre un raz de marée technologique : on s’y adapte. Le mail a remplacé le fax et les sites web ont tué le Minitel… Skype révolutionne la téléphonie à longue distance et la messagerie instantanée permet aux collégiens de faire leurs devoirs en mode collaboratif.

Dans d’autres industries, les exemples sont nombreux : il a fallu s’adapter à l’automobile, aux télécommunications, aux médias. C’est d’ailleurs un des fameux principes généraux du droit qui m’a été inculqué dès ma première heure de cours, en première année. Le droit se doit de refléter la vie dans la société contemporaine et il doit s’y adapter. Reprenons l’automobile : la loi n’a jamais tenté d’interdire la circulation des autos. Elle a fait en sorte que cette circulation se passe au mieux et, en extrapolant un peu, elle a participé à la chute de la traction hippomobile. Le législateur aurait pu, en effet, protéger la traction hippomobile en interdisant la circulation automobile ; mais il ne l’a pas fait. Rétrospectivement d’ailleurs, cela nous aurait semblé totalement anachronique. C’était il y a une centaine d’années environ, depuis l’apparition du permis de conduire. Depuis, les choses n’ont cessé d’évoluer (voir l’histoire du permis de conduire sur Wikipedia). Le législateur a parié sur le progrès et fait en sorte que les avancées technologiques se déploient avec cohérence et harmonie.

Vu sous cet angle, la fameuse loi création et internet dite Hadopi est évidemment rétrograde et inadaptée.

Rétrograde car elle ne protège pas les auteurs ou les créateurs, mais l’éco-système des intermédiaires qui monétisent la création. Inadaptée car elle veut lutter contre un raz de marée. La loi veut mettre les droits intellectuels et autres droits dérivés dans une sorte de bulle de protection totalement illusoire.

Les droits intellectuels ce sont toutes ces redevances dont s’acquittent des industriels désireux d’exploiter des créations intellectuelles. Le secteur est vaste : culture et divertissement mais aussi sport ou événementiel. Toutes ces activités monnayent des droits d’image auprès de médias qui s’assurent des exclusivités de diffusion en contre-partie de rémunération sonnantes et trébuchantes.

Or, à l’ère de l’internet et du partage, l’information ne peut plus être une base solide de développement d’affaires et ce d’autant plus que l’abondance d’information et la facilité de diffusion font tomber tous les mécanismes de création de rareté. Toute information, tout contenu finira toujours par se retrouver diffusé massivement d’une manière ou d’une autre.

Inadaptée car l’industrie de la production telle que nous la connaissons aujourd’hui est vouée à disparaître : entre les outils d’auto-production (home studio & co.) et les moyens d’auto-promotion (MySpace, Facebook, web, etc.) les artistes ont plus que jamais les moyens de se passer de producteurs. Aujourd’hui, ne sont connus que les artistes qui passent sous les fourches caudines de l’éco-système de la production culturelle mais le nombre d’artistes va exploser et l’offre culturelle va se démultiplier. La longue traîne de la culture ne fait que commencer !

Bref, les enjeux sont énormes, puisque le législateur a devant lui un chantier d’une importance cruciale et je suis effaré de constater que les députés français ont un niveau de connaissance pitoyable en matière de technologies internet : le site Bakchich.info (merci au site qui me permet de reprendre ici ses informations) a fait un petit reportage qui en dit long : la majorité, tancée vertement par ses chefs, va voter au canon un texte inadapté et auquel elle en comprend rien !

Je me permets donc de rappeler, une fois encore, à nos députés la définition que Max Weber donne de la politique : la politique, c’est le goût de l’avenir.

Mesdames, messieurs les députés, osez vous tourner vers l’avenir : en dépit de son coût de court terme, il est porteur d’espoir et … il fini toujours par gagner !


Retour vers le futur 2.0 ?

Depuis quelques jours, notre Parlement examine une loi dont les conséquences portent à controverse. Un certain nombre de gens, dont les gusses de la Quadrature du Net, ont entamé la lutte et la continuent.

Comme toujours, c’est quand on est dans le coeur de l’ouragan qu’il faut prendre un peu de recul.

Or, il y a quelques temps, Benjamin Bayart présentait pendant les RMLL de 2007, une conférence sur le Minitel 2.0. Dans une ambiance détendue, ce grognard du réseau (re)présentait les fondamentaux d’internet et les mettaient en perspective avec les évolutions mercantiles vues depuis quelques années.

Je vous engage vivement à regarder cette conférence. On y accède via le site de FDN

Quelques temps après, Benjamin reprenait cette conférence et la complétait par une approche plus centrée sur les enjeux télécom. je vous propose de la regarder ci-dessous.

Quand je regarde ces deux conférences, je me dis que finalement, comme toujours Cassandre avait raison. Espérons qu’il ne soit pas trop tard !

Black-out du Net

A l’heure où le gouvernement tente de faire adopter la fameuse loi « Hadopi », j’ai décidé, moi aussi, de participer au mouvement de Black-out contre ce texte.

Je ne détaillerai pas les tenants et aboutissants de ce texte, d’autres l’ont déjà fait mieux que moi.

Sachez seulement que je suis heureux de pouvoir compter parmi les « gusses » qui bricolent au fond d’un garage (Albanel dixit) car je suis fier de suivre la voie de Hewlett et de Packard, de Steve Wozniak et de Steve Jobs et tant d’autres (comme moi d’ailleurs, aux temps de Business Village), qui ont innové dans leurs garages. Ce sont eux qui ont changé le Monde !

Protection durable

Et bien ça y est, le mot est lâché !

Durable est le mot à la mode depuis quelque temps. Il y a des modes, comme ça, qui viennent et qui passent. Des expressions forgées par on ne sait qui et qui se propagent comme des traînées de poudre. Des concepts vagues qui peuvent être largement repris, détournés, adaptés pour finalement se vider de leur sens.

Quand j’étais étudiant, le mot à la mode c’était au coeur de l’Europe. Tout et tout le monde était au coeur de l’Europe : Brest ? Clermond Ferrant ? Paris ? Bruxelles ? Munich ? Liverpool ? Toutes ces villes prétendaient être au coeur de l’Europe. C’était d’autant plus ridicule qu’elles le démontraient ! Toutes les préoccupations sociales, économiques, politiques, militaires étaient, elles aussi au coeur de l’Europe !

Revenons à nos moutons : aujourd’hui, tout se doit d’être durable : le développement, l’économie, l’industrie et tant d’autres choses encore se doivent d’être durables (alors même que tous ces domaines sont durables par nature). La conception de produit, le recyclage (bien entendu), les conserves alimentaires… doivent eux aussi s’inscrire dans une démarche durable. Je trouve cela précieux et ridicule !

En ce qui me concerne, j’ai décidé de faire durer certains câbles : celui de mon casque d’iPhone, en particulier, qui ne donne pas encore de signes de fatigue, mais que je protège par anticipation. Pour ce faire, j’ai recyclé un ressort de stylo à bille usagé. La photo ci-dessous parle d’elle même.

Ceci dit, arrêtons de persifler : ce truc est très pratique et me permet de protéger quelques câbles. Il y a encore quelques années je serais passé pour un bidouilleur radin. Aujourd’hui, même plus. Quand je dis aux bobos que je m’inscris dans une démarche durable, ils hochent du chef et me prennent pour un type bien. Ô tempora, Ô mores ! !

Cables

MacBidouille
Je ne terminerai pas sans remercier Lionel, du site MacBidouille, qui m’a permis de reprendre ce petit « truc » et de reproduire les illustrations trouvées sur son site. Pour les ceuces qui ne le connaissent pas, le site MacBidouille publie, en plus des news du monde Mac un grand nombre de bidouilles hardware très pratiques… et durables !

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