François Druel, PhD

Catégorie : Politique Page 6 of 8

#jeansarkozypartout

Jean Sarkozy fait la une des médias et particulièrement sur Internet ! Il faut dire que la ficelle employée par son père est particulièrement grosse et visible. En deux mots, ça m’énerve ! Voici donc une note dans la série humeurs 😉

Comme le démontre Guy Birenbaum, aujourd’hui c’est sur internet que les rumeurs se propagent et, les outils permettant de donner corps à une créativité débridée, on voit déferler des montagnes de sites parodiques tous aussi drôles les uns que les autres, comme Vas-y Jeannot, qui est à mourir de rire.

Ceci dit, la presse papier n’est pas en reste : Libé a sorti deux « Unes » d’antologie mardi et mercredi. Malheureusement, mon kiosquier ne les avait plus aujourd’hui (il était en rupture). Grâce au site de Libé, j’ai pu les retrouver et je les ai accolées dans un petit montage. Je trouve que c’est très parlant.

Ce montage est composé de la Une du mardi 13 octobre 2009 : « Moi, mon papa, il est Président », photo HOUNSFIELD .GAMMA. EYEDEA PRESS et de la Une du mercredi 14 octobre 2009 : «Désormais, ce qui compte en France pour réussir, …». Repris avec l’autorisation de Libération

Quand on sait que la Une de droite est postérieure à celle de gauche, le Désormais est assassin.

Comme le faisait remarquer L. Joffrin dans le duel bi-hedomadaire auquel il participe sur France Info, « Sarkozy se croit tout permis quand il se pense en position de force ».

Il est temps que l’opposition se réveille ! ça devient urgent !

Mare Liberum ?

Depuis son irruption dans le grand public, concomitante de l’arrivée du web, (c’était au milieu des années 1990), l’internet s’est imposé comme un phénomène planétaire majeur. Tout (ou presque) a été dit sur ce réseau des réseau : adulé par les uns, vilipendé par les autres, Internet a donné lieu à une littérature pléthorique sur ses enjeux économiques, ses impacts sociologiques, ses implications techniques et plus encore. Bref, dans notre vie, il y a un avant et un après Internet.

Malgré une maturité certaine, ce réseau des réseau continue de poser certaines questions, rampantes depuis des années. Deux en particulier ne sont toujours pas tranchées : l’internet doit-il être cantonné à un simple réseau neutre de transport (position que j’ai eu l’occasion de défendre et que je pense juste) ? L’internet est-il un puissant réseau décentralisé ou bien un simple Minitel 2.0 (ce que B. Bayart démontre avec maestria) ?

La France jacobine du Minitel s’oriente à grands pas vers des réponses erronées à ces questions fondamentales : en se dotant de l’arsenal de l’Hadopi, notre pays admet que l’internet n’est pas un simple réseau neutre de transport et favorise l’émergence de services centralisés, prétendument plus faciles à mettre sous contrôle. Ce qui, dans certains cas, peut-être une nécessité, ne doit pas être une généralité.

Ce mouvement est d’ailleurs renforcé par la communication imaginée par Orange avec sa campagne internet et Internet par Orange. Je suis estomaqué de voir des spécialistes des réseaux se laisser prendre dans un tel piège…

Parallèlement la position américaine semble prendre le chemin inverse : en proposant le concept de net neutrality par la voix du président Obama, les USA prônent un réseau libre et ouvert à tous. Barack Obama avait pris cet engagement dans sa campagne et ne s’en est pas détourné.

Etant donné le poids pris par l’internet dans l’économie américaine, étant donné que les USA ne lâchent pas prise quand leurs intérêts économiques sont en jeu, il y a fort à parier qu’un jour le torchon brûlera entre les USA et le reste du monde à propos de l’internet.

Et la question sera simple : l’internet est-il libre ? Les USA faisant de la Liberté le véhicule de leur impérialisme, il serait surprenant qu’ils changent facilement leur fusil d’épaule (quel que soit le président en fonction, d’ailleurs).

Comme souvent, pour comprendre ce débat, il faut revenir en arrière, à 1604 exactement. C’est à dire à l’année où Grotius (un juriste néerlandais) publiait Mare Liberum, un ouvrage consacré au droit de la mer et qui, à la suite d’une controverse entre britanniques et néerlandais, posait le principe de la liberté des mers. A la suite de cet ouvrage, le droit maritime n’est pas revenu sur ce principe : la haute mer n’appartient à personne en particulier et la circulation en haute mer est libre. Entre autre conséquence, cela a permis le développement des échanges et du commerce. Ce principe a d’ailleurs été également choisi pour le droit aérien (Convention de Varsovie, 1929).

De ce point de vue, l’internet est un espace : un espace de communication et d’expression, mais surtout un espace de commerce. Et donc un espace qui doit rester libre, pour permettre le développement du commerce.

La neutralité des réseaux sera-t-elle un effet de bord de l’impérialisme américain ? Chacun à égalité de chances et Dieu pour tous (in God we trust, dit-on outre Atlantique). L’avenir le dira peut-être !

Le siècle de la mixité ?

Depuis une formule d’André Malraux restée célèbre, on ne se posait pas beaucoup de questions sur la nature du XXIeme siècle : il sera religieux ou ne sera pas… d’ailleurs, depuis quelques années, les analystes ne se sont pas privés de noter, si ce n’est de stigmatiser, la montée de toutes les formes de spiritualités, ce qui n’a fait que souffler sur les braises d’altérités d’autant plus difficiles à accepter qu’elles sont nouvelles.

Par ailleurs, de même que historiens ont fait débuter le XXeme siècle en 1914, je pense qu’on pourra faire débuter le XXIeme siècle en 2008, année marquée par deux événements majeurs : l’élection du premier président noir des USA (qui, signe supplémentaire, a nommé une femme hispanique à la Cour Suprême) et la crise financière mondiale, qui, je le crois, va marquer les esprits (à défaut de changer les pratiques immédiates, qui suivront à une génération de distance).

En 2009, pour répondre à la crise et dans l’esprit de l’assertion de Malraux, les dirigeants ont, assez unanimement appelé à une moralisation de l’économie mondiale et, plus largement, le facteur humain se rappelle au bon souvenir des gestionnaires (parfois douloureusement, comme c’est le cas chez France Telecom actuellement). On pourrait voir dans ces phénomènes une corrélation des deux propositions que je viens de rappeler.

Or, je pense qu’il en n’est rien : je crois qu’il ne s’agit avant-tout que du signe avant-coureur d’une mutation très profonde des nations, la mutation de la mixité. Les vastes mouvements de populations que le Monde a vécu depuis les 60 dernières années (c’est à dire, faut-il le rappeler, 3 générations, à l’échelle humaine) ont changé radicalement la nature même des nations. Aux Etats-Unis, les statisticiens ont montré que les blancs seront minoritaires dès 2042 environ : à partir de cette année là (et sans doute avant) les blancs (qui aujourd’hui représentent environ 60 % de la population) seront minoritaires, les autres races (hispaniques, noirs, asiatiques, multi-raciaux) représentant 54 % de la population. L’Europe (dont la France) connaissant des mouvements démographiques comparables, elle va elle aussi prendre une tendance équivalente.

Naturellement, la nature humaine ayant horreur du changement, cette évolution inéluctable ne se fera pas sans heurts : les communautarismes en tous genres se sont déjà installés et ils vont durer. Les racismes aussi. La cohabitation de ces deux mouvements ne se fera pas dans l’harmonie (les propos abjects de Brice Hortefeux en sont la preuve vivante). La poussée aux extrêmes est même prévisible, les deux positions se radicalisant.

Un mouvement de métissage va, lui aussi, inéluctablement se produire : des individus de toutes ces races vont se mélanger, créant une population nouvelle. C’est dans ce nouveau groupe de population que je place mon espoir : elle n’aura d’autre choix, en effet, que d’avoir son identité devant elle. Elle devra regarder vers l’avenir pour construire une nation et un pays neufs.

De 1789 à 1914, il aura fallu 125 ans (c’est à dire presque 7 générations) à notre pays pour construire la nation qui a connu son apogée dans les 30 glorieuses : la France chrétienne-démocrate du gaullisme triomphant. Des métissages ethniques naitra une vraie mixité sociale et partant la construction d’une nation nouvelle, avec des règles nouvelles, des pratiques nouvelles, une vie nouvelle. Combien de temps faudra-t-il pour construire cette nation ? Sans doute moins car le rythme est plus soutenu. De plus il est entretenu par des initiatives courageuses, d’ailleurs actuellement surtout publiques (qui aurait imaginé de voir un jour des noires ou des beurettes ministres ?). De ce métissage nécessaire, naitront des Fourier, des Rousseau des Godin et des Le Corbusier… qui par petites touches, dans un mouvement de bas en haut, feront naître la société nouvelle.

Depuis la révolution industrielle, la technique et le progrès ont porté l’humanité. Avec l’irruption des technologies de l’information, c’est la société toute entière qui est entrée dans une sorte de folie technologique. N’en déplaise aux prospectivistes et autres futurologues, je pense que les choses sont maintenant trop engagées et que ce qui doit arriver arrivera. D’ailleurs le cinema d’anticipation nous en donne régulièrement une vision poétique qui touche parfois à l’angoisse : les méga-réseaux feront naître une citoyenneté électronique et nous vivrons dans l’ubiquité. Les technologies, nano ou autres, nous permettront de repousser toujours les limites de la connaissance et des capacités. La Terre va continuer à vivre à son rythme (étalon de mesure du rythme terrestre : le million d’années) et s’adaptera…

L’homme, face à son destin, a devant lui le défi du progrès social, sans quoi rien n’est possible.

Francois

PS : les données démographiques viennent du Dessous des cartes émission diffusée sur Arte.

PS 2 : A regarder également, Architectures, toujours sur Arte.

Hadopi rend Libre

Dans le cadre du débat parlementaire relatif à la loi dite Hadopi 2, mes amis de PC INpact ont organisé un concours parodique ayant pour objectif de trouver un logo pour la Hadopi. En effet, le ministère de la culture a officiellement lancé un appel d’offre dans ce sens.

Inutile de dire qu’en quelques heures, les propositions ont déferlé ! Il y en a pour tous les goûts mais lon logo préféré est celui-ci. Je le trouve à la fois très parlant et son slogan (Hadopi rend Libre) est excellent. Il rappelle des heures sombres de l’histoire du XXeme siecle et je trouve le graphisme très puissant. Bravo en tout cas à son créateur (un certain Lutopick). Ce logo me sert actuellement de fond d’écran 😉

hadopi

Ne pas être diabolique…

FB_IconLors de son lancement, Google avait osé une affirmation qui avait surpris les analystes : nous ne serons pas diaboliques. Cette petite phrase a été analysée, disséquée, étudiée. Je ne vais pas refaire ici les démonstrations,fort nombreuses, à propos de cet engagement. Ce que j’en retiens, c’est que Google s’engage à ne pas prendre les gens pour des imbéciles, à les considérer avec intelligence. C’est un contrat moral que Google prend avec ses futurs utilisateurs : ils ne chercheront pas à tromper le monde et proposeront des services utiles.

Comme souvent, ce qui paraissait étonnant aux yeux de l’économie 1.0 est devenue une sorte de règle d’évidence de l’économie 2.0 : une entreprise responsable considère que ses clients ont un minimum de plomb dans la cervelle et elle les traite en êtres responsables et plus en moutons de Panurge.

Or, cette après-midi, j’ai regardé une étape du Tour de France cycliste. A la lumière de l’économie 2.0, ce « spectacle a caractère sportif » est tout simplement insupportable.

  • Je veux bien que les coureurs cyclistes soient des sur-hommes, mais quand même : comment font-ils pour dépasser la barre des 60 km/h sur un vélo dans le contre la montre d’aujourd’hui ? Comment cela est-il possible quand depuis plus de 15 jours, ils font environ 200 km de bicyclette par jour ? (à 40 km/h de moyenne, excusez du peu)… ne sont-ils jamais fatigués ces supermen de la petite reine ?
  • Je veux bien que le matériel ait sa part dans les « performances » de ces gladiateurs des temps modernes, mais quand même : est-ce que cela explique qu’on puisse grimper des cols de 8 % de pente à 30 à l’heure ? A cette vitesse là, certaines voitures claquent le joint de culasse tellement elles chauffent !
  • Et je passe sur la beauté du sport dont des médias complices se gargarisent. Tout ces exploits sont autant de duperies.

Qui ose encore croire que tous ces soi-disant exploits se font exclusivement en buvant de l’eau claire et en mangeant des pâtes au petit déjeuner ?

Le sport ça existe : c’est une saine activité récréative, à pratiquer à titre amateur pour se maintenir en forme et passer agréabmement le temps avec ses potes. Mais ce que le Tour de France nous donne à voir, comme tous les autres spectacles professionnels à caractère sportif d’ailleurs, ce n’est rien d’autre qu’un espèce de grand n’importe quoi qui tient à là fois de la prostitution (ils vendent leurs corps pour vivre) et du combat de gladiateurs (morituri te salutant).

Alors, messieur d’ASO (et tout l’éco-système de ce cirque diabolique), arrêtez de nous prendre pour des jambons ! Arrêtez d’être des matadores de taureaux innocents (bien que consentants). Arrêtez la boucherie ! Cette après-midi je voyais ce pauvre Laurent Fignon. Lui qui se bat contre un cancer dont le dopage est une des causes vient commenter l’étape du jour : c’est l’hopital qui se fout de la charité !

Messieurs les proxénètes des temps modernes, regardez-vous dans une glace : arrêtez d’assassiner à petit feu les victimes de votre cupidité sans limite, car je n’oublie pas que cette épreuve n’a été créée que pour faire vendre le papier, (jaune d’ailleurs, comme maillot du même nom) d’un journal aujourd’hui disparu et dont l’insupportable « L’Equipe » est l’héritière.

Vive le sport, le vrai, celui qui entretien le corps et l’amitié !

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