François Druel, PhD

Catégorie : Politique Page 4 of 8

Sourd comme un pot !

Après le résultat castastrophique des élections régionales, le gouvernement et le président de la République ne cessent de répéter qu’ils ont soi-disant entendu les français, mais en pratique toutes les déclarations et toutes les actions faites depuis dimanche prouvent, qu’au contraire, non seulement ils n’ont rien entendu mais que, par dessus le marché, ils n’écoutent que la minorité qui les soutien dans l’opinion et qui est encore majoritaire à l’Assemblée Nationale.

Les choses étaient mal parties dès le départ, alors que le président de la République, bravant toutes les traditions politiques, s’était engagé dans la campagne, faisant, en plein milieu d’un débat contesté sur l’identité nationale, un bras d’honneur magistral au peuple français.

Au soir du premier tour, tous les analystes avaient noté l’inadaptation des commentaires de la majorité parlementaire. Mais, au second tour, les décisions qui auraient dues être prises ne l’ont pas été et la réaction s’est faite en dépit du bon sens : tous les ministres qui se présentaient ont été battus, le Premier ministre aurait donc du remettre la démission de son gouvernement. Il ne l’a pas fait. Un seul ministre (et pas le plus mauvais, malheureusement) a été sanctionné. Il paye pour tous les autres et fait du gouvernement actuel, rien de moins qu’un ramassis de loosers !

Les arrivées au gouvernement et les annonces faites par le président de la République ne sont rien d’autre que des messages cousus de fil blanc à destination d’une majorité parlementaire en déconfiture (à tel point qu’elle ne cache plus ses doutes).

Alors que de nombreuses pistes auraient pu être explorées et auraient certainement permis de donner au pays un nouvel élan, il est dommage que tout ce petit monde reste sourd comme un pot.

‘école des fans !

Dimanche 14 mars, fiers de notre devoir de citoyen, nous irons voter. Nous irons exprimer nos convictions. C’est la démocratie.

Et puis, dimanche soir, à partir de 20h00, va commencer sur toutes le chaînes de télévision et de radio la même émission, aussi pitoyable quelque soit la chaîne : l’insupportable école des fans des soirs d’élections.

Quelques soient les résultats des urnes, en effet, tout le monde aura gagné ! Ce sera merveilleux, chacun à sa place, chacun jouant son rôle (et s’il veut en sortir, les journalistes rappelleront à ce subversif homme (ou femme) politique quelle partition il (ou elle) doit jouer).

Naturellement, les trois partis qui ont été portés sur le trône de la grandeur par les analystes et les sondages (PS, UMP, Verts) seront satisfaits et heureux des résultats qui, comme par hasard, démontreront la pertinence de leurs analyses et de leurs propositions (souvent brandies telles des boucliers de vertu et trop souvent réduites à la surface d’un timbre poste, quand on a pris le soin d’en expurger l’inutile et le superflu). Naturellement, le FN et le Front de Gauche auront le monopole du rôle de trublion, comme toujours… et les autres partis seront oubliés !

Clou du spectacle, le président de la République, qui a foulé aux pieds le principe de neutralité qu’il devrait respecter, va lui aussi aller patauger dans ce marigot de la félicité mais, cerise sur le gâteau, non seulement il ne tirera pas de leçon du scrutin (et il a déjà eu l’outrecuidance de l’annoncer ! On croit rêver) mais il ne prendra même pas la peine de remanier en profondeur un gouvernement usé jusqu’à la corde… Si certains ministres sont battus aux Régionales il y a de fortes chances qu’ils restent au gouvernement… qui va se transformer en ramassis de loosers ! Vive la France et bonjour chez vous.

Bref, une fois encore, les médias imposeront à la France entière l’image non pas de ce qu’elle est mais de ce qu’ils souhaiteraient qu’elle soit : une bonne vieille démocratie bien vieillotte, avec deux grands courants bien définis. Il faut dire que ça facilite les soi-disantes analyses de la plupart des éditorialistes.

Pourtant, il suffit de regarder autour de soi pour voir que ce tableau qu’on voudrait imposer n’a plus grand chose à voir avec les réalités de la France de 2010. Les tendances, les signaux faibles et les innovations sont dans des partis qui sont qualifiés de petits pour surtout les écarter de la scène politique. Debout La République, le Modem, Désirs d’Avenir voire le NPA et quelques autres, pourtant, mériteraient qu’on s’y arrête car, au contraire des bon vieux partis qu’on nous impose comme grands, ils foisonnent d’idées, de trucs intéressants, de tout un tas de choses réellement innovantes.

Au premier tour, j’irai voter pour l’un de ces petits partis. Ma voix ne sera qu’une goutte d’eau dans l’océan mais je pense que c’est plus constructif que de s’abstenir. Si ça se trouve, j’irai même dépouiller (à défaut d’être scrutateur). Le 21 mars, j’irai voter mais je n’aurais malheureusement pas d’autre choix que de m’orienter vers un de ces grands partis qui resteront et qui feront ronronner les choses jusqu’au prochain scrutin.

Encore une fois la caravane électorale passera et la démocratie restera en plan.

Ces métiers qui disparaissent

Depuis que j’habite mon quartier, il y a, pas très loin, une boulangerie. Longtemps tenue par un boulanger et son épouse, la boutique ouvrait à 06h30 et fermait à 20h00. Le dimanche, on y achetait les gâteaux après la messe… bref, c’était l’archétype du petit commerce de proximité. La baguette coûtait 3 francs et tout le monde était content.

Seulement, depuis quelques temps, le boulanger a changé…. et les bonnes habitudes avec lui ! Le premier signe avant-coureur a concerné la gamme de sandwiches : finis les jambons-beurre et les rosbif-crudités. Tout cela a été remplacé par des poulet-curry, des saumon-crudités en pain suédois et autres créations modernes. Naturellement les prix ont connu une légère augmentation.

Puis, tout est allé très vite : la boutique ferme maintenant à 19h30, le samedi après-midi et le dimanche (et zou, privé de croissants, le François), le prix de la baguette est de…1,10 EUR (non, vous ne rêvez pas : ça fait bien 7,20 FRF !) et… le boulanger roule maintenant dans un Porsche Cayenne flambant neuf.

Je veux bien que le métier de boulanger soit dur et je veux bien qu’on cherche à développer ses marges… mais là trop c’est trop : des prix pareils, c’est pousse-au-crime… j’achète maintenant mon pain au supermarché : c’est ouvert le soir et le dimanche et ça reste dans des prix acceptables.

Les boulangers peuvent toujours pleurnicher, s’ils prennent les clients pour des imbéciles, ils vont les éloigner de leurs boutiques, et pour longtemps.

Les boulangers ne disparaissent pas, ils se suicident !

Allez, ne restons pas sur une notre triste : voici un sketch de Chevallier et Laspalès.

Ridicule !

Jusqu’à hier soir Nathalie Kosciusko-Morizet était une sorte de mystère : engagée à l’UMP et membre du gouvernement, elle jouissait d’une aura incroyable dans la blogosphère. Présente sur Twitter et dans toutes les sphères électroniques où il faut être, NKM était la caution geek d’un gouvernement par ailleurs descendu en flammes pour cause, notamment de loi Hadopi. Intelligente, jeune et attirante, pleine d’humour et d’humilité, cette mère de famille trentenaire arrivait à surfer sur tous les couacs du pouvoir. Belle soeur idéale à l’ump-isme mou, elle avait réussi la prouesse d’être une geek parmi les geeks. On finissait par oublier sa couleur politique pour ne retenir que sa personnalité attachante.

Et puis, hier soir, badaboum ! Pressée de prendre position sur la loi Loppsi, NKM a défendu ce projet de Loi contesté et accusé d’être liberticide. Les internautes ont été surpris, mais il ne pouvait pas en être autrement : la discipline de parti ajoutée à la solidarité gouvernementale ne laissait pas une grande liberté de choix, surtout en période de campagne pour les Régionales. Nathalie a donc avalé cette couleuvre, qui doit avoir un goût bien amer.

Déjà que la campagne de l’UMP en Ile de France ne va pas fort (Valérie Pécresse menant le combat en dépit du bon sens), avec cette bourde, le parti continue sa descente aux enfers… car, et c’est bien connu, les geeks sont sur-représentés dans la population de l’Ile de France.

Drôle d’époque quand même où on s’attache à une fonction politique comme à un poste salarié et où on est prêt à avaler des couleuvres pour ne pas perdre une bonne place. Mollesse des idées et triomphe de la bof-attitude ! Un homme (ou une femme) politique ça doit avoir des idées et les défendre ; pas s’attacher à un poste au prix d’une dégustation de soupe à la grimace (surtout que NKM est récidiviste en la matière, cf. son départ du secrétariat d’Etat à l’écologie, pour cause de Borloo-ite aigüe). Le pouvoir a beau avoir un goût incomparable, ce n’est pas une fin en soi.

Nathalie aurait du démissionner du gouvernement et se positionner contre cette nouvelle loi. Elle en serait sortie grandie.. Pauvre NKM, 140 caractères auront suffit à faire s’effondrer des mois et des mois de travail de terrain et à ramener à 0 sa crédibilité.

Balayez devant votre porte monsieur le président !

Dans un article daté de ce jour, Le Monde nous informe que le président de la République souhaite s’impliquer dans la campagne pour les élections régionales. Il y a quelques temps, il s’était déjà invité au meeting de lancement de campagne organisé par l’UMP.

Alors que votre abject ministre de l’immigration anime un insupportable débat sur l’identité nationale, faut-il que je vous rappelle, monsieur le président, qu’une des traditions bien ancrée de la République veut que le président reste politiquement neutre. En effet, vous êtes le président de toute la République et pas seulement le président de ceux de nos concitoyens qui soutiennent l’UMP ! Honorerez-vous de votre présence les conventions des autres partis ? Si vous l’avez fait pour l’UMP, vous devez le faire pour les autres.

A vous engager ainsi aux côtés d’une partie seulement de la Nation, vous prenez un risque énorme, monsieur le président : celui de mettre, une fois encore, les français les uns contre les autres. Les élections régionales n’ont pas un objectif national. A vous y impliquer de la sorte, vous allez transformer ces élections en vote-sanction : il ne s’agira plus d’élire un exécutif mais de voter pour ou contre vous.

Si vous perdez ces élections, aurez-vous le courage de démissionner ? Non seulement cela tomberait sous le sens, mais ce ne serait pas une première : un de vos prédécesseurs l’a fait, il y a 40 ans… à l’occasion d’une consultation portant, justement, sur la régionalisation !

A quoi cela sert-il de s’impliquer si vous n’en tirez aucune conclusion ? Une défaite électorale est une humiliation. Si vous vous maintenez au pouvoir, c’est la nation toute entière qui sera humiliée et je ne tiens pas à l’être.

C’est pourquoi, je vous en conjure, monsieur le président, alors que la Patrie est en plein débat sur son identité, montrez l’exemple à la Nation et restez à votre place. Cessez de prendre parti et restez le président de tous les français.

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