François Druel, PhD

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du P2P au pire, tout pire !

Depuis sa démocratisation en France (qui remonte à une quinzaine d’années environ), l’internet s’est imposé comme un phénomène de société. C’est même devenu une banalité : tout le monde connaît et utilise l’internet : à titre personnel ou au boulot, on ne saurait plus s’en passer. Comme tous ceux qui l’utilisent depuis très longtemps (mes premières connexions remontent à juin 1993, dans une des salles du CRI de l’ENSMP, un grand moment dont je me souviens encore !), j’ai appris avec le temps qu’on ne lutte pas contre un raz de marée technologique : on s’y adapte. Le mail a remplacé le fax et les sites web ont tué le Minitel… Skype révolutionne la téléphonie à longue distance et la messagerie instantanée permet aux collégiens de faire leurs devoirs en mode collaboratif.

Dans d’autres industries, les exemples sont nombreux : il a fallu s’adapter à l’automobile, aux télécommunications, aux médias. C’est d’ailleurs un des fameux principes généraux du droit qui m’a été inculqué dès ma première heure de cours, en première année. Le droit se doit de refléter la vie dans la société contemporaine et il doit s’y adapter. Reprenons l’automobile : la loi n’a jamais tenté d’interdire la circulation des autos. Elle a fait en sorte que cette circulation se passe au mieux et, en extrapolant un peu, elle a participé à la chute de la traction hippomobile. Le législateur aurait pu, en effet, protéger la traction hippomobile en interdisant la circulation automobile ; mais il ne l’a pas fait. Rétrospectivement d’ailleurs, cela nous aurait semblé totalement anachronique. C’était il y a une centaine d’années environ, depuis l’apparition du permis de conduire. Depuis, les choses n’ont cessé d’évoluer (voir l’histoire du permis de conduire sur Wikipedia). Le législateur a parié sur le progrès et fait en sorte que les avancées technologiques se déploient avec cohérence et harmonie.

Vu sous cet angle, la fameuse loi création et internet dite Hadopi est évidemment rétrograde et inadaptée.

Rétrograde car elle ne protège pas les auteurs ou les créateurs, mais l’éco-système des intermédiaires qui monétisent la création. Inadaptée car elle veut lutter contre un raz de marée. La loi veut mettre les droits intellectuels et autres droits dérivés dans une sorte de bulle de protection totalement illusoire.

Les droits intellectuels ce sont toutes ces redevances dont s’acquittent des industriels désireux d’exploiter des créations intellectuelles. Le secteur est vaste : culture et divertissement mais aussi sport ou événementiel. Toutes ces activités monnayent des droits d’image auprès de médias qui s’assurent des exclusivités de diffusion en contre-partie de rémunération sonnantes et trébuchantes.

Or, à l’ère de l’internet et du partage, l’information ne peut plus être une base solide de développement d’affaires et ce d’autant plus que l’abondance d’information et la facilité de diffusion font tomber tous les mécanismes de création de rareté. Toute information, tout contenu finira toujours par se retrouver diffusé massivement d’une manière ou d’une autre.

Inadaptée car l’industrie de la production telle que nous la connaissons aujourd’hui est vouée à disparaître : entre les outils d’auto-production (home studio & co.) et les moyens d’auto-promotion (MySpace, Facebook, web, etc.) les artistes ont plus que jamais les moyens de se passer de producteurs. Aujourd’hui, ne sont connus que les artistes qui passent sous les fourches caudines de l’éco-système de la production culturelle mais le nombre d’artistes va exploser et l’offre culturelle va se démultiplier. La longue traîne de la culture ne fait que commencer !

Bref, les enjeux sont énormes, puisque le législateur a devant lui un chantier d’une importance cruciale et je suis effaré de constater que les députés français ont un niveau de connaissance pitoyable en matière de technologies internet : le site Bakchich.info (merci au site qui me permet de reprendre ici ses informations) a fait un petit reportage qui en dit long : la majorité, tancée vertement par ses chefs, va voter au canon un texte inadapté et auquel elle en comprend rien !

Je me permets donc de rappeler, une fois encore, à nos députés la définition que Max Weber donne de la politique : la politique, c’est le goût de l’avenir.

Mesdames, messieurs les députés, osez vous tourner vers l’avenir : en dépit de son coût de court terme, il est porteur d’espoir et … il fini toujours par gagner !


Retour vers le futur 2.0 ?

Depuis quelques jours, notre Parlement examine une loi dont les conséquences portent à controverse. Un certain nombre de gens, dont les gusses de la Quadrature du Net, ont entamé la lutte et la continuent.

Comme toujours, c’est quand on est dans le coeur de l’ouragan qu’il faut prendre un peu de recul.

Or, il y a quelques temps, Benjamin Bayart présentait pendant les RMLL de 2007, une conférence sur le Minitel 2.0. Dans une ambiance détendue, ce grognard du réseau (re)présentait les fondamentaux d’internet et les mettaient en perspective avec les évolutions mercantiles vues depuis quelques années.

Je vous engage vivement à regarder cette conférence. On y accède via le site de FDN

Quelques temps après, Benjamin reprenait cette conférence et la complétait par une approche plus centrée sur les enjeux télécom. je vous propose de la regarder ci-dessous.

Quand je regarde ces deux conférences, je me dis que finalement, comme toujours Cassandre avait raison. Espérons qu’il ne soit pas trop tard !

Black-out du Net

A l’heure où le gouvernement tente de faire adopter la fameuse loi « Hadopi », j’ai décidé, moi aussi, de participer au mouvement de Black-out contre ce texte.

Je ne détaillerai pas les tenants et aboutissants de ce texte, d’autres l’ont déjà fait mieux que moi.

Sachez seulement que je suis heureux de pouvoir compter parmi les « gusses » qui bricolent au fond d’un garage (Albanel dixit) car je suis fier de suivre la voie de Hewlett et de Packard, de Steve Wozniak et de Steve Jobs et tant d’autres (comme moi d’ailleurs, aux temps de Business Village), qui ont innové dans leurs garages. Ce sont eux qui ont changé le Monde !

Say « Hello » to TeeX

EeePCDepuis que j’ai fait passer mon Papa sous Linux, ça me titillait aussi ! Linux est quand même un OS très tentant : puissant, stable et sécurisant (pas de virus, pas de spyware ni toutes ces choses qui rendent la vie désagréable)… bref, ça me démangeait.

Comme j’ai passé mon vieux MacBook à Elise, je n’avais pas d’ordi à mettre sous Linux. Samedi, je suis rue Montgallet et j’ai craqué pour un NetBook, le EeePC 1000 H d’Asus. C’est exactement ce dont j’avais besoin : pas très cher (moins en tout cas que d’acheter un MacBook sur le refurb d’Apple) et très tentant…

TuXDepuis samedi après-midi, donc, je me débattais avec tout un tas de packages mais ce soir ça y est : mon EeePC est sous Ubuntu « Intrepid Ibex »… et tout marche, wifi et son compris ! J’avais testé Kubuntu (que je souhaitais installer au début, mais je trouve que ce « bon vieil » Ubuntu est plus adapté au petit écran de l’EeePC, mais je ferai bientôt une page spéciale consacrée à l’install d’Ubuntu sur l’EeePC !

En attendant, comme il a fallu nommer la station, je l’ai appelée TeeX, en référence à Tux, la mascotte de Linux !

Vive la Liberté

Comme beaucoup de personnes de sa génération, mon Papa utilise un ordinateur à la maison avant-tout pour échanger des mails, consulter quelques sites web et gérer ses photos depuis qu’il est passé à un reflex numérique. Utilisation basique mais qui est invariablement polluée par nombre de spams et, naturellement, des virus, des spywares et autres bricoles qui sont pour lui autant de désagréments d’autant plus pernicieux qu’il n’ a pas une utilisation fluide de son ordinateur. Quoi de plus normal ? Il n’est pas d’une génération née avec une souris et je dois reconnaître que ses efforts sont importants pour arriver à une maîtriser ce que notre génération maîtrise sans problème et ce sans pour autant être le roi des geeks.

Depuis  des années, je gère son PC sous Windows et j’ai réussi à le faire passer au travers des attaques habituelles. Pourtant, la semaine dernière, sa machine a été attaquée. Naturellement mon téléphone n’a pas arrêté de sonner car le PC paternel était inutilisable. Quelques manips faites en mode « téléguidage » n’ont pas donné grand chose. Or, quand bien même l’utilisation de l’ordinateur est « basique », elle est quotidienne et je ne voyais pas mon père privé de ses mails pendant trop longtemps. En préparant mon déplacement sur place, je me suis aperçu que le disque de réinstallation était perdu… ça partait mal. Et pourtant, en me tapotant le menton, j’en suis arrivé à me dire, comme le commissaire Bourel : bon sang, mais c’est bien sûr  ! 

Pour les utilisations décrites, quels logiciels mon paternel utilise-t-il ? Eudora, Firefox et Photoshop. Il utilise aussi la suite OpenOffice…. pour ré-installer Windows, il faut se procurer un Windows, réinstaller, faire les mises à jour et tout le fourbi. Or son ordinateur est un peu ancien maintenant et je ne suis pas certain de la pertinence d’un achat de licence. Par dessus le marché, il faudra protéger le système à grand renfort d’anti-virus, d’anti-spyware et autres bricoles… c’est cher et laborieux. 

Et si on changeait radicalement ? Et si on installait Linux ? Naturellement, m’étant frotté à cet OS, je connais son aspect clunky, sa difficulté d’administration et le fait que tous les potes paternels sont sous Windows… Le pari est risqué, mais je le prend ! 

Alors,  ce week-end, sur la machine paternelle, j’ai installé Linux. Il existe de très nombreuses distributions, de Debian à Fedora, en passant par Mandriva et RedHat. J’ai finalement choisi Ubuntu 8.10 car cette distribution basée sur Debian est bien suivie et correctement organisée. Par dessus le marché,  elle a une communauté puissante et met en avant la simplicité d’utilisation (oui, oui, pour faire mon choix, j’ai utilisé le modèle développé dans ma thèse 😉 ). C’est donc muni d’un CD d’install que j’ai pris le train ce samedi après-midi… et roule ma poule !

Ce qui frappe d’abord, c’est la simplicité de l’installation : elle prend peu de temps et surtout, tous les logiciels « utiles » sont inclus : Firefox, Gimp, OpenOffice. J’ai juste dû installer Thunderbird , mais grâce à aptitude, c’est d’une facilité enfantine : sudo aptitude -install thunderbird et le tour est joué. J’ai aussi installé Nautilus Image Converter. Naturellement, après le premier boot Ubuntu met à jour le système. Je suis bluffé de voir que c’est instantané et que le système a détecté tout seul les paramètres de réseau et d’affichage (que de chemin parcouru depuis les premières install de Linux où la détection de la carte graphique et de l’écran prenaient des heures !)

Une fois le système installé, il a fallu former l’utilisateur. Et finalement cela a été très facile. En effet, non seulement c’est proche de windows mais, pour un utilisateur novice, c’est carrément plus ergonomique : des gros boutons à un clic, des messages clairs, des codes couleurs simple. Ce soir je n’ai pas peur de le dire : même sans paramétrage particulier, Ubuntu est plus ergonomique que Windows. L’interface est plus solide, plus fluide que Windows. Le gestionnaire de fichiers (Nautilus), en particulier, est très bien fait.

Pour travailler les photos, j’ai installé Nautilus Image Converter, qui est un modèle d’ergonomie. Celui qui a programmé cette petite merveille est ergonome ou bien a dû faire écire le cahier des charges par sa belle-mère tellement c’est simple.

Bref, ce soir, Papa utilise à nouveau son ordinateur. Tout fonctionne et il n’aura plus de virus. Quant à moi, je dors tranquille : pas de virus et sans le mot de passe root on ne peut pas modifier la configuration.

Un jour, un de mes amis m’a dit, à propos de valeur : Pas de chiffre d’affaires, pas de valeur ! Alors, une fois de plus, je me tapote le menton : Ubuntu est une distribution de linux à tiers financeur (la société Cannonical, notamment). Ubuntu ne génère pas directement de chiffre d’affaires… et pourtant je trouve que cet OS a une grande valeur.

C’est bon la Liberté !

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