François Druel, PhD

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Marketing… téléphoné !

hadopiDepuis quelques temps, le marketing des offres mobiles m’énerve ! C’est tout sauf du marketing. C’est horripilant ! Il y a 30 ans, Coluche se moquait des lessiviers… aujourd’hui on ne vante plus les mérites des lessives qui lavent encore plus blanc mais on nous abreure d’offres mobiles ad nauseam !

La seule variable d’ajustement que les soi-disant marketeurs des opérateurs ont trouvé, c’est le temps, qui aujourd’hui crée la rareté des offres et permet d’asseoir et de justifier le prix payé par les clients. C’est conformiste, contre-innovant et totalement décalé.

Tout ce qu’on réussi à créer les opérateurs mobiles, c’est une rente de situation qui aujourd’hui est devenue insupportable.

Commençons par le commencement : tous les opérateurs vendent la même chose et cela se résume à 3 produits : des communications voix, des communications data, et des SMS.

Ensuite, ils ne font que combiner ces trois produits pour faire des milliers d’offres soit disant différentes mais qui sont toujours composées avec les mêmes produits : de la voix, de la data et des SMS.

Partant de là, le soi-disant marketing n’est qu’une vaste couillonnade : des packs en veux-tu, en voilà, des offres exceptionnelles avec des SMS illimités (mais en fait souvent limités à 1054) des heures magiques, des forfaits ouik-ende ou vacances… c’est un jeu couillon, mais sans fin !

Par dessus le marché, l’international (dit roaming) n’est jamais (ou très rarement) dans les forfaits.

Que reste-t-il aux opérateurs pour se différencier : le réseau, mais en France au moins, il est très courant que les opérateurs partagent leurs réseaux. Soit par de simples accords de peering, sot carrément, dans certains endroits, c’est TDF qui opère un seul et même réseau pour le compte de tous les opérateurs à qui il refacture tout simplement le trafic (à des tarifs laissant des marges plus que confortables).

Le service client est l’autre facteur de différentiation et ça, c’est vrai, c’est très différent d’un opérateur à l’autre. Mais, dans tous les cas, comme on finit toujours par dépasser son forfait (application à la téléphonie de la loi de Paquel : la caractéristique la plus constante de l’informatique est la capacité des utilisateurs à saturer tout système mis à leur disposition) on appelle le SAV furax et ils disent gentiment qu’ils ne peuvent rien pour nous, sauf à nous faire souscrire un abonnement avec plus de minutes, donc plus cher.

La seule offre que je trouve innovante depuis toutes ces années, c’est le forfait NeoPro 24/24 de BYT. Il est réservé aux pros mais il n’est pas si cher que ça, finalement !

Les opérateurs mobiles ne sont pas encore dans l’économie 2.0. Ils en sont même encore très loin : eux aussi prennent les clients pour des jambons. Le pire, c’est que ça va durer. Il est temps que ça cesse !

Bref, le marketing des mobiles, ça me gonfle…

Si vous êtes comme moi, pour vous détendre voici le sketch de Coluche sur la publicité :

Hadopi rend Libre

Dans le cadre du débat parlementaire relatif à la loi dite Hadopi 2, mes amis de PC INpact ont organisé un concours parodique ayant pour objectif de trouver un logo pour la Hadopi. En effet, le ministère de la culture a officiellement lancé un appel d’offre dans ce sens.

Inutile de dire qu’en quelques heures, les propositions ont déferlé ! Il y en a pour tous les goûts mais lon logo préféré est celui-ci. Je le trouve à la fois très parlant et son slogan (Hadopi rend Libre) est excellent. Il rappelle des heures sombres de l’histoire du XXeme siecle et je trouve le graphisme très puissant. Bravo en tout cas à son créateur (un certain Lutopick). Ce logo me sert actuellement de fond d’écran 😉

hadopi

La méthode Google

GoogleEn janvier de cette année, paraisait What Would Google Do, un livre de Jeff Jarvis consacré à l’économie 2.0 et dont Google est le fil conducteur.

A la demande des co-éditeurs (FaberNovel et les Editions Télémaque), j’ai traduit ce livre qui est sorti en juillet dans les librairies. Je ne peux que vous encourager à l’acheter, à le lire cet été sur la plage et aussi à l’analyser car il est plein de leçons pour de nombreux secteurs de l’économie. La version anlgaise est particulièrement bien écrite, dans un anglais assez sophistiqué. Les nombreuses références culturelles et les exemples en pagaille m’ont permis de le traduire avec plaisir.

PagesNaturellement, on m’a demandé de fournir le texte traduit au format Word… incontournable format propriétaire ! Figurez-vous (et ça n’étonnera personne) que je n’ai pas utilisé Word pour écrire la traduction. Dans un premier temps, j’ai utilisé LaTeX mais cela me permet pas de générer des « .doc » facilement. J’ai ensuite utilisé Bean mais finalement, ce traitement de textes est trop simple pour une tâche aussi importante (le manuscrit final fait 259 pages et comporte 378 notes). Puis j’ai testé OpenOffice mais son interface très rustique m’a donné des boutons. C’est important l’interface quand on a un soft 8 heures par jour sous le pif !

C’est alors que j’ai essayé avec Pages, en mode traitement de textes. A ma grande surprise, ce logiciel que je prenais pour une sorte de TextEdit amélioré, a bien tenu la charte et s’est révélé très agréable : l’IHM est très douce, avec des couleurs qui n’agressent pas le regard, les feuilles de styles sont correctement gérées (pour ce livre, j’ai 3 niveaux de titre et un niveau « normal », plus un style « paragraphe en incise » et…c’est tout. Ma police de travail a été Gentium Book Basic), les espacements le sont également.

Les notes de bas de pages ? RAS ! La table des matières : elle est juste et ne plante pas en se remettant à jour. La correction orthographique utilise le dictionnaire de MacOS X et est très efficace. J’ai également apprécié la navigation par pages et les sections sont pratiques et d’une utilisation très simple. Bref, non seulement Pages est tout à fait dans la droite ligne des logiciels d’Apple (d’iTunes à iMovie) mais il se révèle d’une puissance surprenante et finalement très appréciable. Travavillant sur iMac 24″, j’ai été très à l’aise : le fichier PDF en anglais à droite de l’écran et le fichier Pages à gauche. Le grand confort, quand même, le 24″.

Je ne me suis pas pris la tête avec des fichiers multiples : toute la traduction tient dans un seul fichier (avec table des matières et notes) qui fait 1,9 Mo. et qui s’ouvre en moins de 3 secondes (sur mon iMac Intel@2,33 GHz).

Avant d’envoyer chacun des chapitres à l’éditeur, j’ai du faire un export en .doc. Comme je voulais éviter les problèmes et que j’ai Word sur ma machine, avant chaque envoi, j’ouvrais mon fichier sous Word. Je passe sur les différents plantages (à la mise à jour de la table des matières, en particulier)… mais même sans ça on se retrouve quand même au moyen âge. Comme si ce logiciel n’avait pas évolué depuis Word 5 sous MacOS 7.x… c’est dingue !

Au fait, un dernier point… 😉 : dans son livre Jeff Jarvis arrive à la conclusion qu’il existe deux exceptions à la méthode Google : Dieu et Apple qui sont « au delà de Google »… Je m’en doutais mais Pages m’en a donné une preuve de plus.

Bruqa, tolérance et construction

Encore ! Encore une fois on pointe du doigt nos concitoyens musulmans. Après l’interdiction des signes religieux extérieurs à l’école (ce qui peut se comprendre) l’Assemblée Nationale vient de créer une mission d’information sur le port de la burqa et du niqab. Bien que la mission paraisse ouverte, elle porte, à n’en pas douter, la réponse dans la question qu’elle pose : encore une fois on ne va pas chercher à construire une société consensuelle mais forcer, presqu’au forceps, nos concitoyens musulmans à s’intégrer à la société française.

Certains évoquent, une fois encore, la sacro-sainte laïcité pour justifier une telle interdiction. Or, c’est très dangereux car, faut-il le rappeler, dans son article 1, la loi de 1905 dispose que : La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes. C’est un principe sur lequel on ne saurait revenir.

Alors, évidemment, vient au grand galop une autre justification : l’ordre public et les bonnes moeurs, qui est un autre principe régalien fondamental (affirmé dès l’article 6 du Code Civil). La burqa doit être interdite parce qu’elle ne permet pas (entre autre) la vérification d’identité à tout moment. Par exemple lorsqu’une maman vient chercher un enfant à l’école. C’est tordu mais c’est fondé.

Et nous voilà au coeur du sujet : une position à trouver entre une légitime volonté de pratiquer librement un culte et l’obligation régalienne de respecter l’ordre public et les bonnes moeurs.

Demander à nos concitoyens musulmans de s’intégrer revient en fait à renier leurs racines aux profit de celles, judéo-chrétiennes, qui sont celles de la France depuis 2000 ans et qui sont devenues consubstantielles de notre société. Je ne pense pas que cette position soit tenable : l’organisation d’un pays se doit d’être le reflet de la nation qui la compose. Et aujourd’hui, contrairement à ce qui était le cas depuis des années (et à tout le moins depuis la période révolutionnaire), la France n’est plus une société culturellement homogène.

Ce qu’il s’agit donc de faire ce n’est pas de stigmatiser, une fois encore, nos concitoyens musulmans et de chercher des moyens de les intégrer à toute force à un modèle devenu obsolète. Au contraire, cette mission parlementaire est une occasion de chercher à construire ensemble un consensus permettant à tous les français, de toute race et de toute religion, de vivre en harmonie. Tous libres, de pratiquer sa religion, tous égaux devant la loi en nous reconnaissant tous comme des frères.

Laissons aux parlementaires le bénéfice du doute, mais je crains qu’une fois de plus cette mission aboutisse à une nouvelle humiliation.

Réseaux sociaux… ou miroirs aux alouettes ?

FB_IconLinked-In, Viadeo, l’incontournable Facebook, Twitter, le petit qui monte, qui monte, Copains d’Avant et tant d’autres… les réseaux sociaux ont envahit le web. La mode est aux communautés électroniques… et elles foisonnent !

Naturellement, dans un panurgisme assez désopilant, chacun veut y être, voire en être. On croise un quidam dans un dîner en ville et hop, quelques heures après, il faut être devenu « ami » sur Facebook, suivre untel ou untel sur Twitter et j’en passe.

Après avoir testé Facebook, comme tout le monde, j’ai finalement clôturé mon compte : ce service dangereux pour la vie privée est un océan de futilité. Ce site est un coming out permanent et creux. Naturellement, on peut avoir des centaines « d’amis » sur Facebook. Cela a-t-il une réelle utilité ? Qui peut garder le contact avec des centaines de personnes ?

Récemment, j’ai vu le comble de l’onanisme sur Viadeo : un quidam, Gilles de Backer, que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam, me demandait d’être le 1400eme membre de son réseau ! ! Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer le contenu du mail qu’il m’a fait parvenir :

Gilles De Backer * souhaite vous ajouter à ses contacts.
Bonjour cher membre de ce Hub,

Je constate que vous êtes aussi membre du Hub Innovation, pourrions-nous mettre en commun, nos différents contacts afin de faciliter de futurs échanges et d?augmenter notre propre réseau. Je souhaite pouvoir échanger dans le domaine de l?innovation qui est mon activité principale.

LI_IconJe suis estomaqué : faciliter des échanges et augmenter notre réseau ! Je crois très sincèrement qu’il y a une erreur quelque part : Viadeo est un réseau professionnel. Ce qui signifie que ce monsieur imagine un jour pouvoir faire un jour des affaires avec moi ? Tout à fait honnêtement, je crois que j’aurais gagné le gros lot au Loto avant de faire le moindre centime de business avec ce drôle d’oiseau dont le seul plaisir (sans doute onanique) est d’avoir un gros réseau (jouer à celui qui pissera le plus loin peut amuser les gamins à la sortie du cours moyen, et encore)… pour attirer l’attention de ce nième quidam, il me faudrait déployer beaucoup d’énergie (vous savez, ce fameux rapport signal/bruit dont on rabâche les oreilles des élèves de 2nde en classe de physique). Je n’ai pas envie de déployer cette énergie, ce qui serait en pure perte, assurément.

Que les réseaux soient des business rentables, je n’en doute pas : Viadeo (et d’autres) sont certainement de belles affaires (et je ne parle même pas des réseaux sociaux « de rencontre », Meetic est l’un des acteurs les plus rentables du web en Europe). Il faut, néanmoins raison garder et se poser cette question simple : quel est l’intérêt de ces sites ? ont-il une utilité réelle ?

Les réseaux sociaux se construisent, vivent et se développent dans la vie réelle, avec des vrais gens. L’amitié est un bien rare. Un réseau utile se compose des personnes avec qui on partage des expériences enrichissantes.

Or, des expériences enrichissantes, ça ne se créé pas par l’entremise des électrons des réseaux d’internet. Des expériences enrichissantes, ça se partage dans la vraie vie, ça a une dimension initiatique, ça donne des émotions et ça crée des souvenirs. Bref, c’est humain !

D’ailleurs, comme moi, j’en suis certain, si vous avez senti des affinités avec tel ou tel quidam rencontré sur les réseaux, vous avez cherché à le rencontrer, à vous asseoir à un guéridon en sa compagnie pour boire une bière ou un café.

Le vrai réseau social est humain car la vraie vie est humaine.

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