Je l’ai déjà dit dans ce blog, pour se déplacer une auto me semble bien inadaptée. Bien que je reste fasciné par la technique automobile et le fait que cette activité a généré un éco-système qui a donné naissance à une part importante de l’activité de ces 120 dernières années, la bagnole a un je-ne-sais-quoi qui me repousse, en dépit de son indéniable côté pratique. La voiture, objet de désir et de puissance est un des emblèmes du XXeme siècle ; son rôle, cependant, est remis en question et les effets de bord sont nombreux, comme le montrent les remous boursiers actuels qui ne sont que les prodromes de changements plus profonds.
Il y a longtemps (c’était en 1999) j’ai eu une Smart. Ce fut d’ailleurs la première Smart jaune livrée à Paris. En fait j’ai bien aimé cette auto : fun, sympa et pratique. Elle consommait peu, accélérait bien et se garait partout. De bonne facture, elle avait aussi un petit côté décalé qui me plaisait beaucoup. Limitée à un usage urbain et suburbain, c’était la voiture parfaite, qui mettait en application une variante du cahier des charges de feu la 2CV de Citroën : « deux places sous un parapluie ». Puis j’ai vendu cette auto et j’ai eu une classe A qui m’a rendu de fiers services et au volant de laquelle j’ai parcouru de nombreux kilomètres.
Et puis, après de longues hésitations, je me suis lancé dans le permis moto. Je me suis inscrit au permis, j’ai pris des leçons, j’ai passé des heures sur le plateau à me battre avec un engin qui me paraissait lourd et pataud… mais surtout mes quelques faiblesse physiques se sont rappelées à mon mauvais souvenir : maîtriser une moto demande de l’équilibre, une grande coordination dans la synchronisation des mouvements et bref, sur les conseils de Daniel (excellent moniteur de la moto école Paris 15) , j’ai abandonné ce projet au grand soulagement de mon entourage qui, connaissant mes quelques faiblesses physiques, trouvait ce projet un peu fou. Par dessus le marché, pour faire de la moto, il faut mieux faire 1,80m et 60 kg que l’inverse ! Pourtant, pourtant, pourtant… la moto procure avec certitude les plus belles émotions mécaniques qu’on peut trouver.
Or, depuis quelques temps on voit apparaître sur le marché de nouveaux véhicules, qui font bouger les lignes de la vision qu’on peut avoir du déplacement motorisé. Actuellement je regarde avec intérêt et concupiscence des véhicules alternatifs.
La Smera de la start-up Lumeneo est le véhicule qui m’intéresse le plus. 2 place, 80 cm de large pour 2,45 de long, la Smera est une petite Smart à moteur électrique. Elle met en oeuvre des techniques très innovantes mais son moteur électrique devra être rechargé régulièrement. Ceci dit, j’attends avec impatience de la tester lors de sa commercialisation en janvier.
Pour se déplacer ville, Piaggio vient de sortir le MP3 LT, un véhicule qu’une astuce technique transforme, pour le service des Mines, en tricycle à moteur. Cela permet au non motard titulaire du permis B que je suis de prendre les commandes d’un maxi-scooter très séduisant : large, assez lourd et plutôt stable, ce scooter est muni d’un mécanisme de blocage des amortisseurs avant qui évite de poser les pieds par terre aux feux rouges. Le résultat est très agréable, mais cela reste un scooter, c’est à dire pratique et rapide, mais dangereux et peu souple (casque et veste de moto sont de rigueur, sans parler des inconvénients dûs à la pluie).
Reste le cas du surprenant Spyder, proposé par la société canadienne Bombardier. Il s’agit d’un véhicule aux faux airs de moto-neige montée sur roues, purement récréatif et d’ailleurs présenté comme un roadster. Très tape à l’oeil, ce tricycle est fort encombrant (1,50 de large aux roues avants, 2,66 m de long ; c’est à dire très exactement l’emprise au sol d’une Smart) mais motorisé généreusement (106 CV pour 316 kg). Autrement dit, c’est une fusée. Là encore un équipement de motard est nécessaire. Son côté fun me tente indéniablement, mais ce n’est pas un produit raisonnable !
Reste à choisir. Si j’avais eu le permis moto, je pense que j’aurais fini par craquer pour une Honda Goldwing. Si je devais acheter une auto aujourd’hui, je pencherais pour une Mini Clubman… encore faudrait-il que j’en ai l’usage, ce qui est loin d’être le cas.
Se garer, entretenir, ne pas abîmer la carrosserie, changer les pneus, faire les niveaux… aller à la révision, payer les parcmètres, les parkings et… les amendes… n’en jetez plus, je reste piéton !
Georges Brassens le chantait déjà en 1972, la vie serait plus agréable à vivre si elle était débarrassée des imbéciles heureux qui sont nés quelque part. L’actualité vient encore de nous le prouver : à cause du lobby de ces autruches, les nouvelles plaques d’immatriculation porteront donc un numéro de département ! Voilà bien quelque chose d’incongru autant qu’idiot.