François Druel, PhD

Auteur/autrice : François Page 7 of 39

François Druel, PhD.
Consultant, enseignant, auteur
rédacteur de ce site

(re)Écouter Miles Davis

Miles Davis est un musicien fascisant. Il a traversé une grande partie du XXème siècle et, en dépit d’une vie assez erratique, a réussi le tour de force de former plusieurs générations de jazzmen assez différents les uns des autres, chacun restant soi-même.

Ce qui frappe chez Miles Davis c’est sa capacité à se remettre en question pour chercher à progresser, à imaginer et à changer. Miles Davis ne voulait pas tant coller à l’air du temps que définir la tendance du moment. C’est ce qu’indiquent d’ailleurs le sous titre de plusieurs de ses albums : « new directions in music by Miles Davis » (nouvelles tendances musicales, par Miles Davis). L’artiste propose, le public adopte — ou pas — ce ressenti du moment.

Miles Davis en concert

Miles Davis a connu plusieurs périodes. La plus célèbre, parce que la plus accessible est celle d’Ascenseur pour l’échafaud. C’est facile à écouter sans être simple, c’est fluide tout en étant travaillé. Bref, c’est agréable. Cliquez sur l’image ci-dessous pour écouter l’album sur Spotify.

Miles Davis, René Urtreger et Barney Wilen lors de l’enregistrement de la musique du film ‘Ascenseur pour l’e?chafaud’ le 4 décembre 1957 au studio le Poste Parisien à Paris, France

Mais la période la plus intéressante de Miles Davis est certainement celle que les spécialistes appellent sa période électrique. L’ambition consiste à moderniser le jazz et à le rapprocher du grand public.

Pas facile pour un intellectuel de la trempe de Miles Davis et le résultat est assez étonnant. Une musique d’un abord assez touffu et pas forcément facile à écouter. Pourtant, le jeu en vaut la chandelle. C’est surprenant, parfois même dérangeant.

Il faut s’y reprendre à plusieurs fois mais ce n’est pas du temps perdu car cette musique est riche. Au bout d’un moment cette musique devient presqu’addictive. Voici quelques titres rassemblés dans une liste de lecture. Cliquez sur la photo pour accéder à la liste sur Spotify.

Miles Davis enregistrant l’album A tribute to Jack Johnson (1970)

Miles Davis a connu des succès triomphaux et des échecs cuisants. Toute sa vie, il cherché à se dépasser pour proposer sa vision du monde. Il a été ce que les anglo-saxons appellent un maverick, un individualiste, mais aussi un grand révélateur de talents et un inventeur de tendances.

À l’heure où les mèmes envahissent tout, réécouter Miles Davis permet de remettre ses certitudes en question et de nourrir sa créativité pour chercher à dénicher des nouvelles tendances.

À demain, 21heures

Personnaliser

Dans un open space, alors que tous les outils sont standardisés, il n’est pas facile d’exprimer sa personnalité. Tout le monde utilise les mêmes ordinateurs et les mêmes logiciels et, en théorie du moins, les mêmes modèles de documents. Pour exprimer sa personnalité, il est courant de recouvrir son ordinateur (le plus souvent portable) d’autocollants sensés refléter des idées ou des engagements mais là encore, la chose est loin d’être aisée…

Intérieur de l’immeuble de la Johnson Wax, par F. lloyd Wright (1936), à Racine aux USA.

Dans ces conditions, pourquoi ne pas personnaliser ses logiciels et ses documents ? Après tout puisqu’on utilise des ordinateurs à longueur de journée, autant essayer de créer un peu d’intimité numérique.

Logo du projet Dracula

Dracula est un thème sombre disponible pour un grand nombre d’outils et assez facile à installer. La démarche sous-jacente consiste à créer un environnement de travail homogène. Au premier abord, cela peut sembler étrange mais c’est en réalité assez reposant de retrouver le même code de couleurs d’une application à l’autre. Et si vous ne trouvez pas votre bonheur, le site publie la palette de couleurs pour vous permettre de contribuer au projet.

Logo du projet Solarized

Dans le même esprit, le projet Solarized propose un environnement utilisant seize couleurs spécialement choisies pour reposer les yeux et permettre un travail confortable à l’écran. Disponible pour de nombreux logiciels, la palette est publiée, ce qui permet de l’adapter à ses besoins.

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Tant qu’on y est autant en profiter pour utiliser des fontes de caractères qui changent des sempiternels Verdana et Times New roman ! On pourra utiliser deux fontes de caractères libres, Gentium ou Andika. Et si on préfère les fontes sans empattement, pourquoi ne pas utiliser Fira Sans ?

Les sociologues nous ont appris que la personnalisation des outils de travail permet l’appropriation des missions et développe l’efficacité et la créativité mais personnaliser ses outils de travail permet également d’aller au delà et d’exister par soi-même.

À demain, 21 heures

Authentique

Dans cette vidéo qui dure moins de huit minutes, il est frappant de voir la double inversion des rôles qui se joue entre Herbie Hancock et son jeune fan : dans un premier temps le musicien prend les choses de haut mais l’ado ne se démonte pas, il persiste. C’est pour lui une occasion unique et, après tout, il a tout à gagner.

Partage entre Herbie Hancock et un fan

Un peu excédé Herbie Hancock invite le garçon à se mettre au piano, ce qu’il fait. Et c’est là que les choses changent : Hancock, qui, lui, n’a plus rien à prouver, se prend au jeu. Il se met lui aussi au clavier. Surprise de l’assistance. Et surprise redoublée quand on s’aperçoit qu’en fait il laisse le lead à son invité du jour… qui le prend !

Évidemment, le garçon est un peu dépassé par les événements. On l’aurait été pour moins que ça… et Herbie Hancock de reprendre discrètement la main. D’oublier le rôle qu’il jouait quelques minutes auparavant pour, finalement, être lui-même : un musicien passionné.

Dans un monde qui vit au rythme des fake news et des coups de com’, cette anecdote constitue un véritable plaidoyer pour l’authenticité. Parce qu’ils sont authentiques, les deux protagonistes vivent pleinement l’instant présent et le rendent unique. Être authentique ce n’est tant exister pour soi-même qu’exister par soi-même. Ne pas tricher et ne pas se mentir. C’est une vraie discipline de vie et c’est parfois difficile mais à long terme c’est une démarche salvatrice.

Un mal pour un bien… à l’image du confinement, qui sait ?

À demain, 21heures

Le temps

Le temps est ce dont on dispose le plus puisque le temps est. Et c’est aussi ce dont on dispose le moins, puisque le temps passe. Dans la vie, donc rien n’est une question de temps et tout est une question de priorités.

Prendre le temps c’est donner la priorité au moment présent, parce que ce qu’on fait ici et maintenant est forcément plus important que tout ce qu’on pourrait faire d’autre. Occuper le temps est une affaire de choix. Parce que le temps est ce qu’on en fait, le temps nous met en face de nos responsabilités ; envers nous mêmes et aussi envers la société.

Le temps est devenu tellement important qu’il s’affiche partout : sur les téléphones, les ordinateurs, les fours, dans les stations de métro et les voitures… sur les tickets de caisse et même parfois sur les montres et les horloges. Nous naviguons d’une horloge à l’autre. Une véritable obsession collective.

Chronomètre de marine

En réalité, pour parcourir la terre en tous sens, deux instruments sont nécessaires : le sextant qui permet de s’orienter du nord au sud et le temps qui permet de naviguer d’est en ouest. À partir de la fin du XVème siècle, les premiers navigateurs ont pu partir à la découverte de la terre en s’appuyant sur l’astronomie et l’horlogerie.

Et d’ailleurs, c’est parce qu’il faisait son tour du monde contre le cours du temps que Philéas Fogg finit par gagner son pari.

Encore aujourd’hui pas de GPS précis sans horloge précise ni de navigation sur les site web sécurisés sans synchronisation entre serveurs informatiques.

Le temps est un phénomène de perspectives

Jean Cocteau

On comprend mieux que face à la déferlante d’horloges qui nous entoure, les outils les plus précieux aujourd’hui sont ceux qui permettent de s’organiser pour optimiser le présent.

Un minuteur Pomodoro

La méthode Pomodoro est aussi simple et ludique qu’efficace. Cette méthode consiste à diviser le temps en unités de concentration. C’est idéal pour le bachotage et les travaux qui demandent de la concentration. La méthode Pomodoro permet d’alléger (un peu) le travail sous contrainte.

Getting Things Done

Quant à la méthode GTD (Getting Things Done), elle est plus conceptuelle et plus algorithmique. Parue en 2001 cette méthode transforme tout en projets et si elle est assez exigeante, elle se révèle d’une grande efficacité.

Ces deux méthodes sont ludiques et efficaces. À tester d’urgence en confinement, donc !

À demain, 21 heures.

Cuisiner

Faire la cuisine est une activité tellement ancienne qu’on peut aller jusqu’à dire qu’elle est consubstantielle de la nature humaine. Et même mieux, faire la cuisine fait partie de ces quelques activités spécifiques à l’être humain.

Dans toutes ses dimensions, la cuisine n’est qu’expérience. Quel est le goûts des endives ? On aura beau essayer de le décrire, quelle que soit la langue employée et aussi riche soit le vocabulaire, la seule manière de le savoir est encore d’en manger une salade.

On cuisine…

En cuisine tout est affaire de goût et même si le goût s’éduque et change avec l’âge, il est quasiment illusoire de chercher à en fixer les canons. À force d’être réiniventées, à force d’être revisitées, dans les plus humbles des foyers comme dans les plus grands des restaurants, les recettes changent et les goûts évoluent. En cuisine, moins qu’ailleurs, toutes les vérités sont relatives : aux gens qui la font, aux gens qui la mangent, aux régions où elle se pratique.

Rire est le plus court chemin d’un homme à un autre

Georges Wolinski

Tout comme le rire, la cuisine constitue un de ces fameux chemins de traverse entre les êtres humains car elle permet d’aller au delà des mots. Pour signifier qu’un plat est bon, pas besoin de vocabulaire, des mimiques suffisent. Et d’ailleurs, quoi de plus immédiat que la cuisine pour découvrir une culture ?

Qui veut des ravioli ?

Mais surtout, la cuisine est faite pour être partagée. Peu importe ce qu’on cuisine, peu importe, même, le goût des plats, cuisiner est avant tout le prétexte à réunion et à partage. Les doctes et les savants appellent cela la commensalité. Au diable la science ! Même autour d’une boite de ravioli on peut passer des soirées fantastiques et construire des souvenirs pour la vie.

Les grecs anciens avaient trois mots pour décrire l’amour. Agapé désigne l’amour inconditionnel et s’est transformé en agapes, un repas où l’on partage le pain.

Cuisiner est un acte d’amour qu’on fait deux fois par jour, tous les jours.

À demain, 21 heures

Page 7 of 39

Propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén