François Druel, PhD

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François Druel, PhD.
Consultant, enseignant, auteur
rédacteur de ce site

Printemps

Hier nous parlions de cycles et, justement, aujourd’hui c’est le printemps ! Plus précisément, c’est l’équinoxe de printemps. Au delà de la définition astronomique du phénomène, il s’agit aussi — et peut-être même avant tout — d’un moment symbolique de l’année.

Pour nombre de croyances et de civilisations en effet, l’équinoxe de printemps est le prétexte à de nombreux et savant calculs qui permettent de fixer la date des fêtes mobiles. C’est le fameux comput de l’Église catholique (oui, oui, c’est bien ce mot qui a permis de forger le computer des anglo-saxons), mais c’est aussi la date de Norouz, le nouvel an persan et de bien d’autres encore. Sans compter les civilisations pré-colombiennes, trop souvent oubliées sous nos latitudes.

Le printemps, tableau de Sandro Botticelli

Plus prosaïquement, cette période de grandes marées et de grands vents a longtemps donné à nos grands mères le prétexte du fameux grand nettoyage : on ouvrait les fenêtres, on retournait les matelas et on vidait les placards pour y faire le tri avant de les ranger mieux. Le vent nouveau souffle partout !

C’est en cherchant à créer des paysages sonores que Jean-Michel Jarre a donné naissance à son deuxième album… Équinoxe (paru en 1978), qu’on pourra (ré) écouter avec plaisir, pour (re) découvrir les ambiances planantes d’une création qui a fait se lever le jour sur des musiques jusqu’alors inconnues et qui nous semblent presque banales aujourd’hui.

https://youtube.com/playlist?list=OLAK5uy_kCr8MQoq8KCIboAp61hoX0wiIqC2W14yE
L’album Équinoxe de Jean-Michel Jarre

Mais surtout, le printemps est l’occasion de retrouver le sens de la joie. Les sentiments ont cela d’intéressant qu’ils ne se décrivent ou ne s’expliquent pas ; ils se ressentent. Plus que les autres formes d’expression artistique, la musique permet de transmettre des ressentis en faisant abstraction du vocabulaire.

Alors, bien entendu, l’oreille aussi s’éduque mais on pourra écouter Allegria (1982), le deuxième album des Gipsy Kings qui inonde les oreilles d’une joie communicative.

L’album Allegria, des Gipsy Kings

Le printemps nous invite à ressentir la joie simple et vraie du souffle de la nouveauté et nous donne de l’énergie pour aller vers la fin de l’année.

À demain, 21 heures.

Cycles

Le nouveau confinement me donne l’occasion de reprendre la plume. Chaque soir, tant que le confinement durera, je m’efforcerai de publier un billet sur ce site. Je vous souhaite une bonne lecture.

Alors que le temps est et passe tout à la fois (voir cet article), la vie, elle, est souvent cyclique. Jour après jour, mois après mois, année après année, les mêmes évènements s’enchainent. En septembre c’est la rentrée, puis arrivent les fêtes de fin d’année, puis on tend vers les beaux jours qui permettent de partir en vacances avant de rentrer à nouveau.

Et d’ailleurs, alors que nous venions de célébrer le premier anniversaire du confinement, un autre s’impose ! La pandémie serait-elle cyclique, elle aussi ? La Covid nous ferait-elle revenir au temps des des romains qui — jusqu’à Jules César — faisaient démarrer leur calendrier le 1er mars.

Du temps de la Révolution, avec l’avènement du calendrier républicain, l’année commençait à l’équinoxe d’automne, ce qui permettait de mettre d’accord les astronomes et les révolutionnaires car la première République a été proclamée le 22 septembre (1792).

Allégories du calendrier républicain

Les révolutionnaires cherchaient à tout changer par principe mais il est amusant de constater qu’en matière de calendrier, ils ont gardé une très classique approche cyclique. Après tout, le système cosmique dans lequel nous vivons l’est également… ceci explique certainement cela.

Une montre affichant l’heure internet

Cycliques, donc, les calendrier sont aussi très liés à la nature et bien souvent ils sont le reflet des saisons, qui influent peu sur l’internet. Une remarque qui, à la fin du XXème siècle, donna à l’entreprise Swatch le prétexte à la création d’un temps internet aussi amusant qu’éphémère et dont l’ambition était de faire abstraction des fuseaux horaires et donc, en toute modestie, d’abolir les notions de jour et de nuit !

Mais surtout, chacune et chacun de nous sait bien que les cycles ne sont pas des cercles. On ne revient jamais réellement au point de départ. On ne repart jamais de zéro. Chaque cycle constitue une itération qui s’ajoute aux autres et qui modifie la construction toute entière. Contrairement aux métallurgistes qui procèdent par enlèvement de matière à chaque révolution de la pièce qu’ils travaillent sur leur tour, les cycles du temps ajoutent des couches d’expériences les unes sur les autres.

Les cycles du temps nous font avancer en spirale et nous font donc progresser… inexorablement.

À demain, 21 heures.

Partager

Dans son Essai sur le don (Puf, 1924), le sociologue Marcel Mauss démontre que le don implique une réciproque (ce qu’il appelle le contre-don) qui en réalité permet le développement des relations inter personnelles et, plus largement, la construction de la vie en société.

Bien évidemment, l’approche a vieilli et il convient de la relativiser mais cette proposition classique permet de porter un regard alternatif sur les notions d’échange et de partage.

L’engagement, dont les marketeurs nous rebattent les oreilles !

Exactement comme les économistes le feront quelques années plus tard en étudiant la notion d’équilibre général, le principe du don et du contre don consiste en réalité à construire une dynamique de partage qui ne peut perdurer que si les parties en présence y gardent un intérêt au fil du temps.

Le sociologue Marcel Mauss

Mais surtout, l’approche proposée par Marcel Mauss nous interpelle sur la notion de valeurs. Guidés par la cupidité, certains acteurs économiques proposent des approches commerciales s’appuyant sur le partage de valeurs (ce que les spécialistes appellent le marketing de l’engagement). Avec une telle logique, la consommation éthique se substitue à la recherche d’un optimum économique.

Il ne s’agit pas tant de savoir si c’est mieux ou moins bien, voire si c’est bien ou mal de consommer éthique que de se rendre compte qu’en réalité cela implique de partager des valeurs. Autrement dit, de pouvoir juger de la sincérité des parties en présences. Le marketing de l’engagement oblige les protagonistes de l’échange à bien se connaitre et donc à favoriser la proximité et les relations interpersonnelles.

En proposant de s’appuyer sur le partage, les commerçants post modernes se proposent en réalité de relever le défi de la sincérité. Une question à méditer en confinement…

Depuis sa création cette rubrique s’adapte à l’actualité. Tout comme le confinement, elle va s’assouplir et devenir hebdomadaire. Je vous dis donc à vendredi, 21 heures.

Classique(s)

Définir ce qui est classique est plus difficile qu’il n’y parait car classique est un terme polysémique. On oppose habituellement classique et moderne, ce qui revient en réalité à mettre en lumière l’importance qu’on va donner au progrès et à la nouveauté.

L’opposition entre classicisme et modernisme est une réalité multiforme qui se retrouve dans de nombreux domaines (y compris en politique où s’opposent des approche conservatrices et progressistes). La révolution industrielle et surtout l’avènement de la société de consommation ont fait prévaloir le modernisme qui semble s’être imposé dans tous les domaines.

Affiche de Dubout pour Marius de Marcel Pagnol

Classique et moderne peuvent également se conjuguer. Avec le temps, ce qui était moderne finit par se patiner pour devenir classique. Le tailleur de Chanel ou la musique de Miles Davis sont aujourd’hui des classiques. C’est également le cas de la fameuse Trilogie marseillaise de Marcel Pagnol. Évidemment, les personnages et l’environnement ont changé mais les situations et les sentiments restent d’actualité. C’est ce qui fait la force des classiques.

C’est aussi ce qui fait leur faiblesse et c’est d’ailleurs pour ça qu’on voit apparaitre régulièrement de nouveaux classiques dont la forme change mais qui, en réalité, reprennent une trame qui, elle, ne change pas. C’est un phénomène courant au théâtre. Cette approche a également fait le succès et la fortune de Walt Disney au cinéma.

Le château Cendrillon, devenu iconique

Mais surtout, en nous permettant de revenir aux fondamentaux, les classiques nous permettent de prendre de la hauteur. Parce qu’ils disent clairement d’où nous venons, les classiques permettent de se situer aujourd’hui et donc de nous orienter pour demain.

Les classiques sont des fils d’Ariane, qui permettent de retrouver son chemin, c’est-à-dire de donner du sens.

À demain, 21 heures

Ressentir

Pour comprendre, il faut avant tout éduquer son intellect et nourrir son esprit. Depuis des millénaires l’humanité confie ces missions à l’enseignement et à l’apprentissage. C’est pour cela qu’ont été créées les écoles, les lycées et les universités.

Or l’éducation ne se limite pas à la transmission des savoirs. Ressentir fait partie de toutes les choses qui peuvent s’apprendre et que l’école ne transmet pas (ou transmet met mal). Ressentir, en effet, ne relève pas de l’intellect. On ressent avant tout avec son corps. Et c’est donc le corps qu’il faut s’approprier.

Il s’agit, en quelque sorte, de sonner juste, tout comme un instrument de musique sonne juste. On entre ici dans le domaine de l’intime et il appartient à chacune et à chacun de trouver comment exprimer son ressenti. L’objectif, en revanche est clair : il s’agit de se mettre en harmonie avec le monde qui nous entoure.

Qu’il s’agisse de zen ou même de sport, il existe de nombreuses voies, techniques ou méthodes qu’on choisira en fonction de ses goûts ou de ses envies mais qui toutes ont la caractéristique d’être initiatiques, parce que ce qu’elle transmettent ne peut, précisément, pas s’exprimer. Qu’on pense à ces sportifs, transpirants et fourbus, mais heureux, à la fin de leur entrainement. Ou à ses yogis, calmes et apaisés après une séance de méditation…

Mais surtout, avant d’aller chercher de midi à quatorze heures, pourquoi ne pas commencer, tout simplement par la diététique ? Après tout, c’est à la portée de chacune et de chacun d’entre nous. Ici l’objectif n’est pas tant de se mettre au régime que de chercher à bien manger.

Composer des repas sains, équilibrés et nourrissants. Cela parait simple et à la portée de toutes et de tous. Et pourtant, un grand nombre de petits détails permettent souvent de changer radicalement les choses et, finalement, de se sentir mieux.

La chaine Youtube du Dr. Jean-Michel Cohen, pour apprendre à ressentir

Pas la peine de chercher des produits compliqués ou des recettes alambiquées. Simple d’accès, et facile à mettre en œuvre, l’équilibre alimentaire constitue en réalité une démarche du quotidien. C’est le premier pas vers la découverte de ressentis nouveaux. Bien se nourrir est un défi du quotidien.

Pour bien ressentir il faut relever le défi du corps.

À demain, 21 heures

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