François Druel, PhD

Auteur/autrice : François Page 35 of 39

François Druel, PhD.
Consultant, enseignant, auteur
rédacteur de ce site

Mal nécéssaire !

Office J’ai commencé à utiliser des ordinateurs en 1983. Depuis 25 ans, j’ai eu l’occasion d’utiliser de nombreux logiciels, de toutes sortes. J’en ai acheté un grand nombre, j’ai enregistré des myriades de shareware, pour Spectrum, Atari ST, Mac et même PC… mais, depuis 25 ans, je m’étais refusé à acheter la suite Office. Bien entendu, dans ma vie professionnelle, je j’ai utilisée, cette suite logicielle. Mais je ne l’ai jamais achetée pour mes propres ordinateurs. J’ai toujours préféré utiliser des alternatives et j’ai toujours trouvé cela exhaltant.

Et bien ce temps est révolu : ce soir, j’ai acheté et installé la suite Office sur mes Mac ! Quoi de plus normal pour un consultant, me direz-vous ? Rien, mais cela me fait mal au coeur car je ne pensais pas en arriver là !

Le pire, c’est que j’ai l’impression d’un énorme retour en arrière : je me disais, depuis toutes ces années, elle doit être bien maintenant, la suite Office. Et bien même pas ! Les réjouissances commencent lors de l’achat : il existe 3 versions du même produit ! Avec 3 prix différents ! On a même pas acheté, qu’on est déjà perdu… Entre la version « Familles » (3 licences pour 139 EUR) et la version « entreprises » (1 licence pour plus de 500 EUR), aucune différence : le même Word, le même Excel, le même PowerPoint… seul le prix change.

A l’installation, ça continue : au lieu d’installer 3 softs simplement, un « installeur » ajoute des polices de caractères, un « gestionnaire office », un logiciel de mail et autres joyeusetés. Arrrghhhh… par dessus le marché, Microsoft dissémine des logiciels partout, y compris dans les endroits les plus incongrus. C’est peut-être con, mais j’ai l’impression que Big Brother a envahit ma machine. J’ai lancé chaque soft une fois et j’ai l’impression d’être revenu à l’âge de pierre : c’est long, lourdingue, envahissant…Je n’ai jamais aimé utiliser la suite Office et j’ai toujours fait en sorte de la contourner. Aujourd’hui je l’ai installée à contre-coeur et je ne vais pas l’utiliser, sauf dans les cas d’urgence.

Excusez-moi, je vais vômir…

Imbéciles heureux…

ImmatGeorges Brassens le chantait déjà en 1972, la vie serait plus agréable à vivre si elle était débarrassée des imbéciles heureux qui sont nés quelque part. L’actualité vient encore de nous le prouver : à cause du lobby de ces autruches, les nouvelles plaques d’immatriculation porteront donc un numéro de département ! Voilà bien quelque chose d’incongru autant qu’idiot.

Incongru car les départements sont voués à disparaître. Au regard de l’histoire de France (disons les 2000 dernières années), les départements sont une création récente, ils ont à peine plus de 200 ans. De plus, il ne faut pas oublier le double objectif de leur création : le maintien de l’ordre et la déstructuration de l’Ancien Régime : en établissant une nouvelle division administrative, les législateurs révolutionnaires souhaitaient pouvoir d’une part maintenir l’ordre et d’autre part faire oublier aux citoyens les anciennes Provinces.

Aujourd’hui, la France aurait intérêt à les supprimer et à ne pas les remplacer, ces foutus départements : les communes et les Régions, c’est bien suffisant. On pourrait même faire des régions autonomes et transfrontalières : la Flandres, Le Pays Basque, la Catalogne sont autant d’exemples qui permettraient de mettre en avant des pôles européens sous la gouvernance directe de Bruxelles, avec une représentation au parlement européen. Au lieu de nous bassiner avec des constructions absconses, voilà des projets ambitieux pour l’Union Européenne. Ce que nous devons faire, c’est rester dans l’esprit révolutionnaire et déstructurer une fois encore des constructions archaïques pour nous tourner vers l’avenir avec confiance.

Incongru car cela dénote que l’esprit de clocher n’est pas mort et que les 221 imbéciles heureux qui appartiennent au collectif de défense des départements sont plus attachés à leur petit confort électoral qu’à l’avenir de leur pays. Pas étonnant quand on sait qu’une grande majorité de ces réactionnaires représentent la France bouseuse, celle des petits villages tassés autour de l’église et du boeuf miroton… celle qui regarde l’avenir dans un rétroviseur.

De plus cette décision est idiote car elle va à l’encontre des réalités de la vie d’aujourd’hui. La vie économique d’abord. Les plaques seront attribuées aux véhicules et donc ne changeront pas. Je ris déjà à l’idée d’acheter une voiture d’occasion. En effet, les concessionnaires échangeant souvent les VO, il n’est pas rare de voir une occasion originaire d’Obernai vendue à Morlaix… et voilà un Breton affublé d’une plaque alsacienne. Amusant, n’est-ce pas ? Un cas est connu : la fameuse usine à VO de Citroën (la concession Félix Faure, sise dans le 15eme arrondissement de Paris) alimente la France entière en VO… et les campagnes seront donc couvertes de belles plaques 75 ! Et alors là, j’attends de voir la réaction des culs terreux de Saint Loup sur Semouse (70) quand ils verront arriver le gros Marcel dans une auto d’occasion immatriculée 75 ou 92. Rien qu’à l’idée des ragots que cela ne manquera pas de provoquer, je me marre déjà.

Je ne parle même pas de ce marseillais qui, par malchance, aura une belle plaque 75. Chauvinisme oblige, je suis certain que certains bas du front fosséens ne manqueront pas lui rappeler leurs rancoeurs à grands coups de batte de base-ball dans le pare-brise.

Idiot parce qu’en 2008 la mobilité géographique est une réalité : il est loin le temps où on naissait dans un village, on y grandissait, on s’y mariait et on y mourrait. Le phénomène est monnaie courante chez les étudiants qui, aidés par la réforme universitaire, passent leur bac à La Flèche (72), leur licence à Bordeaux (33) et leur Master à Lille (59), sans compter les échanges et autres programmes Erasmus… tout ça pour s’installer à Rennes puis déménager à Montpellier et que sais-je encore. Alors, quel numéro de département feront-ils apposer sur leur plaque ?

Idiot car cela va me poser un grand problème : si j’achète une auto en 2009, quel numéro vais-je y faire apposer ? 75, le département où j’habite aujourd’hui ? 49 le département où j’ai grandi ? 28, le département où je suis né ? 56, le département que je trouve joli ? Il serait tellement plus simple de ne rien mettre.

Ceci dit, il y a encore des raisons d’espérer : sur les 920 représentants des deux chambres, les membre du collectif passéiste et réactionnaire ne sont qu’une minorité de 221. Avec un peu de chance, un amendement supprimera l’obligation de référence au département. Et notre pays pourra se tourner vers l’avenir.

What else ? !

NespressoMa Grand’Mère disait : « il ne faut pas dire : fontaine, je ne boirai pas de ton eau« … et encore une fois, elle avait raison ! Depuis des années, je m’étais refusé à utiliser le système Nespresso. Et puis aujourd’hui, j’ai craqué. Ce système de café est entré chez moi.

Depuis son apparition, nombre de mes amis se sont mis à utiliser ce système qui à, mes yeux, avait tous les défauts : cher, polluant, bourgeois, pédant… ce système était un des summum de la consommation anti éthique… et pourtant j’ai craqué !

D’abord parce que, d’après les dernières annonces, Nespresso est en train de développer une méthode de recyclage qui sera disponible en France. C’est bien le moins pour un système qui met en oeuvre de grandes quantités d’aluminium. Ensuite parce que le système est indéniablement pratique pour ceux qui, comme moi, boivent du café tout au long de la journée. Enfin parce que les différents cafés sont objectivement bons et que cette qualité est régulière.

Et puis, aussi parce que Nespresso est exemplaire en matière de valeur client. J’ai été impressionné par la qualité du SI qui est un modèle de CRM : le SI est unifié et permet d’accéder au compte client sur Internet, par téléphone ou dans les boutiques. Evidemment la vue client est la plus pauvre mais vues les informations collectées, il est évidement que la base de données clients est un actif immatériel d’une valeur inestimable pour l’entreprise. D’ailleurs, sachant que le système repose sur un ensemble de brevets protégeant le système à percolation et les consommables, voilà une entreprise dont la valeur principale est immatérielle.

Naturellement, la clientèle est plutôt âgée mais la culture de marque réussi ce tour de force de rester suffisamment bo-bo pour ne pas paraître ringarde. Sous une apparente décontraction, la culture de marque est très sophistiquée, presque trop à mon goût. Naturellement, tout cela revient cher (les cafés sont vendus entre 55 et 66 EUR/kg, soit environ 3 fois plus cher que des cafés de qualité vendus par les torréfacteurs artisanaux), mais après tout, le prix s’oublie, la qualité reste…

J’ai choisi une machine Le Cube de Magimix, marque française connue depuis des lustres pour la qualité de ses produits…

Dernière remarque en forme de clin d’oeil : Nespresso licencie son système breveté des constructeurs triés sur le volet et se réserve (jusqu’en 2012 au moins) l’exclusivité de la distribution des capsules (le café en poudre étant un des coeurs d’activité de Nestlé). Comme quoi un système peut être propriétaire et créer de la valeur 😉

Alors… what else ?

‘énergie

Hocus-Pocus Il y a longtemps que j’apprécie le hip-hop et le rap, quand ils sont bons. N’en déplaise à certains bougons, la chanson française à textes n’est pas morte avec Brassens et Brel. Elle peut même être bonne, voire très bonne. Il suffit d’écouter MC Solaar pour s’en convaincre.

L’écoute de 73 touches, le premier album du groupe nantais Hocus Pocus m’avait beaucoup intéressée car les textes ont toutes les qualités de la chanson française : poétiques (Pascal) ou réflexifs (Comment on faisait avant), parfois engagés (Géométrie), ils sont servis par un hip-hop tonique. Le deuxième album, Place 54 est du même tonneau et prouve que le groupe a trouvé un premier souffle. La musique a évolué : moins électronique, plus travaillée. Elle sert de beaux textes (Mr Tout le Monde, Tournée, Connecté).

Hier soir, alors qu’on célébrait le 30eme anniversaire de la disparition de J. Brel, j’ai assisté au dernier des trois concerts d’Hocus Pocus à l’Alhambra. Huit musiciens servent des airs toniques à 20Syl, le chanteur du groupe dont le flow est d’une énergie débordante, extraordinaire et entraînante. Le résultat est impressionnant de puissance, de vérité et d’une rare qualité musicale.

Le spectacle est réglé avec minutie, les costumes, les lumières, les arrangements, tout est bon et reste d’un naturel apparent étonnant. Le groupe est conscient de son statut de star mais le succès ne lui monte pas encore trop à la tête : avant le spectacle, 20Syl est dans la salle et échange avec le public dans une décontraction de bon aloi. Des invités participent à quelques morceaux. En première partie, un groupe wallon d’expression anglaise chauffe la salle de manière sympathique.

La chanson française est bien vivante et, avec Hocus Pocus, elle est même pleine d’avenir. Bien que C n’aie pas pu m’accompagner, ce concert m’a donné une pêche d’enfer. En ces temps de crise, me voilà remonté comme une pendule. Toute cette énergie accumulée en deux heures d’un concert mémorable m’ont fait un bien fou !

Islam… étrange ?

Comme chacun sait, cette année, le mois de septembre était celui du Ramadan, durant lequel nos concitoyens musulmans vivent ce véritable pilier de l’Islam.

Ce mois de septembre fut riche en événements religieux : le pape de l’Église catholique est venu célébrer le 150ème anniversaire des apparitions de la Vierge à Lourdes et nos concitoyens israélites ont célébré la fête de Yom Kippour le 22.

Naturellement, n’arrêtant pas de souffler sur des braises qui n’en finissent pas de s’éteindre, tout ce que la France compte de partisans de la laïcité crie au communautarisme et autres maux. Je me dis alors que la France est un pays paradoxal car ce n’est pas parce que la République est laïque que ses citoyens doivent l’être. De plus, cette fameuse laïcité à la française est en fait définie par réaction (presque épidermique d’ailleurs) à la religion catholique. Il suffit de lire la loi de 1905 pour voir que cela saute aux yeux. 

Le Ramadan a donc été pour moi l’occasion pour moi de lire Islam… étrange ? un ouvrage passionnant écrit par Emilio Platti, dominicain et universitaire flamand. je me délecte de la lecture de cet excellent ouvrage. Le style précis est intellectuel, ce qui n’est pas étonnant, mais l’approche est intéressante : chercher à comprendre la foi de l’Islam à la lumière de la foi catholique. 

Je ne peux que vous conseiller la lecture d’ Islam Etrange, qui, au delà de son côté pédagogique, est un témoignage et un hymne vivant au dialogue et à la tolérance.

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