François Druel, PhD

Auteur/autrice : François Page 34 of 39

François Druel, PhD.
Consultant, enseignant, auteur
rédacteur de ce site

Vive la Liberté

Comme beaucoup de personnes de sa génération, mon Papa utilise un ordinateur à la maison avant-tout pour échanger des mails, consulter quelques sites web et gérer ses photos depuis qu’il est passé à un reflex numérique. Utilisation basique mais qui est invariablement polluée par nombre de spams et, naturellement, des virus, des spywares et autres bricoles qui sont pour lui autant de désagréments d’autant plus pernicieux qu’il n’ a pas une utilisation fluide de son ordinateur. Quoi de plus normal ? Il n’est pas d’une génération née avec une souris et je dois reconnaître que ses efforts sont importants pour arriver à une maîtriser ce que notre génération maîtrise sans problème et ce sans pour autant être le roi des geeks.

Depuis  des années, je gère son PC sous Windows et j’ai réussi à le faire passer au travers des attaques habituelles. Pourtant, la semaine dernière, sa machine a été attaquée. Naturellement mon téléphone n’a pas arrêté de sonner car le PC paternel était inutilisable. Quelques manips faites en mode « téléguidage » n’ont pas donné grand chose. Or, quand bien même l’utilisation de l’ordinateur est « basique », elle est quotidienne et je ne voyais pas mon père privé de ses mails pendant trop longtemps. En préparant mon déplacement sur place, je me suis aperçu que le disque de réinstallation était perdu… ça partait mal. Et pourtant, en me tapotant le menton, j’en suis arrivé à me dire, comme le commissaire Bourel : bon sang, mais c’est bien sûr  ! 

Pour les utilisations décrites, quels logiciels mon paternel utilise-t-il ? Eudora, Firefox et Photoshop. Il utilise aussi la suite OpenOffice…. pour ré-installer Windows, il faut se procurer un Windows, réinstaller, faire les mises à jour et tout le fourbi. Or son ordinateur est un peu ancien maintenant et je ne suis pas certain de la pertinence d’un achat de licence. Par dessus le marché, il faudra protéger le système à grand renfort d’anti-virus, d’anti-spyware et autres bricoles… c’est cher et laborieux. 

Et si on changeait radicalement ? Et si on installait Linux ? Naturellement, m’étant frotté à cet OS, je connais son aspect clunky, sa difficulté d’administration et le fait que tous les potes paternels sont sous Windows… Le pari est risqué, mais je le prend ! 

Alors,  ce week-end, sur la machine paternelle, j’ai installé Linux. Il existe de très nombreuses distributions, de Debian à Fedora, en passant par Mandriva et RedHat. J’ai finalement choisi Ubuntu 8.10 car cette distribution basée sur Debian est bien suivie et correctement organisée. Par dessus le marché,  elle a une communauté puissante et met en avant la simplicité d’utilisation (oui, oui, pour faire mon choix, j’ai utilisé le modèle développé dans ma thèse 😉 ). C’est donc muni d’un CD d’install que j’ai pris le train ce samedi après-midi… et roule ma poule !

Ce qui frappe d’abord, c’est la simplicité de l’installation : elle prend peu de temps et surtout, tous les logiciels « utiles » sont inclus : Firefox, Gimp, OpenOffice. J’ai juste dû installer Thunderbird , mais grâce à aptitude, c’est d’une facilité enfantine : sudo aptitude -install thunderbird et le tour est joué. J’ai aussi installé Nautilus Image Converter. Naturellement, après le premier boot Ubuntu met à jour le système. Je suis bluffé de voir que c’est instantané et que le système a détecté tout seul les paramètres de réseau et d’affichage (que de chemin parcouru depuis les premières install de Linux où la détection de la carte graphique et de l’écran prenaient des heures !)

Une fois le système installé, il a fallu former l’utilisateur. Et finalement cela a été très facile. En effet, non seulement c’est proche de windows mais, pour un utilisateur novice, c’est carrément plus ergonomique : des gros boutons à un clic, des messages clairs, des codes couleurs simple. Ce soir je n’ai pas peur de le dire : même sans paramétrage particulier, Ubuntu est plus ergonomique que Windows. L’interface est plus solide, plus fluide que Windows. Le gestionnaire de fichiers (Nautilus), en particulier, est très bien fait.

Pour travailler les photos, j’ai installé Nautilus Image Converter, qui est un modèle d’ergonomie. Celui qui a programmé cette petite merveille est ergonome ou bien a dû faire écire le cahier des charges par sa belle-mère tellement c’est simple.

Bref, ce soir, Papa utilise à nouveau son ordinateur. Tout fonctionne et il n’aura plus de virus. Quant à moi, je dors tranquille : pas de virus et sans le mot de passe root on ne peut pas modifier la configuration.

Un jour, un de mes amis m’a dit, à propos de valeur : Pas de chiffre d’affaires, pas de valeur ! Alors, une fois de plus, je me tapote le menton : Ubuntu est une distribution de linux à tiers financeur (la société Cannonical, notamment). Ubuntu ne génère pas directement de chiffre d’affaires… et pourtant je trouve que cet OS a une grande valeur.

C’est bon la Liberté !

Produits récréatifs

Je l’ai déjà dit dans ce blog, pour se déplacer une auto me semble bien inadaptée. Bien que je reste fasciné par la technique automobile et le fait que cette activité a généré un éco-système qui a donné naissance à une part importante de l’activité de ces 120 dernières années, la bagnole a un je-ne-sais-quoi qui me repousse, en dépit de son indéniable côté pratique. La voiture, objet de désir et de puissance est un des emblèmes du XXeme siècle ; son rôle, cependant, est remis en question et les effets de bord sont nombreux, comme le montrent les remous boursiers actuels qui ne sont que les prodromes de changements plus profonds.

SmartIl y a longtemps (c’était en 1999) j’ai eu une Smart. Ce fut d’ailleurs la première Smart jaune livrée à Paris. En fait j’ai bien aimé cette auto : fun, sympa et pratique. Elle consommait peu, accélérait bien et se garait partout. De bonne facture, elle avait aussi un petit côté décalé qui me plaisait beaucoup. Limitée à un usage urbain et suburbain, c’était la voiture parfaite, qui mettait en application une variante du cahier des charges de feu la 2CV de Citroën : « deux places sous un parapluie ». Puis j’ai vendu cette auto et j’ai eu une classe A qui m’a rendu de fiers services et au volant de laquelle j’ai parcouru de nombreux kilomètres.

Et puis, après de longues hésitations, je me suis lancé dans le permis moto. Je me suis inscrit au permis, j’ai pris des leçons, j’ai passé des heures sur le plateau à me battre avec un engin qui me paraissait lourd et pataud… mais surtout mes quelques faiblesse physiques se sont rappelées à mon mauvais souvenir : maîtriser une moto demande de l’équilibre, une grande coordination dans la synchronisation des mouvements et bref, sur les conseils de Daniel (excellent moniteur de la moto école Paris 15) , j’ai abandonné ce projet au grand soulagement de mon entourage qui, connaissant mes quelques faiblesses physiques, trouvait ce projet un peu fou. Par dessus le marché, pour faire de la moto, il faut mieux faire 1,80m et 60 kg que l’inverse ! Pourtant, pourtant, pourtant… la moto procure avec certitude les plus belles émotions mécaniques qu’on peut trouver.

Lumeneo Or, depuis quelques temps on voit apparaître sur le marché de nouveaux véhicules, qui font bouger les lignes de la vision qu’on peut avoir du déplacement motorisé. Actuellement je regarde avec intérêt et concupiscence des véhicules alternatifs.

La Smera de la start-up Lumeneo est le véhicule qui m’intéresse le plus. 2 place, 80 cm de large pour 2,45 de long, la Smera est une petite Smart à moteur électrique. Elle met en oeuvre des techniques très innovantes mais son moteur électrique devra être rechargé régulièrement. Ceci dit, j’attends avec impatience de la tester lors de sa commercialisation en janvier.

MP3Pour se déplacer ville, Piaggio vient de sortir le MP3 LT, un véhicule qu’une astuce technique transforme, pour le service des Mines, en tricycle à moteur. Cela permet au non motard titulaire du permis B que je suis de prendre les commandes d’un maxi-scooter très séduisant : large, assez lourd et plutôt stable, ce scooter est muni d’un mécanisme de blocage des amortisseurs avant qui évite de poser les pieds par terre aux feux rouges. Le résultat est très agréable, mais cela reste un scooter, c’est à dire pratique et rapide, mais dangereux et peu souple (casque et veste de moto sont de rigueur, sans parler des inconvénients dûs à la pluie).

Spyder Reste le cas du surprenant Spyder, proposé par la société canadienne Bombardier. Il s’agit d’un véhicule aux faux airs de moto-neige montée sur roues, purement récréatif et d’ailleurs présenté comme un roadster. Très tape à l’oeil, ce tricycle est fort encombrant (1,50 de large aux roues avants, 2,66 m de long ; c’est à dire très exactement l’emprise au sol d’une Smart) mais motorisé généreusement (106 CV pour 316 kg). Autrement dit, c’est une fusée. Là encore un équipement de motard est nécessaire. Son côté fun me tente indéniablement, mais ce n’est pas un produit raisonnable !

Goldwing Mini Reste à choisir. Si j’avais eu le permis moto, je pense que j’aurais fini par craquer pour une Honda Goldwing. Si je devais acheter une auto aujourd’hui, je pencherais pour une Mini Clubman… encore faudrait-il que j’en ai l’usage, ce qui est loin d’être le cas.

Se garer, entretenir, ne pas abîmer la carrosserie, changer les pneus, faire les niveaux… aller à la révision, payer les parcmètres, les parkings et… les amendes… n’en jetez plus, je reste piéton !

‘avant…

Les réflexions sur l’identité me passionnent, ça tout le monde le sait. Or, cette semaine deux discussions ont mis ce sujet en lumière. A propos des plaques minéralogiques, d’une part, et de la Belgique, d’autre part.

Pompiers pyromanes

J’ai déjà dit que je trouvais idiot de rendre obligatoire sur les futures plaques d’immatriculation la présence d’un numéro de département et d’un logo de région mais surtout, quand on lit le texte proposé par le ministère de l’Intérieur, cela va permettre à chacun de, je cite : afficher ses racines (cf. le site du ministère). Alors, évidemment les imbéciles heureux qui ont obtenu cette mesure débile se complaisent dans la fange de leur esprit de clocher et font des gorges chaudes du retour de la fierté française…

Cependant, en ces temps où les minorités se font de plus en plus visibles, je suis sûr que certains français ne vont pas manquer de revendiquer des racines étrangères : peut-on indiquer 99 (qui, dans les numéros Insee et de Sécurité Sociale, indique une naissance à l’étranger) comme département à même d’afficher ses racines ? C’est le département de naissance de, entre autres, Valéry Giscard d’Estaing, Edouard Balladur, Carla Bruni, Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et tant d’autres. Peut-on faire apparaître le drapeau italien, polonais, tunisien ou camerounais pour afficher ses racines. Sous quel motif le ministère de l’intérieur refuserait-il à Carla Bruni l’affichage du drapeau italien sur sa plaque d’immatriculation ? Sous quel motif refuserait-on aux français nés à l’étranger d’afficher le drapeau du pays où ils ont leurs racines ? Le pays de leurs parents et de leurs grands parents. D’ailleurs, de nombreux français de naissance ont des racines à l’étranger, à commencer par Nicolas Sarkozy dont le père est hongrois…

Dans un billet précédent, je prédisais que les imbéciles heureux qui ont obtenu cette obligation idiote allaient se retrouver dans la situation de l’arroseur arrosé mais à bien y réfléchir, se sont en réalité des pompiers pyromanes. Ils soufflent sur les braises du communautarisme et vont embraser notre pays.

Le royaume d’Ubu

Tout à fait par hasard, j’ai pu échanger sur le forum du site Chef Simon avec une forumeuse de nationalité belge. Or, je ne sais plus de quoi on parle quand on évoque la Belgique.

Quand je m’en tiens aux faits, je vois une situation totalement ubuesque : la superficie de la Bretagne et la population de l’Ile de France mais 3 communautés linguistiques, 3 Régions (sans recoupements entre communautés et Régions), un district composé de 19 communes dont certaines sont francophones et d’autres néerlandophones, un système de communes « à facilités » totalement surréaliste (que le non belge qui comprend ne serait-ce que le début du commencement de quoi que ce soit à ce dossier me le dise ! ), des revendications de couloirs linguistiques permettant d’établir des continuités territoriales…

Sans compter un gouvernement fédéral inexistant dirigé ad interim depuis des mois par un néerlandophone d’origine wallone qui fredonne l’air de la Marseillaise quand on lui demande de chanter la Brabançonne…

Bref, je suis perdu !

Par dessus le marché, les velléités d’autonomie de la Flandre, communauté qui rassemble 60 % de la population du pays, qui sont réelles et pas dénuées de fondement.

Comme je suis perdu, dans un message sur le forum j’ai essayé de citer les noms des plats dans la langue de la région à laquelle ils appartiennent. Je n’ai aucune raison de privilégier une langue sur les autres, après tout, surtout quand c’est la langue de la majorité de la population.

Pour la petite histoire, la dernière fois que je suis allé à Brugge, j’ai dû m’adresser en anglais à un commerçant : bêtement, je pensais qu’on parlait encore français en « Belgique », mais apparemment on parle flamand en Flandres (ce qui, d’ailleurs, est très respectable).

Je crois que l’Europe entière est en train d’ignorer un problème grave avec un comportement exemplaire d’autruche. Dans d’autres régions du Monde, en s’appuyant sur le légitime droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, ce genre de situation s’est transformé en poudrière…

Avoir son identité devant soi

Au travers de ces deux illustrations, se pose la question de l’identité. L’identité n’est pas un héritage mais une volonté. Elle se construit. On est ce qu’on veut devenir. Autrement dit, l’identité ce n’est pas d’où on vient mais où on veut aller. C’est une notion évolutive.

On ne peut pas construire la France en ignorant que 15 à 20 % de sa population a des racines en dehors de notre territoire actuel. On ne peut pas parler de pays sans sentiment national.

Lors d’un référendum resté célèbre, j’avais voté non. Je ne voulais pas d’un projet technocratique pour une structure européenne à la gouvernance incompréhensible. Un plan B existe, ambitieux et constructif : celui d’une Europe fédérale, qui serait conçue en partant de structures nouvelles. Il s’agit, en conscience, de faire table rase du passé, de remettre les compteurs à zéro pour projeter notre continent dans une structure nouvelle et ambitieuse. Un structure qui s’appuie sur des Régions autonomes adhérant à une fédération repensée.

Cela peut paraître utopique, mais après tout, les projets les plus utopiques sont aussi les plus porteurs d’espoir. Je ne doute pas que cela arrive un jour, mais ça va prendre du temps, beaucoup de temps…

Idée lumineuse

IlluminatedLogitech a eu la bonne idée de sortir un clavier exceptionnel qui répond au doux nom de Logitech Illuminated Keyboard : ce clavier au design soigné et à la qualité exemplaire reprend les touches du légendaire diNovo et ajoute une fonctionnalité géniale : les touches sont rétro-éclairées.

Evidemment, j’ai sauté sur ce clavier, vous pensez-bien ! Mais voilà, c’est un clavier de PC, et officiellement Logitech n’offre pas de soutien aux clients qui souhaiteraient l’utiliser sous MacOS X.

C’est d’autant plus dommage, que cet excellent clavier marche très bien sur Mac. Je viens de consacrer cette page au sujet.

Bonne lecture !

Maronnier !

Chaque 1er mardi qui suit le 1er lundi de novembre de chaque année bissextile (US Constitution, art. 2), les Etats-Unis élisent des grands électeurs qui, nantis d’un mandat impératif, ont la charge d’élire le président de l’Etat fédéral. Sympathique marronnier, resté inchangé depuis 1776, par la magie d’une constitution assez surréaliste aujourd’hui.

Cette année, l’enjeu est de taille car il ne fait pas de doute que le président élu aura, par sa personnalité même, une influence sur la conjoncture mondiale. Le paysage est compliqué et le choix cornélien : le peuple des Etats-Unis va-t-il porter au pouvoir un retraité va-t-en guerre ou un gauchiste noir ? Bien malin qui pourra le dire !

Personnellement, j’espère une victoire d’Obama mais je crains une victoire de McCain…

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