François Druel, PhD

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François Druel, PhD.
Consultant, enseignant, auteur
rédacteur de ce site

Orange se moque du monde !

Ce week-end, je suis allé en Grande Bretagne pour rendre visite à quelques amis. J’ai pris le train entre Paris et Londres. C’est simple, efficace et, grâce à une gestion intelligente des réservations, ce n’est finalement pas très cher : 80 EUR pour un aller-retour sont une somme très acceptable pour utiliser un train à grande vitesse, emprunter le tunnel sous la Manche et arriver à bon port à l’heure et en toute sécurité.

Le transport ferroviaire est un service qui met en oeuvre un certain nombre d’infrastructures lourdes et coûteuses : voies ferrées, rames de transport, tunnel sous la Manche, personnel, etc. Pourtant, le service rendu l’est pour un prix somme toute acceptable et qui répond à une logique claire et homogène. Bref, le prix demandé est en adéquation avec la valeur perçue. Je dois dire que je n’aurais pas été surpris de payer plus que les 80 EUR demandés.

Entre autre bagage, j’avais emporté mon iPhone, d’autant plus indispensable compagnon de mobilité pour le consultant que je suis que mon mobile est ma ligne principale (je n’utilise pas ma ligne fixe) : il permet de rester joignable, de lire ses mails et ses SMS, de ne pas être coupé du monde. Or, c’est bien connu, les forfaits des opérateurs, en l’espèce d’Orange, ne comprennent pas les communications à l’étranger. Le roaming fait systématiquement l’objet d’une facturation spécifique.

Avant mon départ, j’ai donc du prévoir le nécessaire afin non seulement de pouvoir continuer à utiliser mon iPhone mais également afin de ne pas avoir de mauvaises surprises sur ma prochaine facture. Et là, je suis tombé des nues !

En effet, il m’a fallu non pas souscrire 1 produit mais 3 ! Un forfait me permettant d’émettre et de recevoir des appels voix, un forfait SMS et un forfait pour les communications de données. Premier effet désastreux : ces trois utilisations consubstantielles sont saucissonnées ! Pourquoi rendre aussi compliquée l’utilisation de la téléphonie ? Pourquoi rendre compliquée une offre qui pourrait être simple ? Par dessus le marché, les cerveaux embrumés des marketeurs d’Orange n’ont prévu aucune offre spécifiquement dédiée aux week-ends ! Il m’a fallu souscrire des options mensuelles (en demandant l’arrêt d’abonnement à la fin du mois courant).

Mais surtout, au total, cela m’a coûté les yeux de la tête : plus de 120 EUR pour 1 heure de téléphone, 100 SMS et 500 Mo de données ! Arggghhh ! ! ! Je n’arrive pas à imaginer qu’un peu de téléphonie mobile coûte plus cher qu’un aller-retour en train, qui met en oeuvre des infrastructures bien plus lourdes et coûteuses qu’un réseau de téléphonie.

De plus, Orange est également présente en Grande Bretagne où cette entreprise est un acteur majeur de la téléphonie mobile. Orange a déployé en Grande Bretagne un réseau non pas pour répondre spécifiquement aux besoins de ses clients français mais pour servir ses clients britanniques. Partant, l’utilisation que j’ai pu faire du réseau britannique d’Orange n’a pu être que marginale et il est donc économiquement incompréhensible qu’un week-end en Grande Bretagne coûte plus cher un mois d’abonnement en France. De plus, c’est éthiquement inacceptable.

Comme je l’ai déjà dit, une entreprise ne doit pas prendre ses clients pour des jambons…surtout quand le service rendu est devenu une commodité sans valeur perçue.

Il serait temps qu’Orange comprenne qu’il est révolu le temps où les abonnés du téléphone pouvaient être traités comme des vaches à lait !

‘oublie tout

En juillet, alors que je ne pensais pas partir en vacances, je suis allé à l’Arlequin, voir Les vacances de monsieur Hulot en version remasterisée. Comme la plupart des oeuvres de Tati, ce film est enraciné dans la culture populaire française. Enfant, je l’avais vu plusieurs fois à la télévision et j’en gardais un vague souvenir : la partie de tennis, les scènes de restaurant, la vieille auto pétaradante…

Mais là, j’ai eu un choc ! D’abord parce que le grand écran redonne à ce film formellement très travaillé sa pleine dimension artistique : les mouvements de caméra, les angles de prise de vue, la photo en noir & blanc, les innombrables bruitages… tout l’art cinématographique de Tati saute aux yeux sur un écran de cinéma alors que la télévision l’avait émasculé, si je peux m’exprimer ainsi.

(Re)voir ce film sur grand écran est une réelle découverte artistique. Il y a quelqujes années, j’étais allé voir Mon oncle (au Balzac) mais je n’avais été aussi frappé par le soin presque maniaque qui Tati a apporté aux vacances (la critique sociale est le coeur de Mon oncle alors que Les vacances se cantonne en fait à une observation à la limite du caustique). Je comprends mieux pourquoi Les vacances a reçu autant de prix.

Ensuite, parce que ce film m’a laissé assez dubutatif, finalement : lors de la resortie du film, la critique a été unanime : le film n’a pas pris une ride… C’est à ce demander si les critiques regardent le monde qui les entoure ! ! Du point de vue artistique, certes, ce film est un grand classique. Du point de vie sociologique, en revanche, ce film, qui date de 1953, est totalement dépassé.

La société française de 2009 n’a plus l’homogénéïté culturelle qui prévalait encore dans les années 1950. Il se trouve que je suis allé voir ce film avec une amie française de culture marocaine : la pauvre était totalement perdue car un grand nombre de références culturelles lui ont échappé. La pension de famille, la cloche qui appelle les clients à dîner, la galanterie… autant de notions (entre autres) que j’ai dû lui expliquer.

Les vacances de monsieur Hulot appartient au patrimoine du cinéma français de culture française… mais, presque 60 ans après sa sortie, du point de vue sociologique, il est ridé et poussiéreux. Il doit rester ce qu’il est : un témoignage humoristique et caustique sur une époque révolue.

Deux bluettes

En voyant la bande annonce de Neuilly sa mère, mon attention avait été attirée par le sujet retenu et par l’ambiance apparemment légère… las ! Il s’agit encore d’un film dont tout l’intérêt est dans la bande annonce. Durant une très longue heure et demie, ce film juxtapose les clichés dans une atmosphère pataude et balourde, sur fond d’improbable amourette ! Le résultat m’a laissé un goût de gâchis car le sujet est passionnant (la nécéssaire construction d’une nation multi-culturelle)… Le jeu des acteurs est parfois juste, mais l’ensemble est d’un ennui assez désolant. 1 étoile, quand même !

A première vue, College Rock Stars n’est rien de plus qu’une aimable bluette entre adolescents, sur fond de musique rock et dans une ambiance de radio crochet. Pourtant ce film est très bon : les acteurs sont justes, les situations plutôt crédibles et l’histoire globalement construite. A partir un scénario qui tiendrait sur un timbre poste et en s’appuyant sur un grand professionnalisme, le cinéma américain sait produire un bon film… ça fait plaisir, surtout si je compare ce film à Neuilly sa mère !

Pour ne rien gâcher, College Rock Stars joue dans le registre des loosers motivés et qui finissent par gagner. Pile-poil le genre de pitch qui donne la pêche et qui motive : après-tout, si on y croit et qu’on a rien à perdre, on peut se lancer à fond. Evidemment, on reprochera à cette approche qu’elle met encore une fois le mythe de la réussite à l’américaine (où va se cacher ce satané impérialisme ! ) où une volonté, un courage et une abnégation toutes Wasp permettent de se tirer des situations les plus désespérées… mais après-tout, c’est ça aussi l’esprit d’entreprise : de la créativité et de la foi en soi… Ce film mérite ses 3 étoiles !

‘est reparti

Cette année, j’ai eu l’occasion de prendre quelques jours de vacances, au soleil sur la Côte d’Azur. Cela ne m’était pas arrivé depuis des années : plage, pêche en mer, piscine et soleil. Le programme peut paraître simple mais quand il est accompagné de moments humains de qualité et d’une grande amitié, c’est dingue le bien que cela peut faire.

Merci à ALC de m’avoir consacré un moment, merci à BR et à sa famille de m’avoir accueilli fraternellement. Non seulement je suis revigoré mais, encore une fois, et toutes choses égales d’ailleurs il y a des moments que la chaleur humaine transforme en instants uniques. Et ces moments là, où qu’ils soient et quel que soient leur contexte, ils font du bien.

Alors, ce soir, après la parenthèse des vacances, la vie reprend. Mais elle ne reprend pas comme avant. Elle reprend mieux, elle reprend plus fort. Je suis remonté comme une pendule. Et mon énergie, c’est l’amitié !

Deux biopics

La mode est aux biopics : des biographies romancées et portées à l’écran. Pas la peine de faire preuve de beaucoup d’imagination, pas la peine de prendre beaucoup de risques : si le personnage choisi est connu, le public prendra tout seul le chemin des salles obscures.

Victoria, les jeunes années d’une reine est exactement dans cette catégorie de films : aucun risque, une belle réalisation mais le film est plat, totalement plat. Dommage car la reine Victoria aurait mérité beaucoup mieux. Verdict : 1 étoile

Avec les mêmes données de départ, Public Ennemi propose un vrai film palpitant : le scénario a été beaucoup travaillé, les décors et les costumes sont, eux aussi, très recherchés. Mais ce qui marque dans ce film c’est la photo, les mouvements de caméra et les cadrages : pendant deux heures, j’ai été happé par un scénario rythmé, des acteurs assez justes et une ambiance prenante. Mais surtout, j’ai été surpris par des cadrages étonnants, des zooms bluffants, des gros plans, des contre-plongées, des profondeurs de champs… ces mouvements, conjugés à une photo et des lumières très travaillées donnent encore plus de rythme et de suspense au film qui n’en demandait pas tant. Bref, de a belle ouvrage formelle au service d’une histoire palpitante. Verdict : 4 étoiles !

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