François Druel, PhD

Auteur/autrice : François Page 24 of 39

François Druel, PhD.
Consultant, enseignant, auteur
rédacteur de ce site

Deux films pour passer le temps

Lucky Lucke est un film assez correct qui s’inspire des aventures du génial Lonesome cow-boy imaginé par Morris & Goscinny. La comparaison s’arrête là ! Le reste est tellemment éloigné de l’esprit des deux bédéïstes qu’il serait presqu’insultant de chercher à rapprocher la bande dessinée et le film : Rantamplan et les Daltons ne son pas là, les méchants s’allient à Lucky Lucke et deviennent gentils… la cavalerie ne débarque pas pour sauver le Monde… à force de prendre des libertés avec la BD, l’équipe propose un film tellement éloigné de la BD qu’il perd en crédibilité.

Les auteurs de ce film ont juste juxtaposé quelques éléments de la BD pour faire une sorte de film à sketches drolatiques. Certes les décors, les bruitages et les costumes sont très travaillés, voire recherchés, mais il manque la touche de non sense de la bande dessinée. J’aurais apprécié un scénario signé Gerra, par exemple. Mettons 2 étoiles à Lucky-Lucke

Tempête de boulettes géantes est décevant. D’abord parce que les productions Pixar ou DreamWorks nous ont habitué à un tel niveau de qualité, que revenir au bon vieux dessin animé est, en quelque sorte, frustrant. Mais surtout parce que ce film hésite : il ne trouve pas son style, pas son rythme, pas vraiment son genre. Je passe mon temps à le répéter : faire du marketing, c’est faire des choix… en matière de proposition de valeur, chercher un optimum revient à créer des gloubi-boulgas indigestes. Ce film en est la preuve : à force d’hésiter, il est en permanence assis entre deux chaises. Sauvé par quelques bonnes trouvailles, tempêtes de boulettes géantes permet de passer un moment de détente, sans plus. Une étoile.

Petite leçon de consumérisme scolaire

Rémunérer les classes dont le taux d’absentéisme est faible : voilà l’idée (r)évolutionaire testée depuis quelques temps dans deux lycées difficiles de l’académie de Créteil (le détail de l’information sur le site du Parisien, qui a révélé l’affaire). Cette initiative a été bien marketée : les récompenses sont collectives et les sommes devront être affectées à des actions pédagogiques menées en commun après avoir été choisies démocratiquement par les élèves en concertation avec le corps enseignant.

A première vue le système ne manque pas d’attrait : cela crée de l’émulation entre les élèves d’une classe, responsabilise le groupe et le soude par un objectif commun. Mais surtout, assis sur la présence aux cours, ce système est censé lutter contre l’absentéisme. Ce système, cependant, présente des risques importants et met en danger les fondements mêmes de notre modèle social.

Depuis que l’instruction est publique, l’école est le premier des ascenseurs sociaux : le travail est sanctionné par les diplômes qui sont la récompense et le viatique pour une vie citoyenne libre et responsable. La question de la présence à l’école ne se pose pas : ne pas venir à l’école c’est s’exposer à l’échec. Venir à l’école est la première des actions citoyennes. Vision angélique ? C’est pourtant à l’école que s’apprend la vie en société et son rôle sociétal se doit d’être rappelé car l’école est un des fondements du système républicain. Les risques de la rémunération de la présence en cours, cependant, sont nombreux et profonds.

Le premier risque est que cette pratique va en fait apprendre le consumérisme et la cupidité aux élèves de ces classes.

C’est un changement profond car c’est la question de l’utilité même de l’école qui va changer : on ne va plus à l’école pour apprendre mais pour gagner de l’argent afin de financer un projet. L’école devient un objet de consommation. On vient en cours donc on a droit à de l’argent qu’on peut ensuite dépenser à sa guise (ou presque).

Ce premier risque va en entrainer un autre, presque mécaniquement, le grand classique de l’analyse économique : les élèves vont inévitablement chercher à faire jouer le principe de l’avantage comparatif. C’est aussi vieux que Ricardo, c’est un des fondements de l’économie de marché. Rémunérer les élèves va mettre en avant la question centrale du commerce : quel est mon intérêt ?

Que la rémunération soit jugée comme faible ou que le projet à financer soit vu comme inintéressant et les élèves ne s’impliqueront pas et ne viendront pas en cours. A quoi bon se casser la tête à aller en cours pour si peu… le système se tire une balle dans le pied, d’autant qu’il porte en lui-même cette dérive. Ce sera le dialogue de sourds entre des autorités scolaires insistant sur le caractère obligatoire de l’école et des élèves appuyant (à juste titre) leur démonstration sur l’économie : l’école veut faire jouer la concurrence, elle se doit donc d’apporter un avantage comparatif fort. Je n’ose pas imaginer les négociations entre des syndicats lycéens et le ministère de l’Education nationale au sujet du montant des rémunérations… avec ce nouveau système, les élèves disposent du levier leur permettant de justifier leur absentéisme !

A ce premier risque, s’en ajoute un autre : cela va créer des générations d’assistés.

Si on admet que certains élèves joueront le jeu, ils viendront en cours et seront donc rémunérés. La rémunération est la récompense et la conséquence. La première assistance sera liée à l’obtention du diplôme : que va-t-il se passer si, étant venus en cours, les élèves n’obtiennent pas leurs diplômes ? Le diplôme, en effet, n’est pas la conséquence naturelle de l’assiduité mais la sanction d’un travail et d’une compréhension efficaces (qu’on repense à nos souvenirs scolaire : on a tous croisé des élèves « doués » qui, travaillant peu – au moins en apparence – réussissent aux examens avec une apparente facilité et dans la décontraction). Du droit à l’argent au droit au diplôme, il n’y a qu’un pas que les élèves franchiront un jour ou l’autre.

En admettant que le système fonctionne, que les classes assidues gagnent de l’argent pour financer des projets choisis en commun et que les diplômes de fin d’études soient obtenus… les élèves auront également appris la cupidité. Si tout travail mérite salaire, aller en classe n’est pas un travail, c’est une formation, un passeport pour une vie adulte et responsable dont une grande partie sera consacrée au travail. Après le droit au diplôme, conséquence d’une assiduité rémunérée et non plus d’un travail personnel et citoyen, ce système expérimental risque de généraliser une logique économique dans la réflexion des élèves qui, puisqu’on le leur aura appris, verront la vie au travers du prisme économique… l’engagement citoyen, associatif, désintéressé, qui est la base même de la vie en société, va chanceler. Aller voter ? A quoi bon si on n’y gagne rien ? Participer à une association ? idem… la fraternité, qui est un des piliers de la République n’est pas possible sans désintéressement.

Reste un dernier point : ce système de rémunération ne s’adresse qu’aux lycées en difficulté. Les bons lycées (et, dans les lycées en difficulté, les bonnes classes) ne seront pas entrainées dans cette spirale infernale. Les bons élèves, ceux qui cherchent à progresser par le travail et l’effort n’ont pas besoin de ce système… en proposant le principe de rémunération aux lycées en difficulté, non seulement on ne les aide pas, mais on enfonce les plus faibles !

Quelle est donc cette cette société, qui renforce les forts et qui affaibli les faibles ? La République ne peut pas être darwiniste. Tout au contraire, elle se doit d’être fraternelle et d’aider les plus faibles. En rémunérant les élèves en difficultés, la République se tire une balle dans le pied.

Papotages avec JM Billaut

Cette après-midi, je suis allé papoter avec mon vieux complice Jean-Michel Billaut. Nous avons évoqué le bon vieux temps de l’Atelier… et puis aussi quelques projets qui me trottent dans la tête et sur lesquels je souhaitais recueillir son avis. Jean-Michel n’a pas la vie facile mais son esprit est toujours aussi alerte ! Remettez-vous vite, Jean-Michel !

Mais cette visite était avant-tout amicale car depuis quelques temps Jean-Michel est en rééducation à la campagne et je souhaitais, bien modestement, lui soutenir le moral. C’est pourquoi je lui ai apporté un petit cadeau :

La video n’est pas terrible, mais je n’ai pas trop l’habitude et il faut reconnaître que la caméra de l’iPhone est loin du Technicolor 😉

Je remercie Alain Schott qui a eu la gentillesse de me conduire jusqu’à Jean-Michel.

Mademoiselle Chambon

Dans certains milieux, il est de bon ton de se moquer du cinéma français. Sans action, sans scénario, sans acteurs… le cinéma hexagonal serait digne du vide intersidéral. C’est ce que j’avais en tête en allant voir Mademoiselle Chambon, film que je ne serais pas allé voir si GC ne m’avait pas accompagné. J’avoue que j’étais motivé autant par sa réaction que par le film lui-même.

Il s’agit d’un film à la Claude Sautet : une tranche de vie présentée assez brute : on ne sait rien du passé des personnages, le film ne laisse rien deviner de leur avenir (l’archétype de ce genre étant pour moi Garçon qui m’a laissé dans mon esprit une trace indélébile). La caméra (et donc le spectateur) est posée là, devant eux, et les regarde agir, comme des cobayes dans une boite. Naturellement, c’est frustrant… il ne se passe rien…

En fait, dans ce genre cinématographique, c’est au spectateur d’être actif : il faut se mettre à l’écoute de ses sentiments, de son ressenti. Cela se fait dans le calme, cela prend du temps… si on ne fait pas cet effort, on passe littéralement à côté du film.

Une fois de temps en temps, cela peut être intéressant, mais c’est vite lassant. 1983 – 2009 : une fois tous les 26 ans, c’est suffisant !

#jeansarkozypartout

Jean Sarkozy fait la une des médias et particulièrement sur Internet ! Il faut dire que la ficelle employée par son père est particulièrement grosse et visible. En deux mots, ça m’énerve ! Voici donc une note dans la série humeurs 😉

Comme le démontre Guy Birenbaum, aujourd’hui c’est sur internet que les rumeurs se propagent et, les outils permettant de donner corps à une créativité débridée, on voit déferler des montagnes de sites parodiques tous aussi drôles les uns que les autres, comme Vas-y Jeannot, qui est à mourir de rire.

Ceci dit, la presse papier n’est pas en reste : Libé a sorti deux « Unes » d’antologie mardi et mercredi. Malheureusement, mon kiosquier ne les avait plus aujourd’hui (il était en rupture). Grâce au site de Libé, j’ai pu les retrouver et je les ai accolées dans un petit montage. Je trouve que c’est très parlant.

Ce montage est composé de la Une du mardi 13 octobre 2009 : « Moi, mon papa, il est Président », photo HOUNSFIELD .GAMMA. EYEDEA PRESS et de la Une du mercredi 14 octobre 2009 : «Désormais, ce qui compte en France pour réussir, …». Repris avec l’autorisation de Libération

Quand on sait que la Une de droite est postérieure à celle de gauche, le Désormais est assassin.

Comme le faisait remarquer L. Joffrin dans le duel bi-hedomadaire auquel il participe sur France Info, « Sarkozy se croit tout permis quand il se pense en position de force ».

Il est temps que l’opposition se réveille ! ça devient urgent !

Page 24 of 39

Propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén