François Druel, PhD

Auteur/autrice : François Page 17 of 39

François Druel, PhD.
Consultant, enseignant, auteur
rédacteur de ce site

Du boulevard à croquer !

MiamMiam AfficheC’est par la télévision que le théatre Marigny s’est imposé comme la Mecque du théatre de boulevard. Décors de Roger Hart et costumes de Donald Cardwell sont restés dans toutes les mémoires des téléphages.

C’est dans ce théatre qu’Edouard Baer s’est installé pour sa pièce du moment, Miam-Miam. Fidèle à la tradition de l’endroit, les portes claques, les situations virent et revirent, les acteurs sont dans un chassé-croisé ininterrompu…

Bref, la pièce est enlevée et rythmée. Comme toujours avec Edouard Baer, on est plus dans le sourire que dans le gros rire gras et c’est donc plutôt agréable.

La pièce est donc plutôt réussie. Un petit regret, cependant : je trouve la pièce un peu longue, sans doute pour marquer une volonté de contenter le public par un spectacle de deux heures. Quelques passages sont un peu superflus.

Quoi qu’il en soit, Miam Miam est un bon spectacle, sympathique et sans autre prétention que de divertir gentiment…
Une bonne soirée a l’image d’Edouard Baer : un peu détachée, un peu superficielle, un peu bo-bo, très parisienne et tellement sympa.

Vive le célibat !

A l’occasion d’une soirée culture, Arte publie sur le site de l’émission un texte signé par Maïa Mazaurette dans lequel elle affirme que, je cite, le célibat n’est plus un statut, mais une humiliation.

Comme vous le savez, je suis un célibataire endurci et depuis toujours, par dessus le marché. C’est pourquoi ce texte m’intrigue au plus haut point. Maïa semble en effet considérer que le célibat n’est rien d’autre qu’une situation d’attente en vue d’une vie de couple qui serait l’ultime but à atteindre pour vivre heureux.

Cette prise de position a tout d’un affreux bourgeoisisme bien pensant panurgique et grégaire. C’est un summum de politiquement correct. Il faut faire comme tout le monde pour vivre heureux en société. Il n’y aurait pas d’alternative au couple (sic !)

Evidemment cette brave Maïa tombe dans le panneau du consumérisme rampant : elle dresse d’internet un tableau peu commun, en faisant des sites de rencontre une sorte de terrain de chasse où l’âme soeur répertoriée, classée et formatée est choisie sur catalogue, à grands renforts de critères compatibles.

Je dois avouer que cette prise de position me donne des hauts-le-coeur, et principalement pour 3 raisons :

1- Dans la vie, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise décision, mais des choix à assumer. Le couple n’est pas une fatalité. Le célibat est un mode de vie fort agréable. Evidemment, il faut l’assumer comme tel. Et ça, tout le monde n’en est pas capable.

2- Le célibat n’est pas une situation d’attente. Choisi et assumé, le célibat est une situation confortable et pleine d’avantages. Les célibataire ne sont ni les boulets ni les rebuts de la société de consommation. Le célibat peut s’assumer sans honte, que diable ! Il faut lutter contre cette idée reçue que le célibat est une situation de transition en attente d’une vie en couple ou entre deux couples.

3- Enfin, et peut-être surtout, le couple n’est pas la seule forme possible de relation entre deux partenaires. Je suis estomaqué de voir qu’au XXIème siècle on puisse encore véhiculer des idées aussi rétrogrades, ainsi que le fait Maïa Mazaurette. Des relations hors couple peuvent être agréables voire très amusantes car l’instabilité de la situation rend la recherche de l’équilibre très ludique.

Bref, en un mot comme en cent, vive la vie à contre courant ! Vouloir être dans le vent, comme le fait Maïa Mazaurette, c’est suivre un destin de feuille morte…

Le gouvernement malade du racisme

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour justifier les crimes de la terre,
Le racisme (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Envers Sarkozy avait l’art de plaire.

Il n’expliquait pas tout, mais pour tout il était évoqué :
Violence, emploi, insécurité,
A chaque problème cité par Sarkozy ;
Cause unique de chacun de nos soucis ;
Ni l’un ni l’autre ne bronchaient
La République, de la terreur prenait la voie.

La fraternité, la solidarité fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.

Sarkozy se rend à Grenoble, et dit : Mes chers amis,
Je crois que les étrangers se sont tout permis
Pour des mamies troubler la quiétude.
Que les plus coupables de nous
Se sacrifient aux traits du funeste courroux,
Peut-être verrons-nous de tous les maux la finitude.

(Pourtant, l’histoire nous apprend que de tels sentiments
Ont mené par le passé aux pires agissements 🙂

Ne nous retenons donc point ; voyons sans tolérance ;
Sans faire de cas de conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai déjà expulsé force ratons.

Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de virer
Les bébés

Je ne peux me dévouer car j’ai l’immunité ; mais je pense
Qu’il est bon de bon ton d’accuser tous les résidents :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus bazané périsse.

– Sire, dit Hortefeux, vous êtes bon président ;
Tous vos scrupules finissent en papier fesses ;
Et bien, virer roms, bicots, et sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les expulsant beaucoup d’honneur.
Et quant aux moricots l’on peut dire
Qu’ils étaient dignes de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les nationaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit Hortefeux, et ministres d’applaudir.
Sarkozy ne faisait que soutenir
De Le Pen, de Marine, et d’ autres nazillons,
Les impardonnables positions.

Tous les gens bien pensants, jusqu’aux riches rupins,
Par leur silence complice se révélaient tous mesquins.

Que de rebeux pourtant pourraient dire : J’ai souvenance
Qu’en une boulangerie gouère passant,
La faim, l’occasion, le pain tendre, et je pense
Quelqu’envie aussi me poussant,
Je mangeai le pain des français de ma langue.
Je n’en avais pas d’autre, rien à manger.
A ces mots on cria haro sur l’étranger.
Un ministre quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger le pain des français, quel crime abominable !
Rien que la déchéance n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

François (avec la complicité de J. de Lafontaine)

‘Europe ?

Les indépendantistes flamands ont remporté les élections dans ce qui s’appelle encore la Belgique. Je trouve que c’est une excellente nouvelle et j’attends impatiemment que la Flandre accède à l’indépendance. En effet, non seulement ce serait dans l’ordre des choses mais, de plus, ce serait une chance unique pour l’Europe.

On pourrait en appeler au légitime droit des peuples à disposer d’eux-mêmes pour justifier cette chance que la Flandre a devant elle. Je préfère cependant y voir une chance unique pour l’Europe : une Flandre autonome qui se placerait sous l’autorité des Institutions de la Communauté donnerait à l’Europe une réelle dimension politique. La Wallonie pourrait elle aussi s’inscrire dans un mouvement parallèle et revendiquer le même statut.

Reste le cas de Bruxelles capitale qui aurait alors également la même chance historique : se transformer en District européen neutre et autonome.

Avec une telle réorganisation géopolitique, l’Europe prendrait une réelle dimension politique ambitieuse et porteuse d’avenir. Pour la Flandre et pour la Wallonie, naturellement, mais également pour toutes les autres régions européennes qui revendiquent légitimement leur autonomie.

‘arroseuse arrosée ?

Martine Aubry, actuellement 1ere secrétaire du parti socialiste, est née en 1950 et fêtera ses 60 ans le 8 aout prochain.

A première vue, cela semble futile : tous les natifs de la classe 1950 (qui sont d’après cette étude de l’Insee environ 858.000, modulo les natifs de l’année déjà décédés) sont dans ce cas.

Atteignant 60 ans, tout ce petit monde va pouvoir faire valoir ses droits à la retraite…. y compris Martine Aubry !

Voilà un petit détail croustillant, qui mérite qu’on s’y arrête.

En effet, Martine Aubry est partisane de la retraite à 60 ans. De plus, elle défend assez farouchement l’exemplarité, comme on a pu le voir en matière de cumul des mandats (alors qu’elle-meme en cumule actuellement toute une tripotée : maire de Lille, mais également présidente de toute une ribambelle de comités théodules péri-municipaux et autres machins honorifiques, sans compter son engagement à la tête de son parti. Cela fait, qu’au passage, je doute fort qu’elle s’applique les règles des 35 heures hebdomadaires de travail… mais laissons ces détails de côté pour cette fois).

Martine Aubry a plutôt été une bonne élève : licenciée en économie, elle sort de l’IEP de Paris en 1972 pour intégrer l’ENA. Les élèves de cette école ayant le statut de fonctionnaire de l’Etat, c’est à partir de cette date qu’elle a commencé à cotiser au régime des retraites. En aout 2010 elle aura donc à son actif 38 années de vie professionnelle, auxquelles on peut ajouter quelques trimestres pour raison de maternité (Martine Aubry a donné naissance à une fille, en 1979, issue de son mariage avec JP Aubry).

Comme tous les natifs de 1950, pour faire valoir ses droits à une retraite à taux plein, Martine Aubry doit justifier de 162 trimestres de cotisation, c’est à dire 40 années et demi d’activité.

La conclusion est limpide : tout comme moi, Martine Aubry est prise entre le marteau et l’enclume ! !

Je pense qu’on a pas fini de rire : je suis très curieux de savoir comment elle va justifier son maintien en activité… Martine Aubry risque bien de se prendre les pieds dans le tapis et de nous jouer encore une fois un vieux film qui est toujours aussi drôle : l’arroseuse arrosée !

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