François Druel, PhD

Catégorie : Émotion(s) Page 6 of 7

Tout ce qui me touche

Produits récréatifs

Je l’ai déjà dit dans ce blog, pour se déplacer une auto me semble bien inadaptée. Bien que je reste fasciné par la technique automobile et le fait que cette activité a généré un éco-système qui a donné naissance à une part importante de l’activité de ces 120 dernières années, la bagnole a un je-ne-sais-quoi qui me repousse, en dépit de son indéniable côté pratique. La voiture, objet de désir et de puissance est un des emblèmes du XXeme siècle ; son rôle, cependant, est remis en question et les effets de bord sont nombreux, comme le montrent les remous boursiers actuels qui ne sont que les prodromes de changements plus profonds.

SmartIl y a longtemps (c’était en 1999) j’ai eu une Smart. Ce fut d’ailleurs la première Smart jaune livrée à Paris. En fait j’ai bien aimé cette auto : fun, sympa et pratique. Elle consommait peu, accélérait bien et se garait partout. De bonne facture, elle avait aussi un petit côté décalé qui me plaisait beaucoup. Limitée à un usage urbain et suburbain, c’était la voiture parfaite, qui mettait en application une variante du cahier des charges de feu la 2CV de Citroën : « deux places sous un parapluie ». Puis j’ai vendu cette auto et j’ai eu une classe A qui m’a rendu de fiers services et au volant de laquelle j’ai parcouru de nombreux kilomètres.

Et puis, après de longues hésitations, je me suis lancé dans le permis moto. Je me suis inscrit au permis, j’ai pris des leçons, j’ai passé des heures sur le plateau à me battre avec un engin qui me paraissait lourd et pataud… mais surtout mes quelques faiblesse physiques se sont rappelées à mon mauvais souvenir : maîtriser une moto demande de l’équilibre, une grande coordination dans la synchronisation des mouvements et bref, sur les conseils de Daniel (excellent moniteur de la moto école Paris 15) , j’ai abandonné ce projet au grand soulagement de mon entourage qui, connaissant mes quelques faiblesses physiques, trouvait ce projet un peu fou. Par dessus le marché, pour faire de la moto, il faut mieux faire 1,80m et 60 kg que l’inverse ! Pourtant, pourtant, pourtant… la moto procure avec certitude les plus belles émotions mécaniques qu’on peut trouver.

Lumeneo Or, depuis quelques temps on voit apparaître sur le marché de nouveaux véhicules, qui font bouger les lignes de la vision qu’on peut avoir du déplacement motorisé. Actuellement je regarde avec intérêt et concupiscence des véhicules alternatifs.

La Smera de la start-up Lumeneo est le véhicule qui m’intéresse le plus. 2 place, 80 cm de large pour 2,45 de long, la Smera est une petite Smart à moteur électrique. Elle met en oeuvre des techniques très innovantes mais son moteur électrique devra être rechargé régulièrement. Ceci dit, j’attends avec impatience de la tester lors de sa commercialisation en janvier.

MP3Pour se déplacer ville, Piaggio vient de sortir le MP3 LT, un véhicule qu’une astuce technique transforme, pour le service des Mines, en tricycle à moteur. Cela permet au non motard titulaire du permis B que je suis de prendre les commandes d’un maxi-scooter très séduisant : large, assez lourd et plutôt stable, ce scooter est muni d’un mécanisme de blocage des amortisseurs avant qui évite de poser les pieds par terre aux feux rouges. Le résultat est très agréable, mais cela reste un scooter, c’est à dire pratique et rapide, mais dangereux et peu souple (casque et veste de moto sont de rigueur, sans parler des inconvénients dûs à la pluie).

Spyder Reste le cas du surprenant Spyder, proposé par la société canadienne Bombardier. Il s’agit d’un véhicule aux faux airs de moto-neige montée sur roues, purement récréatif et d’ailleurs présenté comme un roadster. Très tape à l’oeil, ce tricycle est fort encombrant (1,50 de large aux roues avants, 2,66 m de long ; c’est à dire très exactement l’emprise au sol d’une Smart) mais motorisé généreusement (106 CV pour 316 kg). Autrement dit, c’est une fusée. Là encore un équipement de motard est nécessaire. Son côté fun me tente indéniablement, mais ce n’est pas un produit raisonnable !

Goldwing Mini Reste à choisir. Si j’avais eu le permis moto, je pense que j’aurais fini par craquer pour une Honda Goldwing. Si je devais acheter une auto aujourd’hui, je pencherais pour une Mini Clubman… encore faudrait-il que j’en ai l’usage, ce qui est loin d’être le cas.

Se garer, entretenir, ne pas abîmer la carrosserie, changer les pneus, faire les niveaux… aller à la révision, payer les parcmètres, les parkings et… les amendes… n’en jetez plus, je reste piéton !

‘avant…

Les réflexions sur l’identité me passionnent, ça tout le monde le sait. Or, cette semaine deux discussions ont mis ce sujet en lumière. A propos des plaques minéralogiques, d’une part, et de la Belgique, d’autre part.

Pompiers pyromanes

J’ai déjà dit que je trouvais idiot de rendre obligatoire sur les futures plaques d’immatriculation la présence d’un numéro de département et d’un logo de région mais surtout, quand on lit le texte proposé par le ministère de l’Intérieur, cela va permettre à chacun de, je cite : afficher ses racines (cf. le site du ministère). Alors, évidemment les imbéciles heureux qui ont obtenu cette mesure débile se complaisent dans la fange de leur esprit de clocher et font des gorges chaudes du retour de la fierté française…

Cependant, en ces temps où les minorités se font de plus en plus visibles, je suis sûr que certains français ne vont pas manquer de revendiquer des racines étrangères : peut-on indiquer 99 (qui, dans les numéros Insee et de Sécurité Sociale, indique une naissance à l’étranger) comme département à même d’afficher ses racines ? C’est le département de naissance de, entre autres, Valéry Giscard d’Estaing, Edouard Balladur, Carla Bruni, Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et tant d’autres. Peut-on faire apparaître le drapeau italien, polonais, tunisien ou camerounais pour afficher ses racines. Sous quel motif le ministère de l’intérieur refuserait-il à Carla Bruni l’affichage du drapeau italien sur sa plaque d’immatriculation ? Sous quel motif refuserait-on aux français nés à l’étranger d’afficher le drapeau du pays où ils ont leurs racines ? Le pays de leurs parents et de leurs grands parents. D’ailleurs, de nombreux français de naissance ont des racines à l’étranger, à commencer par Nicolas Sarkozy dont le père est hongrois…

Dans un billet précédent, je prédisais que les imbéciles heureux qui ont obtenu cette obligation idiote allaient se retrouver dans la situation de l’arroseur arrosé mais à bien y réfléchir, se sont en réalité des pompiers pyromanes. Ils soufflent sur les braises du communautarisme et vont embraser notre pays.

Le royaume d’Ubu

Tout à fait par hasard, j’ai pu échanger sur le forum du site Chef Simon avec une forumeuse de nationalité belge. Or, je ne sais plus de quoi on parle quand on évoque la Belgique.

Quand je m’en tiens aux faits, je vois une situation totalement ubuesque : la superficie de la Bretagne et la population de l’Ile de France mais 3 communautés linguistiques, 3 Régions (sans recoupements entre communautés et Régions), un district composé de 19 communes dont certaines sont francophones et d’autres néerlandophones, un système de communes « à facilités » totalement surréaliste (que le non belge qui comprend ne serait-ce que le début du commencement de quoi que ce soit à ce dossier me le dise ! ), des revendications de couloirs linguistiques permettant d’établir des continuités territoriales…

Sans compter un gouvernement fédéral inexistant dirigé ad interim depuis des mois par un néerlandophone d’origine wallone qui fredonne l’air de la Marseillaise quand on lui demande de chanter la Brabançonne…

Bref, je suis perdu !

Par dessus le marché, les velléités d’autonomie de la Flandre, communauté qui rassemble 60 % de la population du pays, qui sont réelles et pas dénuées de fondement.

Comme je suis perdu, dans un message sur le forum j’ai essayé de citer les noms des plats dans la langue de la région à laquelle ils appartiennent. Je n’ai aucune raison de privilégier une langue sur les autres, après tout, surtout quand c’est la langue de la majorité de la population.

Pour la petite histoire, la dernière fois que je suis allé à Brugge, j’ai dû m’adresser en anglais à un commerçant : bêtement, je pensais qu’on parlait encore français en « Belgique », mais apparemment on parle flamand en Flandres (ce qui, d’ailleurs, est très respectable).

Je crois que l’Europe entière est en train d’ignorer un problème grave avec un comportement exemplaire d’autruche. Dans d’autres régions du Monde, en s’appuyant sur le légitime droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, ce genre de situation s’est transformé en poudrière…

Avoir son identité devant soi

Au travers de ces deux illustrations, se pose la question de l’identité. L’identité n’est pas un héritage mais une volonté. Elle se construit. On est ce qu’on veut devenir. Autrement dit, l’identité ce n’est pas d’où on vient mais où on veut aller. C’est une notion évolutive.

On ne peut pas construire la France en ignorant que 15 à 20 % de sa population a des racines en dehors de notre territoire actuel. On ne peut pas parler de pays sans sentiment national.

Lors d’un référendum resté célèbre, j’avais voté non. Je ne voulais pas d’un projet technocratique pour une structure européenne à la gouvernance incompréhensible. Un plan B existe, ambitieux et constructif : celui d’une Europe fédérale, qui serait conçue en partant de structures nouvelles. Il s’agit, en conscience, de faire table rase du passé, de remettre les compteurs à zéro pour projeter notre continent dans une structure nouvelle et ambitieuse. Un structure qui s’appuie sur des Régions autonomes adhérant à une fédération repensée.

Cela peut paraître utopique, mais après tout, les projets les plus utopiques sont aussi les plus porteurs d’espoir. Je ne doute pas que cela arrive un jour, mais ça va prendre du temps, beaucoup de temps…

What else ? !

NespressoMa Grand’Mère disait : « il ne faut pas dire : fontaine, je ne boirai pas de ton eau« … et encore une fois, elle avait raison ! Depuis des années, je m’étais refusé à utiliser le système Nespresso. Et puis aujourd’hui, j’ai craqué. Ce système de café est entré chez moi.

Depuis son apparition, nombre de mes amis se sont mis à utiliser ce système qui à, mes yeux, avait tous les défauts : cher, polluant, bourgeois, pédant… ce système était un des summum de la consommation anti éthique… et pourtant j’ai craqué !

D’abord parce que, d’après les dernières annonces, Nespresso est en train de développer une méthode de recyclage qui sera disponible en France. C’est bien le moins pour un système qui met en oeuvre de grandes quantités d’aluminium. Ensuite parce que le système est indéniablement pratique pour ceux qui, comme moi, boivent du café tout au long de la journée. Enfin parce que les différents cafés sont objectivement bons et que cette qualité est régulière.

Et puis, aussi parce que Nespresso est exemplaire en matière de valeur client. J’ai été impressionné par la qualité du SI qui est un modèle de CRM : le SI est unifié et permet d’accéder au compte client sur Internet, par téléphone ou dans les boutiques. Evidemment la vue client est la plus pauvre mais vues les informations collectées, il est évidement que la base de données clients est un actif immatériel d’une valeur inestimable pour l’entreprise. D’ailleurs, sachant que le système repose sur un ensemble de brevets protégeant le système à percolation et les consommables, voilà une entreprise dont la valeur principale est immatérielle.

Naturellement, la clientèle est plutôt âgée mais la culture de marque réussi ce tour de force de rester suffisamment bo-bo pour ne pas paraître ringarde. Sous une apparente décontraction, la culture de marque est très sophistiquée, presque trop à mon goût. Naturellement, tout cela revient cher (les cafés sont vendus entre 55 et 66 EUR/kg, soit environ 3 fois plus cher que des cafés de qualité vendus par les torréfacteurs artisanaux), mais après tout, le prix s’oublie, la qualité reste…

J’ai choisi une machine Le Cube de Magimix, marque française connue depuis des lustres pour la qualité de ses produits…

Dernière remarque en forme de clin d’oeil : Nespresso licencie son système breveté des constructeurs triés sur le volet et se réserve (jusqu’en 2012 au moins) l’exclusivité de la distribution des capsules (le café en poudre étant un des coeurs d’activité de Nestlé). Comme quoi un système peut être propriétaire et créer de la valeur 😉

Alors… what else ?

‘énergie

Hocus-Pocus Il y a longtemps que j’apprécie le hip-hop et le rap, quand ils sont bons. N’en déplaise à certains bougons, la chanson française à textes n’est pas morte avec Brassens et Brel. Elle peut même être bonne, voire très bonne. Il suffit d’écouter MC Solaar pour s’en convaincre.

L’écoute de 73 touches, le premier album du groupe nantais Hocus Pocus m’avait beaucoup intéressée car les textes ont toutes les qualités de la chanson française : poétiques (Pascal) ou réflexifs (Comment on faisait avant), parfois engagés (Géométrie), ils sont servis par un hip-hop tonique. Le deuxième album, Place 54 est du même tonneau et prouve que le groupe a trouvé un premier souffle. La musique a évolué : moins électronique, plus travaillée. Elle sert de beaux textes (Mr Tout le Monde, Tournée, Connecté).

Hier soir, alors qu’on célébrait le 30eme anniversaire de la disparition de J. Brel, j’ai assisté au dernier des trois concerts d’Hocus Pocus à l’Alhambra. Huit musiciens servent des airs toniques à 20Syl, le chanteur du groupe dont le flow est d’une énergie débordante, extraordinaire et entraînante. Le résultat est impressionnant de puissance, de vérité et d’une rare qualité musicale.

Le spectacle est réglé avec minutie, les costumes, les lumières, les arrangements, tout est bon et reste d’un naturel apparent étonnant. Le groupe est conscient de son statut de star mais le succès ne lui monte pas encore trop à la tête : avant le spectacle, 20Syl est dans la salle et échange avec le public dans une décontraction de bon aloi. Des invités participent à quelques morceaux. En première partie, un groupe wallon d’expression anglaise chauffe la salle de manière sympathique.

La chanson française est bien vivante et, avec Hocus Pocus, elle est même pleine d’avenir. Bien que C n’aie pas pu m’accompagner, ce concert m’a donné une pêche d’enfer. En ces temps de crise, me voilà remonté comme une pendule. Toute cette énergie accumulée en deux heures d’un concert mémorable m’ont fait un bien fou !

Islam… étrange ?

Comme chacun sait, cette année, le mois de septembre était celui du Ramadan, durant lequel nos concitoyens musulmans vivent ce véritable pilier de l’Islam.

Ce mois de septembre fut riche en événements religieux : le pape de l’Église catholique est venu célébrer le 150ème anniversaire des apparitions de la Vierge à Lourdes et nos concitoyens israélites ont célébré la fête de Yom Kippour le 22.

Naturellement, n’arrêtant pas de souffler sur des braises qui n’en finissent pas de s’éteindre, tout ce que la France compte de partisans de la laïcité crie au communautarisme et autres maux. Je me dis alors que la France est un pays paradoxal car ce n’est pas parce que la République est laïque que ses citoyens doivent l’être. De plus, cette fameuse laïcité à la française est en fait définie par réaction (presque épidermique d’ailleurs) à la religion catholique. Il suffit de lire la loi de 1905 pour voir que cela saute aux yeux. 

Le Ramadan a donc été pour moi l’occasion pour moi de lire Islam… étrange ? un ouvrage passionnant écrit par Emilio Platti, dominicain et universitaire flamand. je me délecte de la lecture de cet excellent ouvrage. Le style précis est intellectuel, ce qui n’est pas étonnant, mais l’approche est intéressante : chercher à comprendre la foi de l’Islam à la lumière de la foi catholique. 

Je ne peux que vous conseiller la lecture d’ Islam Etrange, qui, au delà de son côté pédagogique, est un témoignage et un hymne vivant au dialogue et à la tolérance.

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