François Druel, PhD

Catégorie : Émotion(s) Page 2 of 7

Tout ce qui me touche

Vive le célibat !

A l’occasion d’une soirée culture, Arte publie sur le site de l’émission un texte signé par Maïa Mazaurette dans lequel elle affirme que, je cite, le célibat n’est plus un statut, mais une humiliation.

Comme vous le savez, je suis un célibataire endurci et depuis toujours, par dessus le marché. C’est pourquoi ce texte m’intrigue au plus haut point. Maïa semble en effet considérer que le célibat n’est rien d’autre qu’une situation d’attente en vue d’une vie de couple qui serait l’ultime but à atteindre pour vivre heureux.

Cette prise de position a tout d’un affreux bourgeoisisme bien pensant panurgique et grégaire. C’est un summum de politiquement correct. Il faut faire comme tout le monde pour vivre heureux en société. Il n’y aurait pas d’alternative au couple (sic !)

Evidemment cette brave Maïa tombe dans le panneau du consumérisme rampant : elle dresse d’internet un tableau peu commun, en faisant des sites de rencontre une sorte de terrain de chasse où l’âme soeur répertoriée, classée et formatée est choisie sur catalogue, à grands renforts de critères compatibles.

Je dois avouer que cette prise de position me donne des hauts-le-coeur, et principalement pour 3 raisons :

1- Dans la vie, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise décision, mais des choix à assumer. Le couple n’est pas une fatalité. Le célibat est un mode de vie fort agréable. Evidemment, il faut l’assumer comme tel. Et ça, tout le monde n’en est pas capable.

2- Le célibat n’est pas une situation d’attente. Choisi et assumé, le célibat est une situation confortable et pleine d’avantages. Les célibataire ne sont ni les boulets ni les rebuts de la société de consommation. Le célibat peut s’assumer sans honte, que diable ! Il faut lutter contre cette idée reçue que le célibat est une situation de transition en attente d’une vie en couple ou entre deux couples.

3- Enfin, et peut-être surtout, le couple n’est pas la seule forme possible de relation entre deux partenaires. Je suis estomaqué de voir qu’au XXIème siècle on puisse encore véhiculer des idées aussi rétrogrades, ainsi que le fait Maïa Mazaurette. Des relations hors couple peuvent être agréables voire très amusantes car l’instabilité de la situation rend la recherche de l’équilibre très ludique.

Bref, en un mot comme en cent, vive la vie à contre courant ! Vouloir être dans le vent, comme le fait Maïa Mazaurette, c’est suivre un destin de feuille morte…

Poésie mathématique

Voilà une jolie vidéo qui montre que mathématique et poésie peuvent faire bon ménage. 3 minutes de plaisir pour commencer la journée, c’est réjouissant !

‘école des fans !

Dimanche 14 mars, fiers de notre devoir de citoyen, nous irons voter. Nous irons exprimer nos convictions. C’est la démocratie.

Et puis, dimanche soir, à partir de 20h00, va commencer sur toutes le chaînes de télévision et de radio la même émission, aussi pitoyable quelque soit la chaîne : l’insupportable école des fans des soirs d’élections.

Quelques soient les résultats des urnes, en effet, tout le monde aura gagné ! Ce sera merveilleux, chacun à sa place, chacun jouant son rôle (et s’il veut en sortir, les journalistes rappelleront à ce subversif homme (ou femme) politique quelle partition il (ou elle) doit jouer).

Naturellement, les trois partis qui ont été portés sur le trône de la grandeur par les analystes et les sondages (PS, UMP, Verts) seront satisfaits et heureux des résultats qui, comme par hasard, démontreront la pertinence de leurs analyses et de leurs propositions (souvent brandies telles des boucliers de vertu et trop souvent réduites à la surface d’un timbre poste, quand on a pris le soin d’en expurger l’inutile et le superflu). Naturellement, le FN et le Front de Gauche auront le monopole du rôle de trublion, comme toujours… et les autres partis seront oubliés !

Clou du spectacle, le président de la République, qui a foulé aux pieds le principe de neutralité qu’il devrait respecter, va lui aussi aller patauger dans ce marigot de la félicité mais, cerise sur le gâteau, non seulement il ne tirera pas de leçon du scrutin (et il a déjà eu l’outrecuidance de l’annoncer ! On croit rêver) mais il ne prendra même pas la peine de remanier en profondeur un gouvernement usé jusqu’à la corde… Si certains ministres sont battus aux Régionales il y a de fortes chances qu’ils restent au gouvernement… qui va se transformer en ramassis de loosers ! Vive la France et bonjour chez vous.

Bref, une fois encore, les médias imposeront à la France entière l’image non pas de ce qu’elle est mais de ce qu’ils souhaiteraient qu’elle soit : une bonne vieille démocratie bien vieillotte, avec deux grands courants bien définis. Il faut dire que ça facilite les soi-disantes analyses de la plupart des éditorialistes.

Pourtant, il suffit de regarder autour de soi pour voir que ce tableau qu’on voudrait imposer n’a plus grand chose à voir avec les réalités de la France de 2010. Les tendances, les signaux faibles et les innovations sont dans des partis qui sont qualifiés de petits pour surtout les écarter de la scène politique. Debout La République, le Modem, Désirs d’Avenir voire le NPA et quelques autres, pourtant, mériteraient qu’on s’y arrête car, au contraire des bon vieux partis qu’on nous impose comme grands, ils foisonnent d’idées, de trucs intéressants, de tout un tas de choses réellement innovantes.

Au premier tour, j’irai voter pour l’un de ces petits partis. Ma voix ne sera qu’une goutte d’eau dans l’océan mais je pense que c’est plus constructif que de s’abstenir. Si ça se trouve, j’irai même dépouiller (à défaut d’être scrutateur). Le 21 mars, j’irai voter mais je n’aurais malheureusement pas d’autre choix que de m’orienter vers un de ces grands partis qui resteront et qui feront ronronner les choses jusqu’au prochain scrutin.

Encore une fois la caravane électorale passera et la démocratie restera en plan.

 »être constant

En 1984, je suis tombé sous le charme de Smooth Operator, de la belle Sade Adu et de son groupe éponyme. J’ai aimé le single à la radio, et Diamond Life a été un des premiers CD que j’ai achetés. Le soul que proposait Sade étonnait un peu, en pleine période électronique.

Alors que ses détracteurs y voyaient avant-tout de la musique d’ascenseur, j’aimais bien cet album qui offrait un fond sonore apaisant et sans autre prétention que de détendre l’atmosphère. Cet album, et les suivants, a souvent accompagné mes trajets en auto (quand j’en avais une) et la quiétude des dimanche soirs que j’aime tant.

La musique de Sade faire remonter en moi les quelques restes des relents de la culture bourgeoise de mon éducation. Sade est une sorte de bru idéale, bien comme il faut, qui fait de la musique qui plaît sans doute à sa belle-mère !

Dans les 16 années qui ont suivi, 5 autres albums sont sortis. Sans aucune surprise, ils creusent tous le même sillon. Sade a un style, elle l’exploite avec succès… et pour ma plus grande satisfaction. Sade applique les préceptes de Sénèque. La constance est une qualité des sages. Elle a d’ailleurs fait un art de cette qualité. Tous ses albums se valent, qualité musicale rare.

Après avoir été une fille sage, Sade est maintenant (presque) une grand-mère qui sait rester suave. Son dernier album, Soldier of Love (à écouter sur l’iTunes Store) en est la preuve. Les années passent, le style reste, la voix s’arrondit à peine. Le résultat est sans surprise.

Cet album a rejoint les autres dans ma musithèque (maintenant que la musique est dématérialisée, je n’ose plus parler de discothèque ;)). On peut l’écouter sans risque, toujours avec le même plaisir… les dimanches soirs resteront beaux pour longtemps…

Réalité(s) du couple

La semaine dernière a été assez particulière pour moi. Pleine d’émotions et de sensations nouvelles. J’ai découvert beaucoup de choses en peu de temps. Bref, la semaine fut dense.

Alors que nous cherchions nos marques (et les avons trouvées assez vite), CS a eu l’excellente idée de m’inviter au théâtre. Nous sommes allés voir L’illusion conjugale une pièce d’Eric Assous qui se joue au théâtre Tristan Bernard jusqu’au 27 février.

Le thème, somme toute, est d’un classicisme absolu : le mari, la femme, l’amant. Voilà qui nourrit le genre boulevard depuis des décennies ! Ici la femme et le mari veulent savoir combien : combien de fois ils ont été réciproquement trompés par l’autre. Dure réalité des chiffres, dure réalité de la vie conjugale où s’exacerbent les différences de vues entre hommes et femmes…

Puis arrive l’amant, puis se joue le drame… l’écriture d’Eric Assous reste fine et alerte, la pièce se déroule à un rythme soutenu. On entre dans ce rythme, on chemine avec les acteurs, sans temps morts, sans perdre haleine non plus. On est dans la finesse d’observation et l’humour pince-sans-rire. Mon rire était franc mais il était aussi parfois jaune sans doute pour ceux qui ont l’habitude et la pratique de la vie de couple.

N’hésitez pas et précipitez-vous au théâtre Tristan Bernard : vous passerez une excellente soirée. Allez-y avec votre bonne amie. Vous y verrez votre couple dans un miroir pas si déformant (ou déformé) que ça.

En tout cas, je dois remercier C. d’avoir fait cet excellent choix. Décidément, cette semaine aura été dense et riche.

PS : cette note est la 100eme de ce blog. Créé en mai 2008, cela nous fait 5 notes par mois en moyenne. Espérons que je continue à tenir le rythme 😉

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