Depuis sa sortie, Des hommes des dieux crée un succès assez inattendu, qui a surpris les analystes. C’est dans une salle comble que j’ai eu du mal à trouver une place au milieu d’une foule surprenante et bourgeoise, aux cheveux majoritairement gris. Ma surprise est grande.

Le réalisateur est assez peu connu, la production à l’image du scénario, minimaliste. Les acteurs, cependant, savent donner du corps à ce film qui ne traine pas en longueur. On pourrait penser que la vie monastique est plate et toute en longueur ; mais non : les silences parlent, la lenteur est palpitante. La vie conventuelle est crédible.

Reste le regard à porter sur ces occidentaux enracinés et presqu’inculturés dans une ancienne colonie ; ces catholiques en pays musulmans : que font-ils là ? Quel est le sens de cette présence ? Que faut-il en penser ? En retenir ? J’avoue que j’hésite. Naturellement, ils ne font de mal à personne, au contraire ; mais ne sont-ils pas, en même temps, une provocation permanente ?

Dans une période secouée faut-il rester ? Voilà la question que posent collectivement les cisterciens de Tibhirine.

Je ne suis pas certain qu’il faille chercher des réponses ; et c’est certainement là la force de ce film…