Un Prophète est LE film de la rentrée, et quel film ! Fort, prenant, formellement très abouti et qui, durant 2h30 exaltantes présente un parcours initiatique aux antipodes de ce que devrait être le rôle que la République dévolue à la prison.

De facture très classique, le film est très abouti et a été visiblement conçu pour durer. Au delà de l’actualité qui en fait un réquisitoire, il restera comme un témoignage le jour où cette prison là sera une époque révolue (c’est du moins ce que j’espère).

Depuis très longtemps, la prison fascine. D’ailleurs la presse s’est répandue en commentaires en tous genres dans le but de savoir si le paysage carcéral dressé était proche d’une réalité qui fait beaucoup fantasmer.

A mon sens, l’important n’est pas là, mais dans le parcours initiatique décrit et dans son issue, funeste : le héros, un brave type sans trop d’histoire découvre le milieu carcéral, s’y installe (au prix d’épreuves qui sont de celles qui forgent le caractère), finit par y nager comme un poisson dans l’eau… puis s’en joue avant, finalement de mettre à profit son apprentissage au point de dépasser son maître.

On pourrait se dire sans doute avec justesse que ce brave type avait en lui le ferment de son parcours et qu’il serait allé vers son destin… mais un Prophète démontre (presque scientifiquement) que la prison n’a pas permis (loin s’en faut) de refouler ces penchants naturels ni de les changer. Au contraire, la prison en a été l’incubateur et l’engrais.

Bref, j’ai adoré ce film. Il a grandement mérité ses 5 étoiles.