Ce week-end, les dirigeants français et allemands ont confirmé que l’armée allemande allait stationner en France. Ce n’est pas une première, mais c’est la première fois qu’elle le fait sans intentions belliqueuses. C’est la première fois en presque 10 siècles !
Et bien, ça me la coupe, tiens !
En 1914 (il y a moins de 100 ans), un de mes arrières grand-pères a été tué au champ d’honneur. Parce qu’il avait été tué par l’empereur Guillaume II, ma grand’mère paternelle demanda qu’aucun de ses petits-fils ne s’appelât Guillaume. Parce qu’il s’appelait Jean, un de mes frères porte ce prénom.
En 1939, mes deux grands-pères se sont battus contre les allemands. L’un d’eux a été fait prisonnier, puis s’est échappé. Ils ont souffert de l’Occupation et un de mes grands oncles a passé un certain temps au STO.
En 1993, j’ai moi-même servi en Allemagne pendant mon service militaire dans ce qu’on appelait encore les forces d’occupation. J’ai été stationné dans deux casernes allemandes…
Les forces allemandes (600 hommes, c’est à dire un régiment) appartiennent à la BFA, la Brigade Franco-Allemande. Pendant mon service, on la surnommait la « Brigade Farces et Attrapes » à cause du « bordel couvrez » qui régnait au sein de cette organisation aussi pittoresque que désorganisée. Evidemment ce n’est pas un contingent important, mais il stationnera dans une place symbolique : Illkirch, en Alsace.
Bref, il y a matière à controverse et pourtant je trouve cela très bien, très constructif. J’espère que c’est le signe avant-coureur d’une réelle intégration de la défense européenne. Nous en avons besoin.
En dépit des quelques événements que je viens de rappeler, mon service militaire a, paradoxalement, annihilé chez moi tout ressentiment à l’égard du peuple allemand. Je pensais dès ce temps là que l’intégration totale était inéluctable.
Mais surtout, ce geste symbolique doit être le premier d’une longue série qui permettra de donner à l’intégration européenne des formes tangibles, à l’image de l’Euro ou de la chute des frontières… en attendant la création de Régions autonomes fédérées à la Commission (j’ai déjà expliqué dans ce blog qu’on pourrait proposer cette forme politique à la Flandres ou au Pays Basque).
Quand je vois ces initiatives je suis heureux de voir la définition de Max Weber prendre tout son sens
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