Kiraz fait l’objet d’une belle expo au musée Carnavalet. Depuis que, dans Jours de France, j’ai découvert ces longues silhouettes féminines, sortes de Barbie de papier, j’apprécie l’esthétique de ces parisiennes que leur auteur fait vivre depuis maintenant 60 ans. 

L’exposition présente une centaine de gouaches originales. J’ai été frappé par la maîtrise technique de Kiraz : les gouaches sont simplement superbes. J’ai apprécié aussi la justesse d’un trait qui n’a pas varié d’un iota en 60 ans. C’en est même étonnant : les gouaches de 2003 ont la même fraîcheur que celles des années 50. 

Elles n’ont pas d’âges, ces petites mignonnes dont les habitudes sont celles des héritières des beaux quartiers. Les décors sont intemporels, les lignes filiformes aussi et finalement les sujets également : en 60 ans, le temps n’a pas eu de prise sur le monde de Kiraz. Peut-être les archétypes se sont-ils un peu modifiés mais la futilité est la même…

Que tout cela est bourgeois !