François Druel, PhD

Catégorie : Nerd Attitude Page 3 of 7

Vivre avec Hadopi

Ce n’est pas faute de l’avoir dit et répété : la chasse aux site et aux pirates est une illusion !

La loi est à peine adoptée que déjà commencent à fleurir sur les blogs des trucs et astuces en tous genres pour contourner la loi ! Et les réjouissances commencent avec le blog de Korben.

Inutile d’être extra-lucide pour prévoir que ces trucs et astuces en tous genres vont pulluler et que les autorités seront bientôt submergées par la créativité débridée des utilisateurs du net.

Là encore, une longue traine va se créer : dans la droite ligne de l’économie 1.0, les tenants de l’Hadopi vont se concentrer sur les grandes masses alors que le coeur du débat seront les ribambelles d’individus qui téléchargent épisodiquement et qu’il sera très difficile de poursuivre.

un peu de design

Alors que le petit monde d’Apple n’arrête pas de rêver à une hypothétique tablette, SR m’envoie cette vidéo qui présente un travail de recherche d’un designer allemand. C’est très innovant et… très tentant !

Le papier fait son show

J’ai découvert (grâce à SA), un produit extraordinaire : le Paper Show, créé par Oxford.

Le produit se compose d’une clé USB contenant un logiciel de « tableau blanc », d’un stylo incorporant une micro-caméra et d’un bloc de papier spécial. Le stylo est connecté à la clé en bluetooth.

L’idée, comme souvent, est simplissime : tout ce qui est écrit sur la feuille de papier est reproduit sur le tableau blanc : dessin, textes, graphiques etc. La marge du papier contient des commandes simples : changement de couleurs, insertion de formes pré-définies (que PaperShow appelle « formes parfaites ») et même une gomme…

Naturellement, si l’ordinateur est relié à un vidéo-projecteur, le tout se transforme en kit de présentation interactive. Le logiciel est doté de nombreuses fonctions : impression des fichiers, envoi par mail, sauvegarde etc. Une présentation PowerPoint peut être importée dans le logiciel et servir de base à des griffonnages en tous genres. Toutefois la fonction d’OCR ne semble pas être au programme (ce qui est prudent de la part d’Oxford car cette technologie est très déceptive).

Ce produit est une sorte de tablette graphique qui joue sur la complémentarité entre du matériel et du logiciel. Le consommable n’est pas oublié : Oxford, en bon papetier, compte vendre des recharges du papier spécial nécessaire à la bonne marche du système. Le kit (clé + stylo + bloc) est vendu 140 EUR environ et les recharges de papier 15 EUR environ.

Bref, ze truc geek à avoir 😉 Mais, car il y a un mais, la version Mac ne sera pas disponible avant le début de l’année prochaine… en espérant que cela ne signifie pas le 30 juin !

Affaire à suivre, donc.

Mare Liberum ?

Depuis son irruption dans le grand public, concomitante de l’arrivée du web, (c’était au milieu des années 1990), l’internet s’est imposé comme un phénomène planétaire majeur. Tout (ou presque) a été dit sur ce réseau des réseau : adulé par les uns, vilipendé par les autres, Internet a donné lieu à une littérature pléthorique sur ses enjeux économiques, ses impacts sociologiques, ses implications techniques et plus encore. Bref, dans notre vie, il y a un avant et un après Internet.

Malgré une maturité certaine, ce réseau des réseau continue de poser certaines questions, rampantes depuis des années. Deux en particulier ne sont toujours pas tranchées : l’internet doit-il être cantonné à un simple réseau neutre de transport (position que j’ai eu l’occasion de défendre et que je pense juste) ? L’internet est-il un puissant réseau décentralisé ou bien un simple Minitel 2.0 (ce que B. Bayart démontre avec maestria) ?

La France jacobine du Minitel s’oriente à grands pas vers des réponses erronées à ces questions fondamentales : en se dotant de l’arsenal de l’Hadopi, notre pays admet que l’internet n’est pas un simple réseau neutre de transport et favorise l’émergence de services centralisés, prétendument plus faciles à mettre sous contrôle. Ce qui, dans certains cas, peut-être une nécessité, ne doit pas être une généralité.

Ce mouvement est d’ailleurs renforcé par la communication imaginée par Orange avec sa campagne internet et Internet par Orange. Je suis estomaqué de voir des spécialistes des réseaux se laisser prendre dans un tel piège…

Parallèlement la position américaine semble prendre le chemin inverse : en proposant le concept de net neutrality par la voix du président Obama, les USA prônent un réseau libre et ouvert à tous. Barack Obama avait pris cet engagement dans sa campagne et ne s’en est pas détourné.

Etant donné le poids pris par l’internet dans l’économie américaine, étant donné que les USA ne lâchent pas prise quand leurs intérêts économiques sont en jeu, il y a fort à parier qu’un jour le torchon brûlera entre les USA et le reste du monde à propos de l’internet.

Et la question sera simple : l’internet est-il libre ? Les USA faisant de la Liberté le véhicule de leur impérialisme, il serait surprenant qu’ils changent facilement leur fusil d’épaule (quel que soit le président en fonction, d’ailleurs).

Comme souvent, pour comprendre ce débat, il faut revenir en arrière, à 1604 exactement. C’est à dire à l’année où Grotius (un juriste néerlandais) publiait Mare Liberum, un ouvrage consacré au droit de la mer et qui, à la suite d’une controverse entre britanniques et néerlandais, posait le principe de la liberté des mers. A la suite de cet ouvrage, le droit maritime n’est pas revenu sur ce principe : la haute mer n’appartient à personne en particulier et la circulation en haute mer est libre. Entre autre conséquence, cela a permis le développement des échanges et du commerce. Ce principe a d’ailleurs été également choisi pour le droit aérien (Convention de Varsovie, 1929).

De ce point de vue, l’internet est un espace : un espace de communication et d’expression, mais surtout un espace de commerce. Et donc un espace qui doit rester libre, pour permettre le développement du commerce.

La neutralité des réseaux sera-t-elle un effet de bord de l’impérialisme américain ? Chacun à égalité de chances et Dieu pour tous (in God we trust, dit-on outre Atlantique). L’avenir le dira peut-être !

Un petit changement

Lecteurs assidus de mon blog, vous n’avez pas manqué de noter un changement d’apparence si vous lisez mes notes directement sur le site : la police utilisée par la feuille de style est maintenant « Serif », c’est à dire avec empattements.

Pourquoi ? Tout d’abord parce que je considère qu’un texte est plus lisible avec des caratères à empattements. Ensuite parce que cela vous permet de lire mon blog dans le caractère Serif de votre choix (car, bien entendu, vous n’avez pas manqué de paramétrer ça dans les préférences de votre navigateur).

Enfin (et surtout) cela me permet de lire mon blog dans la police Gentium Book basic qui est non seulement Open Source mais également très lisible. Je vous engage à l’utiliser à la place des caractères Serif habituels.

Je reparlerai de mise en forme dans une future note consacrée à la mise en pages 😉

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