François Druel, PhD

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François Druel, PhD.
Consultant, enseignant, auteur
rédacteur de ce site

 »être constant

En 1984, je suis tombé sous le charme de Smooth Operator, de la belle Sade Adu et de son groupe éponyme. J’ai aimé le single à la radio, et Diamond Life a été un des premiers CD que j’ai achetés. Le soul que proposait Sade étonnait un peu, en pleine période électronique.

Alors que ses détracteurs y voyaient avant-tout de la musique d’ascenseur, j’aimais bien cet album qui offrait un fond sonore apaisant et sans autre prétention que de détendre l’atmosphère. Cet album, et les suivants, a souvent accompagné mes trajets en auto (quand j’en avais une) et la quiétude des dimanche soirs que j’aime tant.

La musique de Sade faire remonter en moi les quelques restes des relents de la culture bourgeoise de mon éducation. Sade est une sorte de bru idéale, bien comme il faut, qui fait de la musique qui plaît sans doute à sa belle-mère !

Dans les 16 années qui ont suivi, 5 autres albums sont sortis. Sans aucune surprise, ils creusent tous le même sillon. Sade a un style, elle l’exploite avec succès… et pour ma plus grande satisfaction. Sade applique les préceptes de Sénèque. La constance est une qualité des sages. Elle a d’ailleurs fait un art de cette qualité. Tous ses albums se valent, qualité musicale rare.

Après avoir été une fille sage, Sade est maintenant (presque) une grand-mère qui sait rester suave. Son dernier album, Soldier of Love (à écouter sur l’iTunes Store) en est la preuve. Les années passent, le style reste, la voix s’arrondit à peine. Le résultat est sans surprise.

Cet album a rejoint les autres dans ma musithèque (maintenant que la musique est dématérialisée, je n’ose plus parler de discothèque ;)). On peut l’écouter sans risque, toujours avec le même plaisir… les dimanches soirs resteront beaux pour longtemps…

Réalité(s) du couple

La semaine dernière a été assez particulière pour moi. Pleine d’émotions et de sensations nouvelles. J’ai découvert beaucoup de choses en peu de temps. Bref, la semaine fut dense.

Alors que nous cherchions nos marques (et les avons trouvées assez vite), CS a eu l’excellente idée de m’inviter au théâtre. Nous sommes allés voir L’illusion conjugale une pièce d’Eric Assous qui se joue au théâtre Tristan Bernard jusqu’au 27 février.

Le thème, somme toute, est d’un classicisme absolu : le mari, la femme, l’amant. Voilà qui nourrit le genre boulevard depuis des décennies ! Ici la femme et le mari veulent savoir combien : combien de fois ils ont été réciproquement trompés par l’autre. Dure réalité des chiffres, dure réalité de la vie conjugale où s’exacerbent les différences de vues entre hommes et femmes…

Puis arrive l’amant, puis se joue le drame… l’écriture d’Eric Assous reste fine et alerte, la pièce se déroule à un rythme soutenu. On entre dans ce rythme, on chemine avec les acteurs, sans temps morts, sans perdre haleine non plus. On est dans la finesse d’observation et l’humour pince-sans-rire. Mon rire était franc mais il était aussi parfois jaune sans doute pour ceux qui ont l’habitude et la pratique de la vie de couple.

N’hésitez pas et précipitez-vous au théâtre Tristan Bernard : vous passerez une excellente soirée. Allez-y avec votre bonne amie. Vous y verrez votre couple dans un miroir pas si déformant (ou déformé) que ça.

En tout cas, je dois remercier C. d’avoir fait cet excellent choix. Décidément, cette semaine aura été dense et riche.

PS : cette note est la 100eme de ce blog. Créé en mai 2008, cela nous fait 5 notes par mois en moyenne. Espérons que je continue à tenir le rythme 😉

Ces métiers qui disparaissent

Depuis que j’habite mon quartier, il y a, pas très loin, une boulangerie. Longtemps tenue par un boulanger et son épouse, la boutique ouvrait à 06h30 et fermait à 20h00. Le dimanche, on y achetait les gâteaux après la messe… bref, c’était l’archétype du petit commerce de proximité. La baguette coûtait 3 francs et tout le monde était content.

Seulement, depuis quelques temps, le boulanger a changé…. et les bonnes habitudes avec lui ! Le premier signe avant-coureur a concerné la gamme de sandwiches : finis les jambons-beurre et les rosbif-crudités. Tout cela a été remplacé par des poulet-curry, des saumon-crudités en pain suédois et autres créations modernes. Naturellement les prix ont connu une légère augmentation.

Puis, tout est allé très vite : la boutique ferme maintenant à 19h30, le samedi après-midi et le dimanche (et zou, privé de croissants, le François), le prix de la baguette est de…1,10 EUR (non, vous ne rêvez pas : ça fait bien 7,20 FRF !) et… le boulanger roule maintenant dans un Porsche Cayenne flambant neuf.

Je veux bien que le métier de boulanger soit dur et je veux bien qu’on cherche à développer ses marges… mais là trop c’est trop : des prix pareils, c’est pousse-au-crime… j’achète maintenant mon pain au supermarché : c’est ouvert le soir et le dimanche et ça reste dans des prix acceptables.

Les boulangers peuvent toujours pleurnicher, s’ils prennent les clients pour des imbéciles, ils vont les éloigner de leurs boutiques, et pour longtemps.

Les boulangers ne disparaissent pas, ils se suicident !

Allez, ne restons pas sur une notre triste : voici un sketch de Chevallier et Laspalès.

Début prometteur

Le vieux geek célibataire que je suis n’a pas souvent l’occasion d’aller faire les soldes. Cette semaine j’ai l’occasion d’accompagner CS dans plusieurs boutiques.

Quand on a pas l’habitude, c’est étonnant, distrayant et surprenant… Au cours de nos tribulations, nous avons atterri dans la boutique Napapijri de la Madeleine. Avant la fermeture, C. a pu donner libre court à son appétit de tatonnages et d’essayages, sous le regard bienveillant d’une vendeuse aussi efficace que sympathique. Après quelques hésitations, c’est sur un pantalon que son choix s’est arrêté.

Naturellement les produits de la marque sont superbes et hors de prix… mais comme nous étions seuls dans la boutique, nous avons pu prêter attention à la musique. La boutique diffusait Conditions, le premier album du groupe The Temper Trap. Très typé rock, on retrouve dans cet album un petit côté Hot Fuss (the Killers) mais beaucoup plus doux, bien moins flamboyant.

Cet album est dans l’intimisme et la sérénité. Bref, Conditions est excellent. Nous vous le conseillons !

Faites-vous une première idée sur l’iTunes Store.

Ridicule !

Jusqu’à hier soir Nathalie Kosciusko-Morizet était une sorte de mystère : engagée à l’UMP et membre du gouvernement, elle jouissait d’une aura incroyable dans la blogosphère. Présente sur Twitter et dans toutes les sphères électroniques où il faut être, NKM était la caution geek d’un gouvernement par ailleurs descendu en flammes pour cause, notamment de loi Hadopi. Intelligente, jeune et attirante, pleine d’humour et d’humilité, cette mère de famille trentenaire arrivait à surfer sur tous les couacs du pouvoir. Belle soeur idéale à l’ump-isme mou, elle avait réussi la prouesse d’être une geek parmi les geeks. On finissait par oublier sa couleur politique pour ne retenir que sa personnalité attachante.

Et puis, hier soir, badaboum ! Pressée de prendre position sur la loi Loppsi, NKM a défendu ce projet de Loi contesté et accusé d’être liberticide. Les internautes ont été surpris, mais il ne pouvait pas en être autrement : la discipline de parti ajoutée à la solidarité gouvernementale ne laissait pas une grande liberté de choix, surtout en période de campagne pour les Régionales. Nathalie a donc avalé cette couleuvre, qui doit avoir un goût bien amer.

Déjà que la campagne de l’UMP en Ile de France ne va pas fort (Valérie Pécresse menant le combat en dépit du bon sens), avec cette bourde, le parti continue sa descente aux enfers… car, et c’est bien connu, les geeks sont sur-représentés dans la population de l’Ile de France.

Drôle d’époque quand même où on s’attache à une fonction politique comme à un poste salarié et où on est prêt à avaler des couleuvres pour ne pas perdre une bonne place. Mollesse des idées et triomphe de la bof-attitude ! Un homme (ou une femme) politique ça doit avoir des idées et les défendre ; pas s’attacher à un poste au prix d’une dégustation de soupe à la grimace (surtout que NKM est récidiviste en la matière, cf. son départ du secrétariat d’Etat à l’écologie, pour cause de Borloo-ite aigüe). Le pouvoir a beau avoir un goût incomparable, ce n’est pas une fin en soi.

Nathalie aurait du démissionner du gouvernement et se positionner contre cette nouvelle loi. Elle en serait sortie grandie.. Pauvre NKM, 140 caractères auront suffit à faire s’effondrer des mois et des mois de travail de terrain et à ramener à 0 sa crédibilité.

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