François Druel, PhD

Auteur/autrice : François Page 15 of 39

François Druel, PhD.
Consultant, enseignant, auteur
rédacteur de ce site

Faire de l’innovation !

Je suis toujours frappé d’entendre des entreprises et même des individus dire qu’ils font de l’innovation. Et ce, pour deux raisons :

D’une part l’innovation ne se décrète pas, elle se constate

C’est ce que j’appelle le paradoxe de Druel : pour innover, il faut se projeter dans l’avenir et chercher à détecter et travailler des besoins émergeants. Une fois qu’on a proposé quelque chose, c’est le marché qui sert de juge de paix. Si l’idée ou le produit ou le service nouveau est adopté alors on a innové.

Plus largement, l’innovation ne relève pas de décisions politiques ou d’un processus de sélection qui tient plus du concours de beauté ou du comice agricole qu’autre chose !

Il ne s’agit pas tant de sélectionner quelques projets sur des critères abscons que de développer un terreau favorable permettant à tout projet de se lancer.

Là est bien le soucis de la création de valeur en France : Comme nous avons la phobie de l’échec, personne ne veut se planter et un porteur de projet doit donc passer sous d’innombrables fourches caudines. Un porteur de projet va de subventions en subventions, de ronds de jambes en ronds de jambes et de lobby en lobby. C’est presque darwinien au sens propre du terme : seuls les plus forts résistent et se sont tellement épuisés dans des marathons du financement qu’ils n’ont plus d’énergie pour faire avancer leurs idées. Pour un projet qui résiste à cette lessiveuse, dix n’osent pas se lancer.

C’est bien là la différence entre la France et d’autres pays du Monde où la création d’entreprise (qui est consubstantielle de l’innovation) est un modèle en soi. On a une idée, on crée une entreprise. On a sa chance. On se plante ? Même pas mal ! On peut se relever et recommencer…

D’autre part parce qu’on ne fait pas de l’innovation

J’ai l’impression que certains font de l’innovation comme d’autres font la Grèce ou les lacs italiens : en touristes !

Ils visitent tout un tas de sujets, de produits, de services, d’idées et cherchent à remettre à plat. Evidemment, quand on prend l’innovation dans ce sens là on a jamais fini et on innove réellement jamais…. on se fait plaisir en brassant des concepts et en se gargarisant de mots.

Champions toutes catégories de ceux qui font de l’innovation, les porteurs de projets. Ces innovateurs là ne sont rien moins que des imposteurs qui vont de projet en projet, qui pensent qu’l existe des méthodes pour innover mieux ou bien.

Il y a dans l’innovation une dimension initiatique au sens propre du terme : on a une idée, on la sent au plus profond de ses tripes, on fait tout pour la faire émerger, on remue ciel et terre… pas besoin de porteur de projet ou de gestionnaire : quand on a son projet chevillé au corps on met tout en œuvre pour le faire aboutir.

A ce propos, j’aime beaucoup cette citation de Pierre-Gilles de Gennes (prix Nobel de chimie 1991) :

Le vrai point d’honneur n’est pas d’être toujours dans le vrai. Il est d’oser, de proposer des idées neuves, et ensuite de les vérifier. Il est aussi bien sûr, (…) de savoir reconnaître publiquement ses erreurs (…) L’honneur du scientifique est absolument à l’opposé de l’honneur de Don Diègue. Quand on a commis une erreur, il faut accepter de perdre la face.

Je crois que tout est là : l’innovation n’est pas une méthode ou une marotte, c’est avant-tout la volonté de faire émerger une idée, de se confronter au marché en proposant quelque chose de concret.

Pensons à Louis Renault, à Jean Mantelet, à Steve Jobs ou à qui vous voulez : ils ne cherchaient pas à faire de l’innovation mais à résoudre des problèmes avec des produits différents…

Municipales à Paris : la peste et le choléra !

En 2014, Paris aura pour la première fois de son histoire une maire. Voilà une chose certaine. Positive et sympathique.

Le seul problème c’est que des deux candidates sérieuses, aucune n’a malheureusement ni le sex appeal ni le charisme pour rendre le scrutin palpitant. Elles sont aussi falottes l’une que l’autre !

NKM a pour elle l’intelligence et la jeunesse mais elle est agressive et son programme est à pleurer.

Anne Hidalgo a pour elle la chaleur et le dynamisme mais elle ne met en avant que l’héritage de Bertrand Delanoë et n’a strictement aucun programme.

L’avantage de Paris c’est que la ville est riche et qu’elle est ainsi faite qu’un âne bâté élu maire s’en sortirait quand même.

Au premier tour, comme toujours et presque par principe, je voterai pour un petit candidat. Le dimanche midi, avant d’aller voter, je lirai les professions de foi et je ferai mon choix.

Au deuxième tour, le pauvre parisien que je suis va encore se retrouver à devoir choisir entre la peste et le choléra.

Architectures

On l’oublie souvent mais l’architecture est un art. C’est dans cette optique que travaillent les créateurs de la série Architectures.

Je trouve que le format de l’émission touche à la perfection : une durée assez courte (une vingtaine de minutes), un dépouillement absolu, un retrait total de l’équipe… cela donne à l’émission un caractère d’intemporalité qui non seulement lui permet de durer dans le temps mais également d’aborder tous les styles et toutes les époques. Véritable marque de fabrique de l’émission, la voix de François Marthouret rend le tout grandiose.

Architecture applique à l’émission de télévision un principe que j’adore et sur lequel je reviendrai : Reduce to the max qui fut, en son temps, le slogan publicitaire de la Smart.

Bref, je ne peux que vous la conseiller. On en trouve beaucoup sur YouTube. Ici l’émission consacrée à la maison de Jean Prouvé. Un de mes architectes préférés et une maison dont j’aimerais beaucoup pouvoir reprendre un jour le principe de dépouillement si j’avais une maison à construire pour moi.

Une video qui me donne la pêche

Il n’y a pas si longtemps, je suis tombé sur cette vidéo. Elle dure moins de huit minutes. Je suis frappé par la double inversion des rôles qui se joue entre Herbie Hancock et son jeune fan : dans un premier temps le musicien prend les choses de haut mais l’ado ne se démonte pas, il persiste.

Un peu excédé Herbie Hancock invite le garçon à se mettre au piano, ce qu’il fait. Et c’est là que les choses changent : Hancock, qui n’a plus rien à prouver, se prend au jeu. Il se met lui aussi au clavier. Surprise de l’assistance. Et surprise redoublée quand on s’aperçoit qu’en fait laisse le lead à son invité du jour… qui le prend !

Evidemment, le garçon est un peu dépassé par les événements. On l’aurait été pour moins que ça… et Herbie Hancock de reprendre discrètement la main. D’oublier le rôle qu’il jouait quelques minutes auparavant pour, finalement, être lui-même : un musicien passionné.

Alors bien entendu, cette petite vidéo ne va pas changer les choses, mais elle me touche et finalement elle me donne la pêche.

Bienvenue dans un monde de progrès

Après quelques temps de silence, je pense reprendre un peu la parole sur les sujets qui me touchent.

La formule reste à trouver mais je vais tenter de m’exprimer à nouveau…

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