Depuis quelques temps, cet article met en émoi la communauté universitaire. Je vous invite à en prendre connaissance.

Il y a longtemps,en 4ème, j’étais un cancre en maths (et je le suis toujours, comme vous savez). Un jour dans un devoir j’avais écrit “comme le démontre le graphique…” et dans la marge, en rouge comme il se doit, le prof avait commenté “un graphique ne démontre pas, il illustre”.

La vertu de cet article scientifique cité par Le Monde me semble finalement être la même : les statistiques ne démontrent pas, elles illustrent. Ce qui prime en sciences c’est le raisonnement. Les chiffres ne sont là que pour le confirmer.

Evidemment, comme il est toujours plus facile de se jeter sur les outils informatiques plutôt que de réfléchir et poussés par l’épidémie de “publicationnite aigüe” qui fait des ravages actuellement, un grand nombre de chercheurs ne réfléchissent plus réellement : ils se jettent sur les outils statistiques, crachent des tonnes de données en tous genres, appliquent vaguement deux ou trois lois par là dessus et roule ma poule !

C’est la fameuse méthode “bottom – up” que nous connaissons tous. Quand on manque d’idées ou de temps pour publier, on brasse des chiffres !

Tant qu’on reste dans le champ du marketing et qu’on fait des tests A-B pour valider des IHM de sites web (méthode habituelle de Google et de Facebook), ça peut aller mais évidemment, quand il s’agit de valider une molécule en biotech…

Je terminerai avec cette citation de P.G. de Gennes, qui me guide souvent :

Le vrai point d’honneur n’est pas d’être toujours dans le vrai. Il est d’oser, de proposer des idées neuves, et ensuite de les vérifier. Il est aussi bien sûr, (…) de savoir reconnaître publiquement ses erreurs (…) L’honneur du scientifique est absolument à l’opposé de l’honneur de Don Diègue. Quand on a commis une erreur, il faut accepter de perdre la face.