Il y a longtemps que j’apprécie le hip-hop et le rap, quand ils sont bons. N’en déplaise à certains bougons, la chanson française à textes n’est pas morte avec Brassens et Brel. Elle peut même être bonne, voire très bonne. Il suffit d’écouter MC Solaar pour s’en convaincre.
L’écoute de 73 touches, le premier album du groupe nantais Hocus Pocus m’avait beaucoup intéressée car les textes ont toutes les qualités de la chanson française : poétiques (Pascal) ou réflexifs (Comment on faisait avant), parfois engagés (Géométrie), ils sont servis par un hip-hop tonique. Le deuxième album, Place 54 est du même tonneau et prouve que le groupe a trouvé un premier souffle. La musique a évolué : moins électronique, plus travaillée. Elle sert de beaux textes (Mr Tout le Monde, Tournée, Connecté).
Hier soir, alors qu’on célébrait le 30eme anniversaire de la disparition de J. Brel, j’ai assisté au dernier des trois concerts d’Hocus Pocus à l’Alhambra. Huit musiciens servent des airs toniques à 20Syl, le chanteur du groupe dont le flow est d’une énergie débordante, extraordinaire et entraînante. Le résultat est impressionnant de puissance, de vérité et d’une rare qualité musicale.
Le spectacle est réglé avec minutie, les costumes, les lumières, les arrangements, tout est bon et reste d’un naturel apparent étonnant. Le groupe est conscient de son statut de star mais le succès ne lui monte pas encore trop à la tête : avant le spectacle, 20Syl est dans la salle et échange avec le public dans une décontraction de bon aloi. Des invités participent à quelques morceaux. En première partie, un groupe wallon d’expression anglaise chauffe la salle de manière sympathique.
La chanson française est bien vivante et, avec Hocus Pocus, elle est même pleine d’avenir. Bien que C n’aie pas pu m’accompagner, ce concert m’a donné une pêche d’enfer. En ces temps de crise, me voilà remonté comme une pendule. Toute cette énergie accumulée en deux heures d’un concert mémorable m’ont fait un bien fou !
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